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Médecine thérapeutique

Induire ou rétablir une tolérance immunitaire ? Perspectives thérapeutiques en immunopathologie Volume 5, numéro 2, Février 1999

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  • Auteur(s) : Christian Boitard, Jean-Pierre Revillard
  • Mots-clés : auto-immunité, allergie, greffe d’organes, antigènes, immunothérapie, tolérance immunitaire.
  • Page(s) : 115-22
  • Année de parution : 1999

La possibilité d’induire ou de rétablir un état de tolérance immunitaire est un objectif thérapeutique majeur aussi bien dans les maladies auto-immunes que dans les greffes d’organes et l’allergie. Le traitement des maladies auto-immunes, qui traduisent la rupture de la tolérance physiologique vis-à-vis d’antigènes du soi, demeure fondé sur l’utilisation d’immunosuppresseurs et d’anti-inflammatoires dont l’absence de sélectivité d’action sur les lymphocytes pathogènes explique les limites et, souvent, les effets secondaires. L’induction de rémissions prolongées par un traitement transitoire ayant l’action immunosuppressive la plus restreinte possible est ici l’objectif thérapeutique recherché. L’identification des auto-antigènes cibles des réactions auto-immunes est importante dans la mise en place de traitements "spécifiques", aujourd’hui encore expérimentaux. Il apparaît de plus en plus illusoire d’imaginer qu’une même stratégie permette d’induire ou de rétablir une tolérance dans les allogreffes d’organes, les maladies auto-immunes ou allergiques. Mais une convergence existe entre ces diverses situations. Les stratégies qui se dessinent sont multiples, visent différentes étapes de la réponse immunitaire, des structures membranaires de ces cellules, les médiateurs solubles qu’elles produisent ou leurs récepteurs. Certaines de ces stratégies pourront être utilisées de façon synergique, par exemple la délétion ou la neutralisation de clones T pathogènes par administration de l’antigène associé à des antimétabolites, des anticorps (anti-CD25) cytotoxiques ou des molécules inductrices d’anergie par blocage de signaux de coactivation (CTLA4-Ig, anti-CD40L). D’autres associations sont probablement illogiques, celles en particulier mettant en jeu des mécanismes de délétion dans l’induction d’une tolérance à des produits s’opposant à la délétion (inhibiteurs de calcineurine).