John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique / Pédiatrie

MENU

Physiopathologie et diagnostic bactériologique des infections materno-infantiles à Listeria monocytogenes Volume 2, numéro 1, Janvier-Février 1999

Auteur
  • Mots-clés : infections materno-infantiles, Listeria monocytogenes.
  • Page(s) : 33-9
  • Année de parution : 1999

L. monocytogenes est une bactérie à Gram positif largement répandue dans la nature où elle vit à l’état saprophytique. Ce micro-organisme est à l’origine d’infections sévères chez l’homme et chez de nombreuses espèces animales, témoignant d’un pouvoir pathogène remarquablement ubiquiste et, donc, de mécanismes moléculaires relativement universels de pathogénicité [1]. La gravité des infections est liée au pouvoir invasif de ce pathogène capable de traverser le placenta et de pénétrer le système nerveux central [2]. Une des caractéristiques remarquables de L. monocytogenes est sa capacité de survivre à l’intérieur des cellules qui constituent, lors des différentes étapes du processus infectieux, des sanctuaires où les micro-organismes sont à l’abri du système immunitaire [3]. Ce pathogène peut se multiplier dans les monocytes et les macrophages résidents des tissus, mais les polynucléaires neutrophiles sont très bactéricides pour L. monocytogenes [4]. Cette bactérie peut aussi envahir de nombreuses autres cellules de l’hôte infecté, les cellules épithéliales (entérocytes), les fibroblastes, les hépatocytes et les cellules endothéliales et s’y multiplier [5-7]. Cette multiplication intracellulaire est à l’origine de foyers granulomateux disséminés dans les tissus des hôtes infectés, constituant une véritable "miliaire" infectieuse avec accumulation de cellules inflammatoires (polynucléaires, monocytes, lymphocytes...). A partir des foyers granulomateux, L. monocytogenes peut se disséminer par voie sanguine et infecter le système nerveux central et le placenta. Près de la moitié des infections à L. monocytogenes sont observées chez la femme enceinte. On estime que ce pathogène serait responsable d’environ 1 % des méningites bactériennes et de moins de 0,15 % de la mortalité périnatale. Après Escherichia coli K1 et Streptococcus agalactiae (groupe B), L. monocytogenes reste la troisième cause de méningite néonatale. La gravité de la listériose est donc due au tropisme de la bactérie pour le placenta et le système nerveux central. Chez le grand enfant et l’adulte, l’infection du système nerveux central survient dans près de deux tiers des cas. La mortalité globale est estimée à 25 ou 30 % et les séquelles neurologiques sont très fréquentes en dépit de l’antibiothérapie [8-12].