JLE

Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

MENU

Le dépistage du VIH en prénatal : impact chez des femmes VIH à Abidjan (Côte d’Ivoire) Volume 15, numéro 2, Mai-Juin 2005

Auteurs
Institut de recherche pour le développement (IRD)-Laboratoire Population Environnement Développement (LPED), École nationale de statistique et d’économie appliquées (ENSEA), 08 BP 3, Abidjan 08 Côte d’Ivoire, Institut de recherche pour le développement (IRD)-Laboratoire Population Environnement Développement (LPED), Centre Population Développement (Ceped), Campus du Jardin Tropical de Paris, Pavillon Indochine, 45 bis av. de la Belle Gabrielle, 94736 Nogent-sur-Marne

Cette étude analyse, à partir de données quantitatives et qualitatives, le dialogue qui s’établit au sein du couple dans la gestion du risque face au VIH/sida chez des femmes séronégatives pour le VIH, dépistées lors de consultations prénatales à Abidjan, dans le cadre d’un programme de réduction de la transmission mère-enfant du VIH, le programme DITRAME PLUS. Parmi 400 femmes ayant été dépistées VIH au cours de leur grossesse, 12 mois après l’accouchement, 97 % avaient partagé le résultat du test avec leur partenaire et 94 % avaient incité leur partenaire à se faire dépister. Cependant, même si, fortes de leur statut séronégatif, les femmes n’hésitent pas à parler de ce test de dépistage avec leur conjoint, ce dialogue reste peu efficace en termes de dépistage du partenaire : seul un conjoint sur quatre s’est fait dépister, la plupart considérant que le dépistage de leur femme les renseigne sur leur propre statut sérologique. Le dépistage des femmes a permis dans certains couples de renforcer ou d’améliorer le dialogue autour des MST/sida et dans d’autres de l’amorcer ou de l’instaurer. Ce dialogue reste surtout centré sur la nécessité de protéger d’éventuels rapports extraconjugaux, pour protéger la partenaire VIH . La prévention stricto sensu de la transmission sexuelle du VIH au sein du couple, via le dépistage des deux partenaires et la protection des rapports sexuels conjugaux en attendant ce double dépistage, reste très rare. Cela nous conduit à plaider pour une meilleure prise en compte du couple dans les programmes de dépistage et de prévention du VIH.