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Médecine et Santé Tropicales

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Transfusion sanguine en République démocratique du Congo : efforts réalisés et défis à relever Volume 25, numéro 4, Octobre-Novembre-Décembre 2015

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4
  • Figure 5
  • Figure 6

Tableaux

Auteurs
1 Faculté de médecine de l’université catholique de Bukavu, République démocratique du Congo
2 Centre provincial de transfusion sanguine de Bukavu (Sud-Kivu), République démocratique du Congo
3 Centre national de transfusion sanguine de Kinshasa, République démocratique du Congo
4 École de santé publique de l’Université libre de Bruxelles, Belgique
5 Centre de recherche en biostatistiques et épidémiologie. Campus Erasme CP 598 Bruxelles, Belgique
* Correspondance
  • Mots-clés : transfusion, République démocratique du Congo, défis
  • DOI : 10.1684/mst.2015.0487
  • Page(s) : 342-9
  • Année de parution : 2015

L’histoire de la transfusion sanguine en République démocratique du Congo est l’héritage de l’organisation du système de santé colonial. La configuration actuelle du système transfusionnel commence par la rédaction de la politique nationale de la transfusion sanguine et la mise en place d’un organe technique national du ministère de la Santé pour la coordination des activités transfusionnelles, ainsi que ses prolongements dans chaque province. Malgré d’innombrables difficultés, quelques points positifs ont été observés. Il s’agit essentiellement de la rédaction de tous les référentiels nécessaires et de l’intégration du système de sécurité transfusionnelle dans le système sanitaire du pays. En effet, le système de transfusion sanguine avait à l’origine une approche verticale ; avec la réforme du système de santé du pays, les activités de la sécurité transfusionnelle sont devenues transversales. En douze ans, de 2001 à 2012, il a été mobilisé 112 882 donneurs bénévoles de sang ; plus de 80 % de produits sanguins ont été sécurisés tout en couvrant les besoins, et 89 688 infections par le VIH ont pu être évitées par la qualification biologique systématique des produits sanguins. Pendant la même période, 8 461 personnes ont pu être formées sur la transfusion sanguine. Il y a eu surtout une diminution de la prévalence des marqueurs viraux chez les donneurs. C’est ainsi que, pour le VIH, la prévalence est passée de 4,7 % à 2,1 % entre 2001 et 2012, tandis que l’hépatite B a connu une régression de 7,1 % à 3,5 % pendant la même période. En revanche, pour l’hépatite C ce taux est passé de 11,8 % à 2,3 % entre 2004 et 2012. Malgré ces performances, des efforts énormes restent encore à fournir surtout en ce qui concerne l’organisation de l’hémovigilance, la mise en place d’un système efficace d’approvisionnement en réactifs et consommables, la pérennisation de la dynamique des associations de donneurs bénévoles de sang et enfin l’octroi d’un financement stable pour les activités de la sécurité transfusionnelle.