ARTICLE
Auteur(s) : Loïc Garçon1, Jean Delaunay2
1Laboratoire d'hématologie, Hôpital Saint-Antoine,
Paris
2Inserm U779, Faculté de Médecine Paris-Sud,
Université Paris-Sud, Le Kremlin-Bicêtre
La première description d'une anémie dysérythropoïétique
congénitale (CDA) remonte à 1951 [1] aux États-Unis, dans une
famille d'origine non précisée. La maladie fut dénommée «
familial erythroid multinuclearity ». La description suivante
revient à Bergström et Jacobson en 1962 [2], au sein
d'une famille nombreuse suédoise. L'affection fut appelée «
hereditary benign erythroreticulosis ». De façon assez
ironique, ces deux rapports se sont avérés être des CDA III, de
très loin la plus rare des trois principales CDA.
C'est à Wendt and Heimpel [3] et Heimpel and Wendt [4] que nous
devons la première description documentée, et le nom même d'anémie
dysérythropoïétique congénitale (« Kongenitale dyserythropoietische
Anämie »). Ces auteurs individualisèrent, simultanément, la
CDA I et la CDA II, les deux CDA les plus fréquentes. Ce sont
elles que nous auront principalement en vue.
Une CDA se caractérise par une érythropoïèse inefficace, du fait
d'un blocage de la différenciation au stade des érythroblastes
tardifs, et par une hyperplasie érythroïde prononcée en amont.
Les autres lignées sanguines ne sont pas touchées, en dehors
de cas particuliers. Les frottis sanguins mettent en évidence
diverses anomalies de la morphologie érythrocytaire, indiquant que
ceux des globules rouges, qui ont néanmoins réussi leur mise en
circulation, portent des anomalies les rendant plus fragiles.
Il s'ensuit une hémolyse prématurée. Les CDA, anémies
d'origine centrale, sont donc en règle assortie d'une composante
hémolytique. Sauf exception, elles sont marquées par une tendance
prononcée à la surcharge martiale, même en l'absence de
transfusions. Enfin, il existe des signes spécifiques de certaines
CDA, pouvant affecter d'autres types cellulaires, non pertinents au
sang.
Si le diagnostic des CDA repose d'abord sur les anomalies
morphologiques, il s'appuie également sur des stigmates
immunologiques et biochimiques. Naturellement, le diagnostic de
certitude repose sur l'analyse du génome. A ce jour, un gène a
été mis en évidence dans la CDA I et un gène dans la CDA II.
La connaissance des gènes amène à une refonte au moins
partielle de la classification initiale. Le diagnostic
différentiel avec les dysérythropoïèses acquises ne se pose guère
en pratique, vu l'âge de révélation beaucoup plus tardif de ces
dernières. Les lecteurs sont invités à se reporter à plusieurs
revues ou chapitre de livres récents [5-7].
L'anémie dysérythropoïétique congénitale, type I
Mode de transmission et incidence
La CDA I est transmise selon le mode récessif autosomique.
Des mutations de novo, théoriquement possibles, n'ont pas été
rapportées. Dans une étude paneuropéenne récente [8], 124 cas
individuels (appartenant à 119 familles) ont été recensés.
Ces données correspondent certainement à une sous-estimation,
eu égard aux différences de sensibilisation au diagnostic des
cliniciens selon les pays, ainsi qu'aux outils diagnostiques dont
ils disposent. L'origine des patients déborde les frontières de
l'Union Européenne, puisque des patients originaires de la
Polynésie française [9], de Chine [10], ainsi que d'autres régions
du monde, ont été diagnostiqués au sein de l'Union. (Dans notre
expérience, jusqu'au 1er juillet 2009, nous avons
recruté 25 patients [17 familles] en 29 ans). Comme la
plupart des maladies rares, on s'attend à rencontrer la CDA I dans
tous les groupes ethniques. Elle ne semble pas cependant avoir
encore été décrite chez les Noirs Africains. Il existe un
isolat dans les populations bédouines du Neguev [11]. Autrement, la
consanguinité n'est pas la règle. Les mutations récurrentes
(cf. plus loin) peuvent se rencontrer à l'état homozygote, sans que
cela implique un lien de parenté, mais plutôt la présence d'un «
hot spot » pour les mutations.
