John Libbey Eurotext

Psychologie & NeuroPsychiatrie du vieillissement

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Qu‘est‐ce que la démence ? Volume 1, numéro 4, Décembre 2003

Auteur
Inserm U 500, Épidémiologie des maladies chroniques et du vieillissement, Montpellier
  • Mots-clés : maladie d‘Alzheimer, diagnostic précoce, dépistage, épidémiologie, sensibilité, spécificité
  • Page(s) : 229-35
  • Année de parution : 2003

La préconisation d‘un diagnostic précoce de la maladie d‘Alzheimer (MA) est largement justifiée pour que les personnes atteintes et leur entourage puissent bénéficier d‘une prise en charge professionnelle. En revanche, le dépistage des cas n‘ayant pas entraîné des conséquences dans la vie quotidienne ne s‘impose pas compte tenu des difficultés à distinguer les formes débutantes de maladie d‘Alzheimer de la diminution de certaines performances intellectuelles observée avec l‘âge. Mais il existe, à l‘échelle de la population, un risque de glissement entre diagnostic précoce et dépistage de perturbations intellectuelles toujours plus bénignes. Ce risque est majoré par la peur des personnes « normales » qui perçoivent la MA comme « un fléau des temps modernes », la tendance à médicaliser de plus en plus largement la population et la pression de l‘industrie du médicament. Les seuils de dépistage, de diagnostic et de prise en charge thérapeutique sont au centre du débat. Le déplacement d‘un seuil vers une plus grande sensibilité, dans la perspective de n‘oublier aucun cas, est mécaniquement payé d‘une baisse de la spécificité, qui conduit à augmenter la proportion des faux positifs. Il faut donc mesurer le préjudice de qualifier abusivement des personnes normales de malades atteints de maladie d‘Alzheimer. En l‘état de la situation, il ne serait pas sage de renoncer à ce que le diagnostic soit validé par des centres de référence et laissé à la seule appréciation des praticiens des soins de première ligne.