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Psychologie & NeuroPsychiatrie du vieillissement

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Le bâillement : naissance, vie et sénescence Volume 4, numéro 1, Mars 2006

Auteur
Médecine générale, Brou

Le bâillement est le comportement le moins étudié. Phylogénétiquement ancien, il est décrit en éthologie comme un comportement stéréotypé observé des reptiles aux poissons, des oiseaux aux mammifères. Vestige ancestral, le bâillement a survécu sans notable variation tout au long de l’évolution des vertébrés. Il naît du noyau paraventriculaire de l’hypothalamus qui projette vers l’hippocampe, le tronc cérébral et la moelle cervicale, sièges des centres moteurs exécutifs. Cette origine hypothalamique et la nature des neuromédiateurs impliqués précisent son rôle dans l’homéostasie des systèmes stimulant l’éveil, grâce au rétrocontrôle que sa puissante contraction musculaire exerce sur la formation réticulée ascendante du tronc cérébral. L’échographie en découvre la précocité ontogénétique vers 12 semaines de grossesse. Son ontogenèse accompagne l’apparition du sommeil paradoxal, première forme de sommeil. Sa fréquence quotidienne suit une évolution parallèle à la proportion du temps passé en sommeil paradoxal tout au long de la vie. Présent de la naissance à la mort, sans modification morphologique, le bâillement a une valeur sémiologique comme témoin de l’activité du cerveau « reptilien » de l’homme, notamment au cours de certaines pathologies liées à la sénescence.