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Médecine et Santé Tropicales

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Intoxication collective par consommation de tortue de mer survenue à Mahajanga, Madagascar, en mai 2014 Volume 27, numéro 1, Janvier-Février-Mars 2017

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2

Tableaux

Auteurs
1 Service des urgences et de soins intensifs, CHU Pzaga Mahajanga, Faculté de Médecine, Université de Mahajanga, Madagascar
2 Service de Pédiatrie et Direction, CHU Pzaga, Mahajanga, Madagascar
3 ATU CHU JRB Befelatanana, Antananarivo, Madagascar
* Correspondance
  • Mots-clés : chélonitoxisme, Eretmochelys imbricata, Madagascar
  • DOI : 10.1684/mst.2017.0664
  • Page(s) : 56-61
  • Année de parution : 2017

Le chélonitoxisme est une intoxication par ingestion de tortue marine qui se voit surtout dans les régions littorales. Il constitue encore un problème de santé publique à Madagascar malgré l’interdiction de la chasse aux tortues marines. L’objectif de cette étude est de décrire l’aspect épidémio-clinique et évolutif afin de mieux connaître et prévenir ce type d’intoxication. Une intoxication collective par consommation de tortue Eretmochelys imbricata était survenue en mai 2014 et touchait la population d’un village de pêcheur situé au nord-ouest de Mahajanga, Madagascar. Tous ceux qui ont consommé venaient consulter au centre de santé de base CSB I d’Antsanitia. Ils ont ensuite été adressés au CHU Pzaga Mahajanga dans le service des urgences adultes et en pédiatrie. Soixante-seize personnes ont été intoxiquées, 51 adultes et 25 enfants. Les patients étaient âgés de 3 mois à 79 ans. Les signes cliniques prédominants étaient digestifs et neurologiques. Les signes ORL-buccaux caractérisaient l’intoxication. L’ingestion de la graisse de l’animal était à l’origine de la forme intermédiaire et la forme grave de l’adulte. L’allaitement maternel constitue un facteur pronostique chez l’enfant. Les signes de gravité apparaissent dans les 72 heures chez l’adulte. Après une réanimation intensive, les signes d’intoxication disparaissent en 12 jours. La forme grave prédominait chez l’enfant, le décès est précoce ou tardif entre le deuxième et le sixième jour de la consommation. Une sensibilisation de toute la population des zones côtières de Madagascar s’avère fondamentale pour prévenir ce type d’intoxication.