John Libbey Eurotext

Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

MENU

Hôpital Calmette, Phnom Penh, Cambodge. Bilan de la mise en place du système d’information médicale (SIM). Analyse globale des données de 1998 Volume 9, numéro 6, Novembre-Décembre 1999

Auteurs
Médecin de santé publique, épidémiologiste, Coopération française au Cambodge, Chef du projet MST-sida et responsable du système d’information médicale de l’hôpital Calmette, Responsable du SIM à l’hopital Calmette.
  • Page(s) : 367-75
  • Année de parution : 2000

L’hôpital Calmette fait partie d’un centre hospitalo-universitaire national généraliste de 220 lits d’adultes regroupant un département porte-urgence-réanimation, un département de chirurgie, un département de médecine, un département de gynécologie et obstétrique, un service de consultations externes, un service de radiologie, un laboratoire d’analyses médicales avec une pharmacie centrale. L’hôpital bénéficie d’un statut particulier avec une autonomie de gestion et un système de recouvrement des coûts permettant aujourd’hui d’assurer 64 % des recettes de l’hôpital. Il bénéficie, depuis 1994, de l’appui de la Coopération française. « Médecins du Monde » est présent à Calmette depuis 1990 et appuie le service de médecine B qui représente le secteur « indigent » en médecine. Le but du SIM est de développer un système simple, fiable et reproductible permettant pour chaque acte effectué à l’hôpital (hospitalisation, hôpital de jour et activité de consultation externe) de répondre aux questions : quelle(s) pathologie(s) ? quel type de patient ? quel type de prise en charge ? quel(s) moyen(s) mobilisé(s) ? quel coût ? La collecte et l’analyse informatique des données sont faites sur des PC indépendants avec des programmes réalisés avec le logiciel EPI-INFO (CDC, OMS, RNSP, ENSP) en utilisant essentiellement le module EPIGLUE. En 1998, 10 814 entrées ont été enregistrées à l’hôpital Calmette, dont 7 811 (72,2 %) au niveau du service porte-urgence et 3 003 (27,3 %) directement dans les services ; 10 603 (95 %) résumés médicaux informatisés [RMI] ont été analysés. Le taux d’occupation varie de 50 % en maternité et gynécologie à près de 90 % en chirurgie et réanimation. Le sida et la tuberculose sont au premier plan dans les services de médecine malgré l’augmentation sensible d’une médecine beaucoup plus spécialisée comme la cardiologie ou la diabétologie. En chirurgie, le caractère « urgentiste » de l’hôpital est très marqué avec une orientation vers la traumatologie. Les traumatismes crâniens sont la première cause d’hospitalisation pour l’ensemble de l’hôpital. L’âge moyen des patients varie de 27 ans à la maternité à 49 ans en médecine A. La létalité par service est d’environ 5 % pour les services de médecine (essentiellement due au sida) et s’élève à près de 50 % en réanimation (accident vasculaire cérébral et traumatisme crânien). La part des patients non payants est élevée, autour de 40 % en termes de séjours et de 50 % environ du total des journées d’hospitalisation. La formation d’un responsable cambodgien du SIM est une priorité. Un SIM n’a de sens qu’à travers l’utilisation effective de sa production en termes de données traitées utilisables pour la gestion et la prise de décision. En effet, les données qu’il produit doivent servir à préciser le profil de clientèle traitée, tant du point de vue médical qu’en termes de solvabilité. Cet élément servira de fondement à la recherche des créneaux d’activité à privilégier dans le cadre d’une stratégie de développement de la structure qui évolue en milieu fortement concurrentiel. Les données du SIM sont également précieuses pour une gestion à court terme de l’établissement de par leur contribution à l’élaboration d’une comptabilité analytique performante qui permettra une meilleure connaissance des coûts et un ciblage plus précis des tarifs de prestations. Enfin, la participation du SIM à la mise en place et au fonctionnement d’un comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) en 1999-2000 n’est pas une utopie, c’est une suite logique de l’amélioration de l’ensemble de la qualité des soins amorcée en particulier avec les formations infirmières et la formation des chefs de salle, initiées par les cadres infirmières, assistantes techniques de la coopération. La définition du rôle d’un infirmier hygiéniste et l’identification de ce futur infirmier hygiéniste parmi les chefs de salle déjà formés vont dans ce sens.