Étude clinique et biologique
Forme de gravité moyenne
Nous prendrons comme type de description la forme de gravité
moyenne, éventualité la plus fréquente. En règle, l'âge de
découverte se situe dans la première décennie. A noter
qu'aujourd'hui, l'intervalle entre la découverte de l'anémie (et,
le cas échéant, de dysmorphologies [cf. plus loin]) et le
diagnostic de CDA I proprement dit, se resserre. L'anémie est
modérée et associée à un ictère intermittent. Une splénomégalie,
voire une hépatomégalie, sont présentes, sinon au début, du moins
plus tard dans la vie. Il existe une macrocytose
très discrète. Les frottis sanguins montrent une
aniso-poïkilocytose prononcée (figure 1) :
elliptocytes avec de nombreux dacryocytes. La bilirubinémie
est augmentée, l'haptoglobinémie diminuée. Peu à peu, la
ferritinémie s'élèvera en l'absence de traitement ferrochélateur.
Les anomalies morphologiques des érythrocytes sont associées à
une légère réduction de 4.1R (protéine 4.1), qui est une protéine
du squelette membranaire [12, 13]. Dans certains cas ayant fait
l'objet d'investigations spécifiques, un déséquilibre de la
synthèse des chaînes de la globine, mimant une β-thalassémie, et
allant de pair avec une augmentation de l'hémoglobine
A2, a également été rapporté [12]. Il s'agit dans
tous les cas d'altérations secondaires s'inscrivant, selon des
mécanismes inconnus, dans le sillage du processus
dysérythropoïétique.
L'analyse des frottis médullaire demeure l'examen-clé (figure 1).
La microscopie optique montre une hyperplasie érythroïde.
L'élément le plus caractéristique est la présence de ponts
interchromatiniens entre deux érythroblastes (à ne pas confondre
avec des ponts simplement intercellulaires, sans signification), le
plus souvent à un stade tardif de leur différenciation.
Les ponts seront courts, si on les saisit avant la division
cellulaire, et longs et graciles si les cellules filles se sont
déjà éloignées l'une de l'autre. Ce sont néanmoins des figures
rares, qu'il faut rechercher avec patience. En microscopie
électronique (figure 1),
l'hétérochromatine présente un aspect spongieux (« Swiss cheese »)
et l'enveloppe nucléaire des invaginations qui permettent au
cytoplasme et à certaines de ses organelles de pénétrer à
l'intérieur du noyau.
L'évolution est favorable pour autant que le traitement soit
approprié. La surcharge martiale est le principal élément
péjoratif du pronostic. Des complications peuvent survenir.
Une hypertension artérielle pulmonaire a été décrite chez le
nouveau-né [14]. Des stries angioïdes de la rétine ont été
rapportées [15, 16].
Anomalies associées
Trois frères, appartenant à une famille du Sud-Ouest de la France,
ont été décrits, qui présentaient, outre une CDA I, une surdité et
une tératoasthénospermie. Nous verrons également plus loin les
bases moléculaires de cette association, qui ne reflétait que
partiellement un syndrome de gènes contigus [17].
Forme de gravité prononcée
Les formes de gravité prononcée rendent compte de 10 % des cas de
CDA I environ. L'anémie y est marquée, rendant les transfusions
indispensables, avec risque d'aggravation de la surcharge martiale.
Certains cas se manifestent au moment de la naissance [18], voire
avant la naissance sous la forme d'un hydrops faetalis [19, 20].
Dysmorphologies et autres anomalies
Environ un tiers de cas de CDA I [21] s'accompagne d'anomalies
morphologiques des os et d'autres anomalies [22], comme cela est
détaillé dans le tableau 1.
Des exemples sont présentés dans la figure 2.
Il arrive que les dysmorphologies, occupant le devant de la
scène, orientent d'abord les patients vers une consultation des
maladies osseuses [23].
Tableau 1 Liste non exhaustive des dysmorphologies
et autres anomalies non hématologiques rencontrées
dans certains cas de CDA I (modifié d'après [22])
|
Syndactylie au niveau des mains et des pieds
|
|
Absence des phalanges distales et des ongles,
et parfois d'autres phalanges au niveau des mains
et des pieds
|
|
Phalanges atrophiques au niveau des mains
et des pieds
|
|
Atrophie des os du tarse
|
|
Métatarsien additionnel
|
|
Phalange additionnelle au niveau du majeur gauche
|
|
Duplication des phalanges distales au niveau du gros
orteil
|
|
Ongles atrophiques
|
|
Aplatissement des corps vertébraux, principalement
des vertèbres dorsales
|
|
Troisième côte droite atrophiée
|
|
Phalanges distales recourbées au niveau des mains
|
|
Petite taille
|
|
Pigmentation brune de la peau
|
|
Tâches de dépigmentation de la peau
|
|
Surdité et défaut de la parole
|
Traitement
Dans les formes de gravité modérée, les transfusions ne sont pas
nécessaires, sauf en cas d'épisode aigu, telle qu'une infection par
le parvovirus B19. C'est la surcharge martiale, dont nous avons
souligné plus haut l'importance, qu'il faut surveiller et, passé un
certain seuil (ferritinémie > 1,000 μg/L), traiter à l'aide de
ferrochélateurs. Dans les formes où l'anémie est bien compensée, on
pourra recourir, sous contrôle strict, à des saignées itératives.
