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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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La prescription de médicaments dans les centres médicaux publics de soins de santé primaires au Gabon Volume 15, numéro 4, Octobre-Novembre-Décembre 2005

Auteurs
Faculté de pharmacie, Université Laval, Unité de recherche en santé des populations, Centre hospitalier affilié universitaire de Québec, Québec Canada, Université Laval et Unité de recherche en santé des populations, Centre hospitalier affilié universitaire de Québec, Québec Canada, Unité de recherche en santé des populations, Centre hospitalier affilié universitaire de Québec, Hôpital du Saint-Sacrement, 1050, chemin Sainte-Foy, Québec, QC, Canada, G1S 4L8

Positionnement du problème : l’usage non approprié des médicaments constitue un problème majeur dans les programmes de santé des pays en développement. Cette étude avait pour objectif de décrire et d’évaluer la qualité des pratiques de prescription de médicaments dans les centres médicaux publics du Gabon. Méthodes : à l’aide de certains des indicateurs de la qualité de l’utilisation des médicaments développés conjointement par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’International Network for Rational Use of Drugs (INRUD), nous avons rétrospectivement évalué les médicaments prescrits lors de 1 200 consultations externes aléatoirement sélectionnées. Ces consultations se sont déroulées dans 20 centres médicaux publics également aléatoirement sélectionnés, durant la période comprise entre le 1 er juillet 1997 et le 30 juin 1998. Résultats : un total de 3 054 médicaments ont été prescrits au cours de ces 1 200 consultations, pour une moyenne de 2,6 (± 1,2 écart type) médicaments par consultation. De tous les médicaments prescrits, 13,5 % (intervalle de confiance à 95 % (IC 95 %) = 12,3-14,7) l’ont été sous leur Dénomination commune internationale (DCI), alors que 57,1 % (IC 95 % = 55,3-58,9) figuraient sur la liste nationale de médicaments essentiels. Quelques 64,5 % (IC 95 % = 61,8-67,2) des consultations ont abouti à la prescription d’un antibiotique, alors que 21,8 % (IC 95 % = 19,5-24,1) ont donné lieu à la prescription d’au moins une injection. En moyenne, six médicaments « clé » sur onze étaient disponibles dans les centres médicaux visités. Conclusion : les résultats de cette étude suggèrent que la prescription des médicaments est loin d’être optimale dans les centres médicaux publics au Gabon. Entre autres, la prescription de médicaments sous leur DCI y est très faible. Les résultats illustrent le besoin de développer et d’implanter des programmes visant à améliorer la qualité des prescriptions de médicaments dans ce pays.