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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Effets gastro-intestinaux majeurs des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : étude prospective marocaine Volume 15, numéro 2, Mai-Juin 2005

Auteurs
Centre national de pharmacovigilance du Maroc, Rue Lemfedel Cherkaoui, Madinate al Irfane, BP 769, Rabat, Maroc, Service de la medecine C, Hôpital Ibn Sina, Rabat, Maroc, Service des urgences chirurgicales, Hôpital Ibn Sina, Rabat, Maroc

Au Maroc, la mise sur le marché des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) inhibiteurs sélectifs de la cyclooxygénase 2 (coxibs) a motivé la mise en place d’une étude dont l’objectif principal est d’évaluer les effets gastro-intestinaux majeurs liés à la prise des AINS, puis par la suite de comparer la tolérance digestive des AINS classiques avec celle des coxibs. Matériel et méthode : il s’agit d’une étude prospective observationnelle entre avril 2001 et mai 2002. Elle s’est déroulée auprès des gastro-entérologues du CHU, du secteur public et privé de Rabat, ainsi qu’au niveau des urgences chirurgicales du CHU de Rabat. Résultats : sur une période de 14 mois, 123 patients porteurs d’une atteinte gastro-intestinale majeure coïncidant avec la prise d’un AINS ont été colligés. Le sexe masculin est prédominant et l’âge moyen est de 49,45 ± 14,3 ans. Pour 63 % d’entre eux, il s’agissait d’ulcères compliqués d’hémorragie ou de perforation. Les ulcères gastriques ont représenté les principales lésions mises en évidence par l’exploration endoscopique (45 %). Au niveau des services d’urgences, la prévalence des hémorragies digestives hautes liées à la prise d’AINS parmi l’ensemble des hémorragies digestives hautes, toutes causes confondues, a été évaluée à 8,7 %. La prévalence des perforations d’ulcères sous AINS est de 9,3 %. L’AINS le plus incriminé a été l’aspirine, le délai d’apparition des lésions a été inférieur à 1 mois dans 56 % des cas. Conclusion : à travers notre étude, nous avons pu relever certaines particularités propres à la population étudiée telles que la prédominance masculine et la vulnérabilité du sujet jeune. Par ailleurs, nous avons retrouvé un grand nombre de facteurs de risques validés dans la littérature à savoir : les antécédents digestifs et rhumatologiques, le délai d’apparition de la symptomatologie inférieur à 1 mois, l’association des AINS à l’aspirine, le terrain diabétique et hypertendu. Cependant, aucune conclusion n’a pu être faite quant à la meilleure tolérance digestive des coxibs vu le faible nombre de patients dans notre série soumis à ce type d’AINS.