La lithiase biliaire, fréquente, est une indication à une
cholécystectomie si elle est symptomatique. Faut-il faire une
splénectomie à cette occasion ? Son efficacité n'est pas démontrée
[21]. Rappelons que la composante centrale de l'anémie est
dominante et que la splénectomie ne peut l'améliorer.
Les risques de la splénectomie pèsent enfin en sa défaveur.
Dans les formes sévères, les transfusions à intervalles
rapprochés sont nécessaires. La surcharge martiale s'en trouve
aggravée. Dans les formes les plus sévères, on peut même devoir
recourir à des transfusions intra-utérines [19]. Trois enfants
transfusion-dépendants ont subi une transplantation de cellules
souches allogéniques et devinrent transfusion-indépendants [24].
Les dysmorphologies feront l'objet d'une prise en charge
orthopédique.
La CDA I est la seule CDA bénéficiant d'un traitement
spécifique, bien qu'il soit empirique. L'efficacité de l'interféron
α fut découverte par sérendipité chez une patiente adulte, traitée
pour une hépatite C et présentant, en outre, une CDA I. Après
24 semaines, il apparut que la concentration d'hémoglobine
était revenue à la normale [25]. Un suivi de 9 ans chez la
même patiente montra que l'interféron α restait efficace à long
terme, à une dose optimale de 2 millions d'unités deux fois
par semaine [26]. De l'interféron pégylé peut aussi être
utilisé à la dose de 30 μg/semaine. À la correction de l'anémie, le
traitement ajoute une normalisation de la surcharge en fer.
Génétique moléculaire
Le gène impliqué dans la vaste majorité des cas de CDA I a d'abord
été localisé en 15q15.1-15.3, par « homozygosity mapping », dans
l'isolat génétique de Bédouins vivant dans le Néguev [27].
Le gène fut plus tard individualisé, dans cet isolat, ainsi
que chez plusieurs patients européens [28]. Il s'agit du gène
CDAN1, codant la codanine-1. CDAN1 couvre 13 244 paires de
bases sur le brin (-) du chromosome 15, et possède 28 exons.
Son messager compte 4 738 nucléotides. La codanine-1
comprend 1 226 acides aminés. La mutation présente
dans l'isolat bédouin se situe dans l'exon 24 (Arg1042Trp).
Dans la famille, mentionnée plus haut, avec trois frères
associant CDA I, surdité et tératoasthénospermie, la CDA I s'avéra
séparée des deux autres manifestations [17]. Il y avait
juste une liaison entre le gène CDAN1 muté (exon 12 ;
Asn598Ser) et, en direction du télomère, une délétion de 70 Kbp
environ ayant retiré un groupe de gènes, dont STRC (codant la
stéréociline, protéine de l'oreille interne ; → surdité
sensorielle) et CATSPER2 (codant CatSper2, canal Ca2+
rencontré spécifiquement dans les spermatozoïdes : → infertilité)
(figure 3).
Qu'un allèle muté seulement ait été trouvé chez un nombre
appréciable de patients peut s'expliquer par la non-détection d'une
deuxième mutation, qui se trouverait dans les régions non explorées
(éléments du promoteur, régions introniques profondes, etc.) de
l'autre allèle du gène CDAN1. Mais que, chez quelques malades,
aucune mutation n'ait été identifiée dans le gène CDAN1, et que,
dans un cas (Tamary et al., résultats non publiés), le
messager correspondant soit lui-même apparu dépourvu de mutation,
rend incontournable l'hypothèse d'un deuxième gène responsable de
la CDA I. Il n'y a pas de nuance phénotypique qui pourrait
différencier les mutations dans le gène CDAN1 et l'autre gène.
Renforçant la possibilité d'un deuxième gène, des études de liaison
ont montré que la CDA I, chez certains patients, n'était pas liée
au chromosome 15 [29, 30].
Physiopathologie moléculaire
Il existe encore peu de données sur la physiopathologie moléculaire
de la CDA I. Il a été montré que, dans le sérum de patients
atteints, il existe une augmentation du facteur de croissance et de
différenciation 15 (GDF15) qui appartient à la superfamille des
facteurs de croissance β. Cette augmentation va de pair avec une
discrète diminution (non significative toutefois) de l'hepcidine,
susceptible néanmoins d'accroître l'absorption intestinale du fer
[31].
La fonction de la codanine-1 est encore mal connue. Noy-Lotan
et al. [32] ont montré que cette protéine était localisée dans
l'hétérochromatine durant l'interphase. Sa quantité augmente
pendant la phase S. Au moment de la mitose, la codanine-1 subit une
phosphorylation coïncidant avec son exclusion des chromosomes.
