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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Le coût financier des soins de santé : enquête auprès de femmes ayant eu un accouchement à risque Volume 7, numéro 1, Janvier-Février 1997

Auteurs
Faculté des Sciences de la santé, 01 BP 815, Ouagadougou, Burkina Faso.
  • Page(s) : 33-7
  • Année de parution : 1997

Cette étude a eu pour objectif d’analyser les coûts financiers des soins de santé des femmes en travail transférées dans les maternités de premier recours pour accouchement à risque et d’examiner la disponibilité de ces femmes et de leur accompagnateur à épargner pour faire face aux coûts croissants des soins de santé. Pendant quinze jours consécutifs, des étudiants en médecine ont interrogé toutes les femmes transférées pour accouchement à risque dans douze des dix-sept maternités de premier recours du pays. Le coût médian du transport de la femme et des soins nécessités par son état de santé s’élevait à 30 500 F CFA : le coût médian du kit opératoire était de 15 000 F CFA, celui des médicaments de 14 600 F CFA et celui du transport de la femme et des personnes l’accompagnant de 9 800 F CFA. Le coût médian des soins de santé du nouveau-né s’élevait à 2 400 F CFA. Pour 40 femmes sur 79 seulement, la somme correspondante était disponible au moment où la décision de transfert a été prise. Les femmes et les maris étaient disposés à épargner pour les soins de santé ultérieurs soit dans le cadre d’institutions communautaires existantes - comme les groupements villageois de développement ou les caisses populaires (69 hommes et femmes) -, soit à travers des tontines à créer (33 hommes et femmes), ou bien encore en plaçant leur argent dans une banque (4 hommes et femmes). Seuls 4 femmes et 6 hommes ont refusé de cotiser, arguant des expériences de mauvaise gestion des fonds collectifs dont ils avaient connaissance. La somme moyenne à épargner périodiquement était très faible et n’aurait pas permis de couvrir, dans les délais appropriés, les dépenses prévisibles du transfert et des soins de la femme. Selon les personnes interrogées, l’épargne devrait être réservée exclusivement à régler les dépenses de transport de la femme vers le centre de recours (21 femmes et 20 hommes), à payer les ordonnances (9 femmes et 5 hommes), les consultations médicales (1 femme), à régler les deux (37 femmes et 39 hommes). Les coûts des soins de santé sont élevés et le dénuement des ménages face à un problème urgent de vie ou de mort leur a fait découvrir des orientations nouvelles à donner à leurs associations communautaires existantes, tels les groupements villageois et les caisses populaires, ainsi que d’autres possibilités comme les tontines. Une politique orientée vers l’implication de ces potentialités pourrait faciliter le transfert et les soins des femmes au cours de leur grossesse.