JLE

Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

MENU

Équité et exclusions des services de santé De la recherche à l’action, l’expérience d’une ONG Volume 6, numéro 6, Novembre-Décembre 1996

Auteur
Centre international de développement et de recherche, BP1, 60350 Autrêches, France.
  • Page(s) : 341-4
  • Année de parution : 1996

La question de l’indigence préoccupe les opérateurs des services de santé pratiquant le recouvrement des coûts car ils souhaitent ne pas exclure les plus pauvres. Dans cet article, sont présentées les grandes lignes et les conclusions d’un travail de recherche réalisé par le Centre international de développement et de recherche à la demande et avec l’appui de l’Unicef. Ce travail s’est inscrit dans un programme de recherche lancé par le BIMU afin d’envisager des stratégies adaptées pour favoriser l’« accès de tous aux services de santé ». Des enquêtes ont été réalisées aux Comores, en Guinée/Conakry et en Ethiopie, avec pour objectif de déterminer dans quelle mesure les communautés elles-mêmes seraient aptes à trouver des solutions pour favoriser l’accès aux soins des indigents. Les données quantifiées aussi bien que l’analyse faite par les communautés elles-mêmes convergent pour confirmer l’hypothèse de départ selon laquelle l’indigence n’est qu’une des formes possibles d’exclusion des services de santé. Il en existe une autre, plus fréquente, l’exclusion saisonnière, à laquelle se trouve confrontée la majorité de la population. Les membres des communautés sont en mesure d’identifier leurs compatriotes les plus pauvres, mais l’idée de se mobiliser pour leur venir en aide en cas de maladie n’est pas jugée acceptable. En effet, face à l’accès aux soins, eux-mêmes estiment être souvent en situation d’exclusion. Ce constat permet difficilement d’envisager un système de prise en charge pour les seuls indigents. Pour les communautés, le droit à la santé signifie trouver des solutions pour tous et pas uniquement pour les exclus permanents. Finalement, nos enquêtes ont permis de mieux mesurer la nécessité de mettre en place des systèmes de prise en charge capables de répondre aux différentes formes d’exclusion (saisonnières ou permanentes).