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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Améliorer l’accessibilité des médicaments essentiels génériques aux populations d’une région sanitaire du Burkina Faso Volume 15, numéro 3, Juillet-Août-Septembre 2005

Auteurs
Université Laval, Département de médecine sociale et préventive, Québec, G1K 7P4 Canada, Direction des études et de la planification, Ministère de la Santé, BP 7009, Ouagadougou Burkina Faso, Direction régionale de la santé, Ministère de la Santé, BP 7009 Ouagadougou Burkina Faso
  • Mots-clés : médicament essentiel, générique, politique de santé, accès aux soins, Burkina Faso
  • Page(s) : 175-82
  • Année de parution : 2005

Malgré la formulation de l’initiative de Bamako en 1992 au Burkina Faso, il a fallu attendre 2001 et le démarrage d’un projet d’une organisation non gouvernementale (ONG) pour que la politique soit mise réellement en œuvre sur toute l’étendue d’une des 13 régions du pays. L’un des objectifs de cette politique est d’améliorer l’accès aux services de santé en privilégiant l’utilisation des médicaments essentiels génériques. L’objectif de cet article est de présenter les résultats de l’évaluation sommative de ce projet quant à sa capacité à améliorer l’accessibilité des médicaments pour les populations. Le projet a duré 3 ans (2001-2003) et les interventions ont eu lieu dans 41 formations sanitaires de trois districts. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour améliorer l’accessibilité des médicaments, quatre facteurs essentiels sont à considérer : l’utilisation rationnelle, les prix abordables, la viabilité financière, l’efficacité de la distribution. Le nombre moyen de médicaments prescrits par ordonnance (n = 1 061) est de 2,4 ; 93 % des médicaments sont prescrits en dénomination commune internationale (DCI) ; 44 % des diarrhées infantiles sont traitées avec le sel de réhydratation orale (SRO). Les prix nationaux des médicaments sont respectés mais non les directives visant la gratuité ou la subvention pour certains sous-groupes de la population (enfants, indigents). La trésorerie moyenne des formations sanitaires, qui est de 1,2 million de francs CFA, a augmenté de 854 % par rapport au début du projet. Le recouvrement des coûts de fonctionnement est de 106 %. La disponibilité annuelle moyenne de 10 médicaments essentiels est de 89 %. Les taux de consultation ont augmenté (de 0,13 en 1999 à 0,21 en 2003) mais selon la même tendance que les autres formations sanitaires de la région non soutenues par le projet (p = 0,084). Aussi, le projet a réussi à améliorer l’accessibilité des médicaments pour l’ensemble de la population mais non pour les plus pauvres. Les médicaments sont maintenant géographiquement disponibles pour tous et financièrement accessibles à ceux qui sont en mesure de payer. La stratégie d’intervention a favorisé la pérennisation des activités du projet mais il reste encore beaucoup à faire pour que les plus pauvres aient accès aux médicaments.