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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Anémie en altitude : validité du critère de définition Volume 4, numéro 1, Janvier-Février 1994

Auteurs
Laboratorio de Investigaciones de Bioquimica, Facultad de Ciencias Médicas de Quito, Iquique y Sodiro, Casilla 3784, Quito, Equateur, Centre de recherche sur les anémies nutritionnelles, Institut scientifique et technique de l’alimentation, CNAM, 2 rue Conté, 75003 Paris, France, Centre international de l’enfance, Bois de Boulogne, 75016 Paris, France.
  • Page(s) : 9-13
  • Année de parution : 1994

L’effet d’une supplémentation par une association fer-folates sur l’état hématopoïétique et le statut en fer a été étudié chez 66 étudiants en médecine équatoriens des deux sexes de la ville de Quito (2 800 m d’altitude) et chez 40 étudiants de la ville de Guayaquil (niveau de la mer). Après un mois de supplémentation, il est observé une disparition quasi complète des stigmates biochimiques de carence en fer chez les étudiants des deux villes. L’anémie, définie par une augmentation du taux d’hémoglobine supérieure à 1g/dl après le mois de supplémentation, a été observée à Quito chez 30 % des garçons et 26 % des filles et à Guayaquil dans respectivement 31 et 29 % des cas. Dans cette étude, les seuils limites de l’hémoglobine proposés par l’OMS au niveau de la mer en prenant comme référence l’effet de la supplémentation ont une spécificité de 100 % mais une sensibilité de seulement 58 %. Pour les individus vivant en altitude, les seuils limites ajustés sur le niveau d’altitude paraissent totalement inadaptés : si leur spécificité est de 98 %, leur sensibilité est nulle. De telles études prenant mieux en compte l’ensemble des facteurs susceptibles d’influer sur le niveau d’hémoglobine devraient permettre de proposer des seuils limites de définition d’anémie en altitude mieux adaptés que ceux actuellement acceptés.