John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique

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Dysfonctions cognitives postopératoires Volume 5, numéro 4, Avril 1999

Auteur
  • Mots-clés : anesthésie, chirurgie, dysfonctions cognitives postopératoires.
  • Page(s) : 263-7
  • Année de parution : 1999

Après une intervention chirurgicale, un certain nombre de patients se plaignent d’une altération des fonctions supérieures se manifestant par une sensation de fatigue persistante, une difficulté accrue pour se concentrer, des troubles de la mémoire, voire même par une altération a minima des facultés d’élocution [1, 2]. Ces troubles sont souvent décrits à distance de l’acte opératoire [3] et même, parfois, « dépistés » lors d’une consultation d’anesthésie pour une nouvelle intervention chirurgicale devant la crainte du patient ou de son entourage proche d’être « perturbé » comme la fois précédente ou, pire encore, de perdre un peu plus la mémoire. La récupération de l’ensemble des fonctions cognitives après une anesthésie, comme la mémoire, l’attention, le raisonnement, la compréhension du langage et la planification de tâches complexes, serait le témoin d’un réveil cognitif qui s’effectuerait progressivement à l’insu de tous, contrairement au réveil post-anesthésique avec la récupération des grandes fonctions vitales, comme la respiration, la circulation et la coordination sensitivo-motrice, qui impose le passage obligatoire et détermine la durée de séjour dans la salle de surveillance postinterventionnelle, cette phase étant en revanche parfaitement individualisable par le médecin. Les sujets âgés sont particulièrement exposés aux dysfonctions cognitives postopératoires [1-4]. De plus, malgré l’amélioration des techniques d’anesthésie (médicaments plus maniables et aux effets plus prévisibles qu’avant, surveillance péri-opératoire accrue) et une meilleure sécurité péri-opératoire, l’incidence des dysfonctions cognitives postopératoires semble inchangée [4]. Par ailleurs, le nombre des anesthésies en France s’est singulièrement élevé, passant de 3,6 millions d’actes par an en 1980 à près de 8 millions en 1996, et celui des anesthésies réalisées chez des patients âgés de plus de 60 ans a augmenté de 196 %, soit 33 % (2,6 millions) des actes effectués par an [5]. La conjonction de ces deux phénomènes ne peut qu’accentuer l’importance des dysfonctions cognitives postopératoires et attirer l’attention de la communauté médicale sur ce phénomène.