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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Les goitres multihétéronodulaires plongeants : à propos de 100 cas marocains Volume 15, numéro 4, Octobre-Novembre-Décembre 2005

Auteurs
Service de chirurgie générale, Hôpital militaire Avicenne, Marrakech Maroc, Service d’oto-rhino-laryngologie, Hôpital militaire Avicenne, Marrakech Maroc

Objectifs : les auteurs, au travers de leur étude rétrospective de 100 cas de goitres multihétéronodulaires plongeants, procèdent à une revue de la littérature afin de comparer l’épidémiologie, la présentation clinique, les examens complémentaires nécessaires, les traitements réalisés, les complications et les séquelles de cette pathologie. Méthode : cent cas de goitres multihétéronodulaires plongeants ont été colligés au service de chirurgie générale de l’hôpital militaire Avicenne de Marrakech, au Maroc, de 1991 à 2004. La fréquence de ces goitres par rapport à l’ensemble des goitres chirurgicaux est de 6 %. Nous avons noté une nette prédominance féminine, avec une moyenne d’âge de 50 ans. La symptomatologie clinique des goitres multihétéronodulaires plongeants est surtout faite de signes compressifs, dominés par la dyspnée rencontrée dans 50 % des cas. Les signes de dysthyroïdie sont retrouvés dans 25 % des cas. Le diagnostic de goitre plongeant est soupçonné devant des signes de compression médiastinale et l’existence d’un goitre palpable retrouvé chez 100 % de nos malades. La radiographie thoracique et la scintigraphie thyroïdienne suffisent souvent à confirmer le diagnostic. La tomodensitométrie est réservée aux cas douteux et permet surtout d’apprécier les rapports du goitre avec les gros vaisseaux intrathoraciques. Le traitement de ces goitres est exclusivement chirurgical, dicté par les accidents évolutifs. La cervicotomie, pratiquée dans 97 % des cas, reste dans la majorité des cas suffisante pour extraire ces goitres même les plus volumineux et les plus plongeants dans le médiastin. Résultats : les suites opératoires immédiates sont satisfaisantes. Quant aux résultats lointains, ils sont en général simples en dehors de la paralysie récurrentielle et de l’hypoparathyroïdie rencontrées par plusieurs auteurs, respectivement 4 et 5 cas dans notre série. Conclusion : l’indication opératoire des goitres multihétéronodulaires plongeants est absolue. La cervicotomie est le plus souvent suffisante pour l’exérèse de ces goitres sans avoir recours à la sternotomie. En dehors des cancers et de rares complications, la guérison d’un patient porteur d’un goitre plongeant enlevé chirurgicalement est la règle.