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Médecine thérapeutique

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Les rapamycines, nouveaux immunosuppresseurs : des mécanismes d'action aux applications cliniques Volume 7, numéro 2, Février 2001

Auteur
Service de transplantation, Hôpital Necker, 149, rue de Sèvres, 75015 Paris, France.
  • Mots-clés : rapamycine, immunosuppression, transplantation
  • Page(s) : 152-6
  • Année de parution : 2001

La découverte et la mise sur le marché de nouveaux immunosuppresseurs sont des événements importants et peu fréquents dans le domaine de la transplantation et du traitement des maladies auto-immunes. Pendant environ trente ans, les traitements immunosuppresseurs au long cours en transplantation d'organe ont été limités par l'existence de seulement trois drogues, la ciclosporine, l'azathioprine et les corticoïdes. Depuis 10 ans, l'apparition de nouveaux médicaments comme le tacrolimus et le mycophénolate mofétil a apporté une alternative aux thérapeutiques préexistantes. Le dernier produit disponible en transplantation est la rapamycine (sirolimus). Ce nouvel immunosuppresseur est actuellement en phase de développement en Europe, et a déjà obtenu sa licence d'utilisation aux États-Unis. Initialement décrit en 1975 comme un antibiotique de la famille des macrolides aux propriétés antifongiques [1], ses propriétés immunosuppressives ont été mises en évidence deux ans plus tard sur un modèle expérimental de maladie auto-immune chez l'animal [2]. Mais ce n'est qu'après la comparaison de sa structure avec celle du tacrolimus, qui montrait une forte analogie entre ces deux agents, que l'intérêt des médecins et des chercheurs s'est porté sur la rapamycine comme immunosuppresseur. Les études in vitro et expérimentales ont dans un premier temps confirmé son effet immunosuppresseur et précisé ses mécanismes d'action. Avec les résultats des premières études de phase II et III chez l'homme, il est temps de faire le point sur les propriétés et la place de ce nouvel immunosuppresseur. La rapamycine se distingue des autres immunosuppresseurs par son mode d'action original et son profil de tolérance, notamment par son absence de néphrotoxicité. Deux drogues ont été développées simultanément, la rapamycine (sirolimus) et un de ses dérivés, l'hydroxy-éthyl rapamycine (SDZ-RAD). La différence entre les deux drogues étant principalement d'ordre pharmacologique, nous présenterons ici les données obtenues avec la rapamycine, qui sont les plus complètes et les plus nombreuses.