John Libbey Eurotext

L'Orthodontie Française

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Génétique et complexe dento-facial Volume 77, numéro 1, 78e réunion scientifique de la S.F.O.D.F. – Traitements orthodontiques précoces : les résultats justifient-ils les efforts consentis ? (1re partie)

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Récemment, on a pu montrer la responsabilité de mutations simples d'un seul gène dans certaines malformations dentofaciales telles que l'oligodontie, les fentes labiales et palatines et dans quelques syndromes cranio-faciaux comme les syndromes d'Apert, de Crouzon, la dysostose cléidocrânienne... Ces découvertes peuvent amener à surestimer et à simplifier de façon excessive le rôle des gènes dans notre vie quotidienne. Le principe "un gène, une maladie" a été appliqué trop souvent, alors que la plupart des caractéristiques humaines complexes sont établies par un grand nombre de gènes, chacun menant à une prédisposition accrue pour une certaine affection. Que la pathologie soit ou non exprimée dépend de l'environnement auquel l'individu est soumis, autant que de l'intégration d'un gène particulier dans le réseau génétique. La question n'est pas de savoir si un caractère est déterminé génétiquement ou sous la dépendance de l'environnement, mais dans quelle mesure l'environnement et les gènes sont responsables et comment ils interagissent l'un avec l'autre.

Déjà en 1870, Galton, avec ses études classiques de jumeaux, a mis en place le débat nature/environnement, résultant en une grande foi en la "nature". Par la suite, influencé par la théorie de l'évolution, le "pendule" de l'environnement est reparti trop loin en sens inverse. A présent, la tyrannie de l'inné est de retour. Grâce au progrès scientifique exceptionnel de la génétique, on prévoit de nouvelles perspectives sur l'interaction mutuelle des gènes et entre les gènes et l'environnement.

Après le décodage de l'ADN, des travaux supplémentaires sont nécessaires pour expliquer son expression dans le phénotype humain, dans les domaines de la santé et de la maladie. Dès lors, la confrontation des différences phénotypiques avec des données cliniques précises, particulièrement chez les jumeaux, contribuera, autant que l'analyse de l'ADN, à élucider le fonctionnement de nos gènes. Plus que la concordance, la discordance entre jumeaux monozygotes est extrêmement instructive pour déterminer la relation génotype / phénotype ainsi que le rôle des facteurs épigénétiques.