John Libbey Eurotext

Revue de neuropsychologie

La magie computationnelle de la voie ventrale1 est-elle à l’origine de l’inversion des lettres et des chiffres chez l’enfant de cinq à six ans ? Volume 6, numéro 4, Octobre-Novembre-Décembre 2014

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
Auteurs
Université de Lorraine,
Laboratoire InterPsy,
EA 4432,
3, boulevard Albert-Ier, BP 3397, 54015 Nancy cedex, France
* Correspondance
1 Poggio et al. utilisent cette expression pour signifier que les objectifs computationnels et les propriétés détaillées des cellules de la voie ventrale suivent des propriétés de symétrie du monde visuel [1].
  • Mots-clés : en miroir, symétrie, orientation, inversion
  • DOI : 10.1684/nrp.2014.0318
  • Page(s) : 230-7
  • Année de parution : 2014

L’évolution a certainement contribué à la mise en place dans notre cerveau d’un processus de symétrisation qui permet de reconnaître un objet orienté vers la gauche (par exemple) dès lors que nous l’avons vu orienté vers la droite. Ce processus a récemment fait l’objet d’études neuropsychologiques approfondies. En réfléchissant sur son développement ontogénétique, les auteurs suggèrent que ce processus pourrait être à l’origine de la fréquente inversion gauche-droite de lettres et de chiffres par l’enfant de cinq à six ans. En effet, alors que ce processus est toujours efficace antérieurement dans sa vie, il ne l’est plus lorsqu’il s’agit d’écrire J, Z et 3 (et non pas ) par exemple. Une étude sur 189 enfants de cinq à six ans étaye l’hypothèse que les enfants dans notre culture orientent souvent les lettres majuscules et les chiffres vers la droite, le temps de mettre en place un mécanisme additionnel de mémorisation de l’orientation. En contradiction avec l’idée que l’inversion qui en résulte serait due à des facteurs individuels, les auteurs établissent que les enfants qui inversent le plus les caractères orientés vers la gauche (1, 2, 3, 7, 9, J, Z) sont plutôt ceux qui inversent le moins les autres caractères.