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Médecine et Santé Tropicales

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Uvulectomie traditionnelle, une pratique courante au Sud-Kivu en République démocratique du Congo Volume 28, numéro 2, Avril-Mai-Juin 2018

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Université catholique de Bukavu (UCB), avenue de la mission, Bugabo no 2, Commune de Kadutu, Bukavu, République démocratique du Congo.
2 Hôpital provincial général de référence de Bukavu (HPGRB), avenue Michombero no 2, Commune de Kadutu, Bukavu, République démocratique du Congo.
3 Hôpital général de référence Dr Rau de Ciriri, Commune de Bagira, Bukavu, République démocratique du Congo
* Correspondance

Contexte : l’uvulectomie traditionnelle chez l’enfant, pratique très courante et dangereuse, reste peu documentée en République démocratique du Congo (RDC). L’objectif de cette étude est de dresser le profil épidémioclinique de cette pratique et de déterminer le devenir des enfants au décours de cette pratique dans 2 milieux pédiatriques de la province du Sud-Kivu, RDC. Matériel et méthodes :cette étude transversale a été réalisée dans 2 services des urgences pédiatriques de la province du Sud-Kivu du 1er janvier au 31 décembre 2016 et incluant tous les enfants de 0 à 15 ans. Les statistiques usuelles (fréquence, pourcentage, moyenne, médiane) ont été utilisées. La comparaison des proportions a été faite par le test de Chi2. Le seuil de signification choisi était de 0,05. Résultats :au total, 1078 enfants ont été admis aux urgences pédiatriques pendant la période d’étude, parmi lesquels 202 cas d’uvulectomie traditionnelle, donnant une prévalence de 18,7 %. L’âge médian des enfants était de 11 (1-168) mois. Cent cinquante-trois (75,7 %) mères qui ont recouru à cette pratique avaient un faible niveau d’instruction. Les principaux motifs de recours à cette pratique étaient la fièvre (50 %), les vomissements (15,8 %) et le refus de téter (12.4 %). Le taux de mortalité post-uvulectomie était de 11,9 %. Les facteurs de risque associés à la mortalité après uvulectomie traditionnelle étaient l’infection à VIH [OR (IC à 95 %)3,16 (1,28-7,79) ; p = 0,040] et la malnutrition [OR (IC à 95 %)2,87 (1,28-6,43) ; p = 0,024]. Conclusion : La prévalence de l’uvulectomie traditionnelle et le taux de mortalité post-uvulectomie traditionnelle restent élevés. Des actions d’information, éducation et communication sur cette pratique doivent être soutenues pour réduire ce fléau.