John Libbey Eurotext

Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Le larbish Volume 5, numéro 6, Novembre-Décembre 1995

Auteurs
Laboratoire de parasitologie-mycologie, Consultations des maladies parasitaires et tropicales, CHU, 4, rue Larrey, 49033 Angers cedex 01, France; Service de dermatologie vénéréologie, CHU, 4, rue Larrey, 49033 Angers cedex 01, France.
  • Page(s) : 341-5
  • Année de parution : 1995

Le larbish, ou larva migrans cutanée, est occasionné par la pénétration dans la peau d’une larve de nématodes parasites d’animaux. Les espèces habituellement incriminées sont des ankylostomidés (Ancylostoma braziliense, A. caninum), parasites habituels de l’intestin des chiens et des chats et dont les œufs sont éliminés avec les fèces. Dans les sols sablonneux et ombragés, lorsque température et humidité sont élevées, les larves deviennent infectantes. La contamination se produit lors d’un contact avec un sol souillé de déjections animales. Chez l’homme, la larve ne peut poursuivre son cycle naturel et reste prisonnière du plan cutané. L’affection est présente dans les régions tropicales et subtropicales; elle est plus particulièrement répandue au niveau des zones côtières. Le diagnostic en est aisé quand le patient revient de ces régions et que l’on a la notion d’une exposition « à risque » sur les plages. La lésion cutanée caractéristique est un sillon ou un cordon érythémateux qui se déplace de quelques millimètres par jour en un trajet serpigineux. Les pieds, les mains et les fesses sont les zones les plus fréquemment touchées. La gale, le syndrome de larva currens dû à Strongyloides stercoralis, les myiases rampantes ou à tumeurs ambulatoires sont les principaux diagnostics différentiels. Le traitement médical est justifié car il raccourcit la durée d’évolution naturelle. Des études récentes montrent l’intérêt de l’ivermectine en cure unique : cette molécule pourrait devenir le traitement de choix du larbish. L’application locale d’une pommade au tiabendazole donne de bons résultats quand la lésion est isolée. La prophylaxie individuelle consiste à éviter de se déplacer pieds nus ou de s’allonger à même la plage. Toute tentative d’écarter les animaux errants sur ces plages tropicales semble bien illusoire.