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Médecine et Santé Tropicales

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La santé numérique et le nécessaire développement des centres de compétences en Afrique subsaharienne : deux exemples au Mali et au Cameroun Volume 27, numéro 4, Octobre-Novembre-Décembre 2017

Tableaux

Auteurs
1 Département d’étude et de recherche en santé publique et spécialités, Faculté de médecine de Bamako, Mali
2 Centre d’expertise et de recherche en télémédecine et e-santé (CERTES), Mali
3 Réseau en Afrique francophone pour la télémédecine (RAFT)
4 Faculté de médecine, Université de Yaoundé I, Cameroun
5 Association Medical Informatics and Global Health Institute (MIGH), Cameroun
6 Département de radiologie et d’informatique médicale, Université de Genève, Suisse
* Correspondance
  • Mots-clés : santé numérique, centres de compétences, e-santé, Mali, Cameroun
  • DOI : 10.1684/mst.2017.0726
  • Page(s) : 348-53
  • Année de parution : 2017

Il est globalement admis aujourd’hui que le numérique constitue un levier pour améliorer l’accès à la santé, les processus de soins, la planification et les actions de santé publique comme l’éducation et la prévention, etc. Son usage dans les pays qui ont atteint une certaine maturité a été fait généralement de façon fragmentée posant des problèmes d’interopérabilité conséquents et rendant parfois impossible le développement cohérent des projets de santé numérique. Ce fait peut être lié à plusieurs facteurs dont principalement le manque d’une vision globale de la santé numérique, les faibles connaissances méthodologiques pour élaborer et mettre en œuvre cette vison, etc. Les pays africains devraient tirer profit de ces erreurs du début de la santé numérique en allant vers les approches systémiques, les standards connus et les outils répondant aux réalités du terrain.

Le but de ce travail est de présenter les approches méthodologiques ainsi que les principaux résultats de deux centres de compétences en développement au Mali et au Cameroun pour cultiver cette vision de gouvernance du numérique dans le domaine de la santé et former les professionnels pour mieux piloter les projets.

Sur le plan méthodologie les deux centres ont vu le jour grâce à des initiatives associatives de la société civile. Pour le Mali, le centre a évolué vers un groupement d’intérêt économique puis des collaborations au niveau des structures de santé et universitaires. La même démarche est en cours au niveau du centre au Cameroun.

Les principaux résultats obtenus dans ces centres peuvent se décliner sous différents aspects liés à la recherche, au développement, à la formation et à l’implémentation des outils dans le domaine de la santé numérique. Ils sont matérialisés par des dizaines de publications scientifiques, des travaux de thèses, de mémoires avec un accent particulier sur les sujets comme l’évaluation médico-économique des outils de la E-santé et les systèmes d’information de santé.

À la lumière de ces résultats, nous pouvons conclure que la mise en place de ces deux centres de compétences est amorcée. Leur rôle pourrait être déterminant dans la formation locale des acteurs, la culture d’une bonne gouvernance des projets de santé numérique, l’élaboration des stratégies opérationnelles, l’implémentation des projets, etc.