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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Facteurs de risque de décès au cours du paludisme grave chez l’enfant au Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles de Gaulle de Ouagadougou (Burkina Faso) Volume 17, numéro 4, octobre-novembre-décembre 2007

Auteurs
Unité de formation et de recherche en sciences de la santé (UFR/SDS), Université de Ouagadougou, Service de pédiatrie médicale du CHUP-CDG, BP 1198 BP 01, Ouagadougou 01, Burkina Faso
  • Mots-clés : Burkina Faso, enfant et adolescent, facteur de risque, mortalité, paludisme
  • DOI : 10.1684/san.2007.0089
  • Page(s) : 195-9
  • Année de parution : 2008

Dans le but de déterminer les facteurs de risques de décès au cours du paludisme grave de l’enfant au Burkina Faso, une étude rétrospective cas-témoins sur une période de 24 mois allant de janvier 2004 à décembre 2005, a été menée au Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles de Gaulle de Ouagadougou. Les cas (n = 72) étaient représentés par tous les enfants hospitalisés pour paludisme grave confirmé, dont l’évolution s’est terminée par un décès. Les témoins (n = 72) appariés aux témoins avec un ratio égal à 1 sur l’âge, le sexe et la date d’hospitalisation étaient représentés par les enfants hospitalisés pour paludisme grave confirmé et ayant présenté une évolution favorable. L’exposition au risque a été mesurée pour le lieu de résidence, le niveau socio-économique, l’automédication avant l’hospitalisation, le délai de la prise en charge thérapeutique, l’état nutritionnel, la température et la parasitémie. Les cas et les témoins ont été comparés en utilisant des tests pour séries appariées. Un niveau socio-économique faible (odds ratio, OR = 5,4), le retard de la prise en charge (OR = 15,5), le mauvais état nutritionnel (OR = 7,9) et une parasitémie supérieure ou égale à 5 % (OR = 2,8) étaient associés à une augmentation significative du risque de décès. En revanche, la létalité palustre n’était liée ni au lieu de résidence (OR = 0,5), ni à la pratique d’une automédication avant l’hospitalisation (OR = 1), et non plus à une hyperthermie supérieure ou égale à 41 °C (OR = 1,1). Ces résultats montrent la nécessité d’un renforcement de l’éducation sanitaire en vue d’un recours précoce aux structures de santé en cas de fièvre, de la dynamisation des interventions à bases communautaires, du renforcement des plateaux techniques des structures sanitaires dans l’élan national de réduction de la pauvreté.