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Médecine thérapeutique

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Une nouvelle génération d’anti-inflammatoires non stéroïdiens Volume 6, numéro 8, Octobre 2000

Auteurs
Laboratoire de pharmacologie et UMR CNRS-UHP 7561, Faculté de médecine de Nancy, avenue de la Forêt-de-Haye, BP 184, 54505 Vandœuvre, France.
  • Mots-clés : cyclo-oxygénases, anti-inflammatoires non stéroïdiens, Rofécoxib, Célécoxib.
  • Page(s) : 669-74
  • Année de parution : 2000

L es anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) constituent l’une des classes thérapeutiques les plus utilisées dans le monde. Ils sont connus pour leurs propriétés anti-inflammatoires, antipyrétiques et antalgiques. Certains d’entre eux comme l’aspirine sont, de plus, utilisés pour leurs propriétés anti-agrégantes plaquettaires. Les AINS sont malheureusement une des classes pharmacologiques les plus fréquemment citées pour leurs effets indésirables, notamment chez les patients devant en absorber régulièrement (rhumatismes inflammatoires chroniques par exemple). S’il existe des facteurs de risque bien identifiés pour leurs effets digestifs et rénaux (âge avancé, posologie élevée, hypoperfusion rénale, etc.), bien d’autres effets indésirables (cutanés, hépatiques par exemple) semblent surtout relever de mécanismes immuno-allergiques. Cependant, la principale limite à l’utilisation prolongée des AINS classiques demeure la survenue de troubles digestifs graves (ulcères gastroduodénaux, complications hémorragiques). Cette quasi-impossibilité à dissocier les effets thérapeutiques des AINS de certains de leurs effets indésirables s’explique par leur mécanisme d’action. En effet, suite aux travaux de Vane [1], on sait que les AINS diminuent la biosynthèse des prostaglandines en inhibant une enzyme, la cyclo-oxygénase (COX), capable de biotransformer un acide gras issu des membranes cellulaires, l’acide arachidonique. Même si d’autres mécanismes d’action ont été proposés pour les AINS [2], on sait que la production exagérée de prostaglandines en situation pathologique participe à l’inflammation (vasodilatation, augmentation de la perméabilité capillaire, etc.), à la douleur (sensibilisation des nocicepteurs) et à la fièvre, alors que leur production basale permet, par exemple, de protéger la muqueuse digestive contre l’acidité gastrique et les enzymes protéolytiques (secrétion de mucus et de bicarbonates, maintien du flux sanguin sous-muqueux, etc.). L’inhibition de leur synthèse semblait donc, jusqu’à la découverte de deux isoenzymes de la cyclo-oxygénase, devoir obligatoirement s’accompagner d’effets favorables (thérapeutiques) et délétères (indésirables).