John Libbey Eurotext

Psychologie & NeuroPsychiatrie du vieillissement

Alcool et vieillissement Volume 1, numéro 4, Décembre 2003

  • Auteur(s) : Amira Pierucci‐Lagha, Christian Derouesné
  • Mots-clés : démence alcoolique, démence liée à l‘intoxication alcoolique, troubles cognitifs dus à l‘alcoolisme, déficit cognitif alcoolique, diagnostic, traitement
  • Page(s) : 237-49
  • Année de parution : 2003

Résumé : La consommation d‘alcool, aiguë ou chronique, interfère avec le fonctionnement cérébral. En dehors des états confusionnels liés aux intoxications aiguës ou au sevrage, l‘intoxication éthylique chronique est responsable de nombreux syndromes neuropsychiatriques : déficits cognitifs d‘intensité variable pouvant réaliser un tableau démentiel, encéphalopathie de Wernicke, syndrome de Korsakoff, maladie de Marchiafava‐Bignami et atrophie cérébelleuse. En dépit des très nombreux travaux qui lui ont été consacrés, l‘individualisation de la DA comme entité directement liée à la neurotoxicité de l‘alcool, demeure l‘objet de débats. Cet article passe en revue les données épidémiologiques, neuropathologiques, neurochimiques et cliniques concernant l‘association d‘une démence et de déficits cognitifs à une intoxication alcoolique chronique. Diverses hypothèses ont été avancées pour élucider le lien entre alcoolisme et déficits cognitifs. Les plus importants semblent liés à l‘action de l‘alcool sur la neurotransmission et peut‐être des formes mineures d‘encéphalopathie carentielle. L‘intoxication alcoolique sévère peut générer des déficits cognitifs plus ou moins importants, réversibles ou non avec l‘abstinence, mais aussi contribuer à la détérioration cognitive en rapport avec d‘autres pathologies comme la maladie d‘Alzheimer. La clinique de la DA réalise un tableau de démence frontale ou sous‐corticale, dominé par les modifications du comportement et les déficits des fonctions exécutives, tableau qui ne correspond pas à la définition actuelle de la démence selon le DSM‐IV. Pour éviter toute confusion dans la description clinique et toute référence à un mécanisme physiopathologique précis, il semblerait, par analogie avec la proposition de substituer au terme de démence vasculaire celui de déficit cognitif vasculaire ( vascular cognitive impairment), de remplacer le terme de démence alcoolique par celui, plus large et moins ambigu, de déficit cognitif alcoolique. Il n‘existe aujourd‘hui aucun traitement dont l‘efficacité soit établie dans le traitement des déficits cognitifs liés à l‘alcoolisme. Le sevrage et les mesures psychosociales sont essentiels pour aider les patients dans la vie quotidienne.