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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Connaissances et pratiques face au paludisme. Enquête médicale en pays Songhay-Zarma (Niger) Volume 5, numéro 5, Septembre-Octobre 1995

Auteurs
Ministère de la Santé Publique (Direction des études et de la programmation), Faculté des sciences de la santé (Département de santé publique), BP 12399, Niamey, Niger, Ministère de la Santé Publique, coordonnateur du Programme national de lutte contre la paludisme, BP 638, Niamey, Niger, Faculté des sciences de la santé, BP 12399, Niamey, Niger, Ministère de la Santé Publique, directeur de la promotion de la santé, BP 638, Niamey, Niger.
  • Page(s) : 307-13
  • Année de parution : 1995

Deux études randomisées ont été menées dans la vallée du fleuve Niger où la transmission du paludisme est classiquement permanente avec un renforcement en saison des pluies. 114 familles ont été interrogées sur leur représentation et leur perception du paludisme, à la fois en ville, à Niamey, et en zone rurale. L’échantillon comportait une majorité de familles monogames avec en moyenne quatre enfants vivants par chef de famille. Les unités familiales se regroupent en concessions selon l’interprétation extensive africaine. L’habitat est en général de type traditionnel en banco, comportant deux à trois pièces sombres et mal aérées ; il est un gîte de repos très adapté aux vecteurs africains du paludisme. Il n’y pas d’eau stagnante dans les cours où les animaux domestiques sont en revanche très fréquents. Le paludisme présumé est la maladie la plus fréquente et considérée comme la plus grave. L’hémar izé (enfant de la saison des récoltes) est la traduction vernaculaire en Songhay-Zarma ; la liaison avec la transmission (la récolte dure deux mois après la pluie) souligne l’importance du paludisme pour la communauté. Elle en connaît relativement bien les signes en associant au moins deux symptômes pathognomoniques. L’automédication est cependant loin d’être la règle, peut-être parce que la Nivaquine®, seul médicament connu, est souvent indisponible. Il sera nécessaire d’envisager une sensibilisation de la population à l’usage des médicaments génériques pour éviter toute méfiance car la chloroquine est inconnue. Une posologie adaptée suppose aussi la formation du personnel des dispensaires et la sensibilisation de la population. La responsabilité des moustiques est assez généralement retrouvée, même s’il y a confusion avec l’ensemble des nuisants ; ceci justifie pour la population l’utilisation de la moustiquaire qui est très répandue dans cette région de la vallée du fleuve. Cette pratique traditionnelle permet d’envisager une association effective de la communauté à la mise en œuvre d’une action de type « moustiquaire imprégnée » même si la compréhension de l’épidémiologie vectorielle du paludisme reste limitée.