JLE

Psychologie & NeuroPsychiatrie du vieillissement

MENU

Neuropsychologie cognitive des actions de la vie quotidienne Volume 1, numéro 1, Mars 2003

Auteur
  • Page(s) : 57
  • Année de parution : 2003

Neuropsychologie cognitive des actions de la vie quotidienne

La neuropsychologie traditionnelle se limitait à l’étude des apraxies, c’est-à-dire à la perturbation des gestes relativement simples. On oublie facilement qu’un des modèles les plus répandus en neuropsychologie cognitive, celui de Donald Norman et Tim Shallice, avait pour objectif de décrire la régulation de notre activité générale et d’expliquer les erreurs faites dans la vie courante par les sujets indemnes de toute affection cérébrale. Un numéro entier de la revue Neurocase (2002 ; 8 : no 1-2) vient d’être consacré à la neuropsychologie des actions la vie quotidienne. Richard Cooper (Londres) y présente la dernière version du modèle de Donald Norman et Tim Shallice et fournit une revue des principales théories concurrentes. Janet Riddoch, Glyn Humphreys et leur équipe (Birmingham) publient l’observation d’une patiente atteinte d’une maladie d’Alzheimer qui présentait un accès correct à la connaissance sémantique des objets pour les mots mais qui était nettement diminué pour la présentation visuelle. Néanmoins, cette patiente était capable d’utiliser correctement ces objets dans la vie quotidienne. Leur conclusion est que les actions de la vie quotidienne peuvent être exécutées correctement même en présence d’une connaissance sémantique altérée. Jennifer Rusted et Linda Sherry rapportent les résultats d’une étude longitudinale portant sur la mémoire d’une activité routinière simple (préparer le thé) chez un groupe de patients atteints de maladie d’Alzheimer. Deux études sont consacrées aux séquences d’action : l’une de l’équipe de Tim Shallice (Londres), l’autre de celle de Myrna Schwartz (Philadelphie). L’étude de Shallice porte sur des patients atteints de lésions frontales et suggère que les perturbations observées dans la réalisation des actions séquentielles ne seraient pas dues à une perturbation des représentations de ces actions mais à une difficulté à rejeter les alternatives erronées. Celle de Myrna Schwartz s’inscrit en contre de l’existence de schémas rigides d’action et pense que les erreurs faites par la population étudiée (traumatisés crâniens) dans les tâches séquentielles ne sont pas dues à une altération des schémas d’action ni à la programmation de la séquence puisqu’elles étaient principalement le fait d’omissions. 
L’ensemble de ce numéro est extrêmement riche pour tous ceux qui s’intéressent à la neuropsychologie de l’action. Il faut toutefois noter qu’il continue d’exister un fossé entre les études des activités quotidiennes en laboratoire et l’étude de ces mêmes activités dans la vie réelle. 

Pascale Piolino

Cooper R. Order and disorder in everyday action: the roles of contention scheduling and supervisory attention : 61-79

Joe WQ, Ferrraro M, Schwartz MF. Sequencing and interleaving in routine action production : 135-50.

Riddoch J, Humphreys GW, Heslop J, Castermans E. Dissociations between object knowledge and everyday action : 100-10.

Rusted J, Sheffard L. Action-based memory in Alzheimer’s disease: a longitudinal look at tea making : 111-26.

Zanini S, Rumiati RI, Shallice T. Action sequencing deficit following frontal lobe lesion : 88-99.