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L'Orthodontie Française

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L’influence du syndrome d’apnées obstructives du sommeil sur la décision thérapeutique orthodontique chez l’enfant et l’adolescent. Partie 1 : Phénotypes du SAOS, temporalité des traitements et effets réciproques sur la croissance Volume 94, numéro 1, Mars 2023

Illustrations


  • Figure 1

  • Figure 2

  • Figure 3
Auteurs
1 Faculté de Médecine dentaire et des Sciences orales, Université McGill, 2001 avenue McGill College, H3A 1G1 Montréal, Québec, Canada
2 Service de Pneumologie pédiatrique, Centre de Référence des Maladies respiratoires rares RespiRare et Centre de Ressources et de Compétences pour la mucoviscidose, Sorbonne Université et APHP, Hôpital Armand-Trousseau, Paris, France
3 Centre de recherche Saint-Antoine (CRSA), 27 rue Chaligny, 75012 Paris, France
4 Centre de pneumologie de l’enfant, Ramsay Générale de Santé, 108 Avenue Victor-Hugo, Boulogne Billancourt, France
5 Faculté de Médecine dentaire, Université de Montréal, 3525 Chemin Queen Mary, Montréal, Canada
Correspondance : julia.cohen-levy@mcgill.ca

Introduction

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) pédiatrique est une pathologie complexe, comportant une pluralité de signes cliniques, compliqués par les phénomènes de croissance. Son étiologie est dominée par l’hypertrophie des organes lymphoïdes, mais l’obésité, certaines anomalies cranio-faciales ou du tonus neuromusculaire y contribuent.

Matériel et méthode

Les auteurs font la synthèse des interrelations entre endotypes, phénotypes du SAOS pédiatrique et anomalies orthodontiques. Ils résument les recommandations sur la prise en charge pluridisciplinaire du SAOS, définissant la place des traitements orthodontiques.

Résultats

Une indication de traitement du SAOS pédiatrique existe pour un indice d’apnées/hypopnées obstructives (IAHO) supérieur à 5/h, indépendamment de comorbidité, ainsi que pour les enfants symptomatiques, avec un IAHO entre 1 et 5/h. La première ligne de traitement est l’adéno-amygdalectomie, qui ne permet pas toujours de normaliser l’IAHO. Des traitements complémentaires sont souvent nécessaires : orthodontie précoce (expansion maxillaire rapide, appareils myofonctionnels), rééducation orale/hygiène nasale, ainsi que la prise en charge de l’obésité et des allergies. Une surveillance attentive sans traitement est possible pour les cas peu sévères et peu symptomatiques, car le SAOS a tendance à se résoudre naturellement avec la croissance.

Discussion

L’approche thérapeutique est stratifiée, en fonction de la sévérité du SAOS et de l’âge de l’enfant. Au niveau des répercussions orthodontiques, l’obésité est associée à une maturation plus précoce et à des différences morphologiques faciales, alors que l’hypotonie orale et l’obstruction nasale peuvent favoriser l’hyperdivergence mandibulaire et la déficience maxillaire.

Conclusion

Les orthodontistes sont dans une position privilégiée pour le dépistage, le suivi et certains traitements du SAOS.