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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Faisabilité de la prophylaxie du VIH par la névirapine en milieu rural au nord-est de la République démocratique du Congo Volume 17, numéro 2, Avril-Mai-Juin 2007

Auteurs
Institut supérieur des techniques médicales (ISTM), Centre médical évangélique (CME) de Nyankunde (en RDC), 104, Rue En-Bois, 4000 Liège, Belgique, CME/ISTM Nyankunde (République démocratique du Congo), PO Box 21285, Nairobi, Kenya, Université libre de Bruxelles (ULB), Faculté de médecine, Service de pédiatrie, Hôpital universitaire des enfants reine Fabiola (HUDERF), Avenue J.J. Crocq, 15, B-1020 Bruxelles, Belgique
  • Mots-clés : antirétroviraux, Congo, gynécologie-obstétrique, milieu rural, sida, thérapeutique, VIH
  • DOI : 10.1684/san.2007.0073
  • Page(s) : 97-101
  • Année de parution : 2007

Le protocole HIV NET 012, c’est-à-dire à dose unique de névirapine chez la mère pendant le travail et chez le nouveau-né, a largement été adopté par plusieurs pays en développement, y compris la République démocratique du Congo à cause du coût abordable de la névirapine et de son utilisation aisée dans le programme Prévention transmission mère-enfant (PTME). Ces protocoles de prévention ont permis de diminuer à moins de 1-2 % le risque de transmission périnatale dans les conditions optimales d’application. Bien qu’en théorie facile d’usage, l’application du protocole HIVNET 012 peut s’avérer complexe dans les milieux ruraux africains et se doit d’être évaluée. Cet article a pour objectif de présenter les défis rencontrés dans la mise en œuvre du protocole HIV NET 012 à l’Hôpital général de référence d’Oïcha au nord-est de la République démocratique du Congo. L’étude a été réalisée de décembre 2002 à décembre 2004. Pendant la période d’étude, 94 femmes ont été identifiées séropositives à la consultation prénatale de l’hôpital général de référence d’Oicha. Sur les 94 femmes séropositives, 59 femmes (62,8 %) ont reçu la prophylaxie antirétrovirale, 35 femmes (37,2 %) n’ont pas reçu la névirapine malgré leur identification à la consultation prénatale (CPN). Parmi ces 35 femmes, 26 soit 27,7 % des femmes attendues sont celles qui sont arrivées à dilatation complète et donc qui passaient directement à la table d’accouchement. Neuf (soit 9,5 %) des femmes attendues ont accouché à la maternité d’Oicha, mais chez qui les accoucheuses n’ont pas administré le produit. Après analyse de l’application de ce protocole, nous sommes arrivés aux résultats suivants : trente-trois femmes sur 59 (55,9 %) ont reçu la névirapine en début des contractions utérines, conformément aux normes recommandées, 24 femmes sur 59 (40,7 %) n’ont pas reçu la névirapine dans les délais recommandés, mais avec un retard moyen de 11,00 heures. Deux femmes sur 59, soit 3,4 % des femmes, ont bien reçu la névirapine, mais l’acte n’a pas été consigné dans le dossier. Quant à l’administration de la névirapine chez l’enfant, on peut remarquer que 48 enfants sur 101, soit 47,5 %, ont reçu leur dose de névirapine dans les délais recommandés, c’est-à-dire dans les 24 à 72 heures qui suivent la naissance ; 52 enfants sur 101, soit 51,5 %, ont reçu la névirapine en moyenne 3 heures après leur naissance. Ils représentent la proportion des enfants dont les mères se sont présentées à la maternité prêtes à accoucher. Seulement 1 enfant sur 101, soit 1 % a reçu la névirapine avec un retard de 13,9 heures par rapport à la norme.