John Libbey Eurotext

Médecine et Santé Tropicales

Passer de la prévention de la transmission mère-enfant du VIH à son élimination avant 2015 : un objectif irréaliste ? Enjeux sociaux au Sénégal Volume 22, numéro 3, Juillet-Août-Septembre 2012

Auteurs
Institut de recherche pour le développement, unité TransVIHMI, BP 1386, Dakar, Sénégal, Institut de recherche pour le développement, unité TransVIHMI, université Aix-Marseille, France, Association Synergie pour l’enfance, Pikine, Sénégal, Centre hospitalier pour enfants Albert-Royer, université Cheikh-Anta-Diop, Dakar, Sénégal
  • Mots-clés : VIH, Afrique de l’Ouest, Sénégal, PTME, ETME, aspects sociaux, santé publique, anthropologie, pédiatrie
  • DOI : 10.1684/mst.2012.0076
  • Page(s) : 238-45
  • Année de parution : 2012

Début 2010, les organismes internationaux ont promu l’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (ETME) d’ici 2015, en proposant une nouvelle stratégie préventive basée sur l’utilisation extensive des antirétroviraux. Pour un pays d’épidémie concentrée comme le Sénégal, où seulement 7 à 15 % des enfants exposés au VIH ont bénéficié de l’ensemble des mesures du programme de prévention de la transmission mère-enfant (PTME), l’objectif paraît ambitieux. L’efficacité pharmacologique des antirétroviraux ne sera pas suffisante si l’expérience des acteurs de terrain concernant les aspects sociaux et l’acceptabilité du programme pour les femmes ne sont pas considérées. Cet article a pour objectif de préciser ces enjeux sociaux sur la base de deux études réalisées dans la région de Dakar (une étude exploratoire sur les effets des nouvelles stratégies de PTME et une étude sur l’expérience des patients sous traitement antirétroviral depuis dix ans). Les résultats mettent en évidence les principaux enjeux : (1) au stade de l’accès au programme et au test, la PTME communautaire a montré ses limites ; cela montre l’importance des stratégies de sensibilisation et de prévention chez les femmes ; (2) concernant la rétention, l’attitude des soignants est au premier plan, ainsi que le rôle des médiatrices, alors que l’intégration du VIH dans les services de santé de la reproduction n’est pas acquise ; (3) concernant l’adhésion, les antirétroviraux font l’objet de perceptions ambivalentes ; (4) concernant la dimension familiale de la prévention, les acquis sont limités par l’organisation des services. Ces résultats sont innovants, car l’essentiel des publications sur le sujet portent sur l’Afrique australe et de l’Est.