John Libbey Eurotext

Médecine et Santé Tropicales

Prise en charge socioculturelle et médicale de l’hypertension artérielle en Afrique subsaharienne Volume 24, numéro 3, Juillet-Août-Septembre 2014

Auteurs
1 Centre cardio-vasculaire Saint-Antoine, hôpital Saint-Joseph, Marseille, France
2 Cardiologie, hôpital d’instruction des armées Laveran, Marseille, France
3 Faculté de médecine, Abidjan, Côte d’Ivoire
* Correspondance
  • Mots-clés : hypertension artérielle, Afrique subsaharienne, socioculturel, sel
  • DOI : 10.1684/mst.2014.0358
  • Page(s) : 283-8
  • Année de parution : 2014

L’hypertension artérielle (HTA) est maintenant fréquente en Afrique subsaharienne. Son évolution longtemps asymptomatique explique sa découverte tardive et ses complications importantes. Les conditions socioculturelles de ces régions ont une grande importance dans la genèse de cette maladie ; elles expliquent aussi les difficultés rencontrées dans sa prise en charge. Elles concernent la déstructuration du mode de vie traditionnel, une urbanisation croissante et l’adoption d’un mode de vie et d’alimentation « occidentaux », dont on connaît les effets cardio-vasculaires délétères. La consommation de sel, la sédentarisation, le surpoids et la consommation d’alcool favorisent cette évolution. La sous-médicalisation, l’aspect chronique de la maladie et la pauvreté compliquent la prise en charge médicale. Dans ces régions, l’HTA est devenue un défi de santé publique passant par la formation des personnels soignants, mais aussi l’implication active de toute la société, depuis la décision politique, jusqu’aux enfants, par l’intermédiaire de l’école, des associations et des responsables et dignitaires locaux. Cette communication doit respecter les usages traditionnels. Les actions curatives, mais aussi préventives, sont en priorité la lutte contre la consommation de sel, dont les résultats sont connus et rapides. La lutte contre le surpoids, la sédentarité et la consommation alcolotabagique sont efficaces vis-à-vis de l’HTA, mais aussi des autres maladies athéromateuses et du diabète. Si un traitement médicamenteux est nécessaire, il doit respecter le triptyque : efficacité, disponibilité et faible coût. L’HTA n’est pas une fatalité, elle témoigne d’une évolution des sociétés. Il s’agit d’une maladie en partie transmise par nos modes de vie, sur lesquels on peut influer.