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Médecine thérapeutique / Endocrinologie

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Hormones et cytokines dans l’implantation Volume 2, numéro 5, Septembre - Octobre 2000

Auteurs
INSERM Unité 344, Endocrinologie Moléculaire, Faculté de Médecine Necker, 156 rue de Vaugirard, 75730 Paris Cedex 15, France.

L’initiation de l’implantation conduisant à l’établissement d’une gestation dans un milieu hormonal favorable résulte d’une interaction étroite entre l’embryon et l’utérus. La nature de ce dialogue entre embryon et utérus demeure à ce jour une énigme. Chez les mammifères, le développement de l’embryon jusqu’au stade blastocyste et la nature de ses interactions avec l’utérus pour l’implantation varient d’une espèce à l’autre. Ce chapitre sera consacré à la description des connaissances acquises sur les processus d’implantation chez les rongeurs, en particulier le rat et la souris. Une des toutes premières étapes de différenciation cellulaire au sein des blastocytes produit à partir du trophectoderme, les cellules trophoblastiques. Ces cellules de type épithélial forment la composante embryonnaire de l’interface foeto-maternelle. Elles vont se différencier à leur tour, d’une part pour établir le contact avec la décidua maternelle lors de l’implantation, et d’autre part pour participer au développement placentaire. Les processus biologiques impliqués dépendent du type de placentation et du degré d’invasivité du trophoblaste, qui est maximal dans la placentation hémomonochoriale humaine. Cette invasion trophoblastique fait intervenir des facteurs solubles, les facteurs de croissance et les cytokines, des métalloprotéases (MMP) et leurs inhibiteurs, et une interaction spécifique avec la matrice extracellulaire via les intégrines [1]. Le placenta établit des connections fonctionnelles critiques pour la survie de l’embryon. En effet, le trophoblaste réoriente le système endocrine maternel pour créer le milieu hormonal adéquat conduisant à des modifications utérines indispensables au maintien de la gestation. Les défauts d’implantation et de développement placentaire sont cliniquement importants. Chez la femme, environ un tiers des grossesses échoue sachant que 22 % de tels avortements ont lieu avant même que la grossesse ne soit détectée cliniquement. De même, des échecs de développement pendant la période pré-implantatoire peuvent atteindre 80 % des pertes embryonnaires chez les animaux. Chez la femme, des anomalies des connections vasculaires conduisent à la prééclampsie, une affection de la grossesse qui a pour conséquence une morbidité et une mortalité significatives, tant pour la mère que pour le fœtus.