John Libbey Eurotext

Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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La sécheresse et la baisse du paludisme dans les Niayes du Sénégal Volume 5, numéro 5, Septembre-Octobre 1995

Auteurs
Département de biologie animale, Faculté des sciences et techniques, UCAD, BP 450, Dakar, Sénégal, Service de parasitologie, Faculté de médecine et de pharmacie, UCAD, BP 450, Dakar, Sénégal, Laboratoire d’entomologie médicale, Orstom, BP 1386, Dakar, Sénégal, Département de l’épidémiologie des affections parasitaires, École nationale de médecine, Bamako, Mali, Orstom, 213, rue Lafayette, 75010 Paris, France.
  • Page(s) : 299-305
  • Année de parution : 1995

La région des Niayes au Sénégal est une série de cuvettes interdunaires de 20 km de large, en arrière du cordon littoral, entre Saint-Louis et Dakar. Depuis 1970 des périodes de sécheresse se sont succédé : la pluviométrie, voisine de 700 mm avant 1960, est tombée à moins de 500 mm pendant les 30 années suivantes, voire à 350 mm en 1991 et 260 mm en 1992. La végétation s’est appauvrie dans les cuvettes, par ailleurs mises en culture. Une étude sur le paludisme a été menée en 1991-1992 dans trois villages des Niayes et les résultats ont été comparés avec ceux recueillis avant 1970 par des protocoles très voisins. On constate : - une quasi-disparition d’Anopheles funestus qui était autrefois le principal vecteur ; - une régression d’An. gambiae au profit de l’espèce jumelle An. arabiensis, moins bon vecteur. Ce changement de la faune anophélienne se traduit par une baisse de la transmission et, donc, du niveau de l’endémie. La prévalence parasitaire chez les enfants, qui était de 40 à 80 % suivant les localités, se situe actuellement aux environs de 10%, voire moins. Enfin le taux d’incidence des manifestations cliniques, suivi à travers une cohorte de 100 enfants, a été de 4% en 1992, ce qui est très faible pour une région endémique africaine. Une surveillance étroite du paludisme s’impose pour prévenir une épidémie.