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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Le diagnostic du paludisme : actualités et perspectives Volume 3, numéro 4, Juillet-Août 1993

Auteurs
Département de Parasitologie, Mycologie médicale et moléculaire (DP3M), Université Joseph-Fourier, Grenoble I. ERS 15 CNRS, 38043 Grenoble Cedex, France.
  • Page(s) : 280-4
  • Année de parution : 1993

Le diagnostic de paludisme repose encore sur l’identification microscopique de plasmodium sur des étalements de sang fixés et colorés. En pays non endémique, ce diagnostic de paludisme-infection est synonyme de celui de maladie palustre. La double difficulté est liée aux faibles parasitémies fréquemment observées, et, trop souvent, à la formation insuffisante des biologistes pour ces examens particuliers, ce qui explique les diagnostics tardifs aux conséquences gravissimes. En zones de transmission, le problème est pratiquement inverse. Les parasitémies sont très fréquentes mais seules doivent être prises en compte celles qui atteignent un seuil suffisant pour évoquer le diagnostic de paludisme-maladie. En outre, l’identification de certaines formes évolutives (gamétocytes) présente une importance épidémiologique particulière. Récemment, une méthode d’examen basée sur la séparation par centrifugation en tubes capillaires et sur la coloration par l’acridine orange a apporté de nouvelles possibilités. Cette méthode est cependant exposée à certains risques d’erreurs et elle ne permet pas l’identification précise de l’espèce plasmodiale. Elle peut être précieuse, en zone non endémique, surtout pour des biologistes non spécialisés et pour des parasitémies très faibles ou nulles (diagnostic d’exclusion). Son intérêt en zone de transmission est, en revanche, plus discutable. La sérologie, avec les techniques et les réactifs actuellement disponibles, renseigne mieux sur les antécédents palustres plus ou moins récents que sur l’existence d’un paludisme encore évolutif. Son interprétation est donc souvent difficile. L’avenir est peut-être à l’identification des Plasmodium sans reconnaissance morphologique au microscope, grâce à l’utilisation de sondes moléculaires. Rien ne permet cependant de dite quand ces méthodes seront réellement au point et pratiquement utilisables. Leur sensibilité et leur précision devraient grandement améliorer le diagnostic du paludisme-infection. Il est également vraisemblable que d’autres examens biologiques encore à l’étude permettront, en zone d’endémie, de préciser le diagnostic du paludisme-maladie.