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Médecine thérapeutique / Pédiatrie

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Infections néonatales tardives à streptocoque du groupe B : quelle contribution des infections nosocomiales ? Volume 25, numéro 1, Janvier-Février-Mars 2023

Auteurs
1 Expert agréé par la Cour de cassation ; Hôpital Universitaire Gustave Roussy, Unité de Pathologie Infectieuse, Département Interdisciplinaire d’Organisation des Parcours Patients, 114 rue Edouard Vaillant, 94805 Villejuif
2 Ancien chef de service de réanimation néonatale, CHU Robert Debré, Paris, France
* Correspondance : B. Gachot

L’infection néonatale tardive à streptocoque du groupe B (SGB), survenant entre 7 et 89 jours de vie, demeure une cause importante de sepsis et de méningite. La physiopathologie et les modes de transmission de cette infection demeurent mal élucidés. La colonisation de la muqueuse digestive du nouveau-né peut être d’origine périnatale ou post-natale, de cause maternelle ou non maternelle. Si une transmission d’origine maternelle apparait prédominante dans l’infection néonatale tardive à SGB, l’incidence de cette infection n’est pas influencée par la prophylaxie antibiotique per-partum. Parmi les causes non maternelles de transmission figure l’acquisition d’origine nosocomiale quand le nouveau-né est hospitalisé, notamment en réanimation. Cette transmission nosocomiale est probablement sous-estimée, et pourrait concerner environ 10 % des cas. Elle peut se faire à partir d’un autre nouveau-né colonisé ou infecté, à partir d’un soignant colonisé ou encore de l’environnement. Dans l’attente que le mécanisme de transmission de ces infections soit mieux connu et que des mesures préventives efficaces voient le jour, les cliniciens confrontés à un cas d’infection néonatale tardive survenant chez un enfant hospitalisé doivent systématiquement évoquer une origine nosocomiale, identifier un éventuel cluster, envoyer la souche à un laboratoire de référence et renforcer les mesures d’hygiène dans le service concerné.