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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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La lutte contre les maladies sexuellement transmissibles en Côte d’Ivoire : quelle sratégies face au VIH/sida ? Volume 10, numéro 4, Juillet - Août 2000

Auteurs
74, rue des Champs-du-Four, 78700 Conflans-Sainte-Honorine.
  • Page(s) : 287-92
  • Année de parution : 2000

Les maladies sexuellement transmissibles (MST) représentent dans les pays en développement, et particulièrement en Afrique, un problème de santé publique persistant, voire croissant, en raison des complications possibles, des conséquences économiques et surtout des risques de transmission du VIH. Des études épidémiologiques menées à Abidjan ont montré que plus de 10 % des femmes enceintes bien portantes présentaient une MST potentiellement grave. La prise en charge des MST a montré en Afrique de l’Est son efficacité pour réduire l’incidence de l’infection à VIH, ce qui est un argument majeur pour lutter contre les MST. En Côte d’Ivoire, à l’instar de nombreux pays africains, un programme de lutte contre les MST a été intégré au programme de lutte contre la sida depuis 1992. En six années, des progrès substantiels ont été réalisés dans plusieurs domaines essentiels, même si les difficultés n’ont pas manqué pour y parvenir. Des schémas thérapeutiques simples sur une base syndromique, donc utilisables dans le contexte des soins de santé primaires, ont été adoptés et des études cliniques ont permis d’établir l’efficacité de ces schémas. Parallèlement, des médicaments efficaces vis-à-vis des MST et bon marché, grâce aux appels d’offres internationaux, ont été introduits dans la liste des médicaments essentiels du pays. L’ensemble du personnel soignant des formations sanitaires publiques d’Abidjan a été formé à la prise en charge syndromique des MST. Cette formation se poursuit actuellement dans les autres régions du pays et inclut dorénavant le secteur privé, en particulier les infirmeries. La surveillance épidémiologique des syndromes MST, notamment des ulcérations génitales et des écoulements masculins, permet désormais au programme de connaître la situation épidémiologique en continu mais aussi de suivre les activités de prise en charge et d’adapter ainsi les commandes de médicaments aux besoins réels. Dans le proche avenir, certains aspects du programme doivent être renforcés : il s’agit notamment de la prise en charge des partenaires sexuels des patients MST et de la réduction du coût des traitements destinés à la femme enceinte.