Le promoteur de CDAN1 contient cinq sites potentiels de
liaison du facteur de transcription E2F, facteur important pour la
transition G1→S.
L'anémie dysérythropoïétique congénitale, type II
Mode de transmission et incidence
La CDA II est transmise selon le mode récessif autosomique.
Des mutations de novo, théoriquement possibles, n'ont pas été
rapportées. La CDA II est la plus commune de toutes les CDA.
Selon une étude paneuropéenne récente [8], 377 cas individuels
(appartenant à 284 familles) ont été recensés. Il s'agit,
pour les mêmes raisons que la CDA I, d'une sous-estimation, avec
des variations d'un pays à un autre. (Dans notre expérience,
jusqu'au 1er Juillet 2009, nous avons recruté
36 patients). Dans deux études séparées, l'âge médian du
diagnostic correct s'est avéré osciller entre 15,9 ans [33] et
18,2 ans [34]. Il semblerait exister une plus grande
incidence de CDA II en Italie à cause d'un effet fondateur dans le
sud du pays [35].
Forme de gravité moyenne
Nous prendrons comme type de description la forme de gravité
moyenne, éventualité la plus fréquente. En règle, l'âge de
découverte se situe dans la première ou la deuxième décennie. À
noter qu'aujourd'hui, avec l'amélioration des moyens diagnostiques,
l'intervalle entre la découverte de l'anémie et le diagnostic de
CDA II se réduit. En période néonatale, l'ictère est habituel et
peut justifier une photothérapie. Il devient intermittent par
la suite. La demi-vie érythrocytaire est modérément raccourcie
et se normalise après splénectomie [34]. L'anémie est variable mais
ne justifie pas en règle de transfusions. Une splénomégalie, voire
une hépatomégalie, apparaissent à un âge variable.
La bilirubinémie est augmentée, l'haptoglobinémie diminuée.
Tout au long de la vie, la ferritinémie s'élèvera en l'absence de
traitement ferrochélateur. Un diagnostic différentiel classique de
la CDA II est la sphérocytose héréditaire, notamment sur la base
des anomalies ektacytométriques (Cynober T, résutats non publiés)
et de la cytométrie de flux par marquage de la bande 3 à
l'éosine 5’-maléimide [36, 37].
L'hémogramme montre habituellement une anémie normochrome
normocytaire peu ou pas régénérative (réticulocytose à 103 G/L ±
46) [33]. L'analyse du frottis sanguin montre une
aniso-poïkilocytose et la présence fréquente de sphérocytes. On
note aussi des hématies ponctuées et parfois la présence
d'érythroblastes circulants.
Le frottis médullaire, en microscopie optique, est un
élément-clé du diagnostic. La moelle apparaît de richesse
normale ou augmentée, avec hyperplasie érythroblastique
souvent franche, portant sur les formes tardives. L'aspect le plus
caractéristique, encore que non strictement spécifique, est la
présence d'une binucléation à partir du stade polychromatophile
(figure 4).
Les deux noyaux sont identiques en taille et en structure
chromatinienne. La binuclearité peut s'observer dans d'autres
formes de dysérythropoïèse, dans certains syndromes
myélodysplasiques and certaines thalassémies. Le diagnostic de
CDA II requiert d'autres analyses. Dans un travail récent de
relecture cytologique de 36 cas de CDA II, le pourcentage de
cellules binucléées n'était que de 11 % en moyenne (4,6 à 20 %)
[38]. On observe souvent d'autres anomalies non spécifiques :
érythroblastes multinucléés, mégaloblastose souvent modérée,
karyorrhexis, ponctuations basophiles au stade acidophile [22]. On
remarque aussi la présence de cellules de type pseudo-Gaucher [38,
39].
Bien que moins accessible en routine, la microscopie
électronique apporte d'autres éléments diagnostiques importants.
L'aspect caractéristique en « double membrane » est présent dans
certains érythroblastes polychromatophiles et acidophiles [40, 41]
(figure 5).
La double membrane représente, en réalité, la persistance de
structures, originaires du réticulum endoplasmique, qui
s'accumulent à proximité immédiate (50 nm) de la face interne de la
membrane plasmique. Alloisio et al. [42] ont mis en évidence
un équivalent immuno-chimique de cette anomalie, en soumettant à
des Western blots des gels d'électrophorèse des protéines de la
membrane érythrocytaire sur gel de polycarylamide en présence de
sodium dodécyl sulfate (SDS-PAGE) (figure 5).
Ils montrèrent la présence persistante de protéines du
réticulum endoplasmique : la calréticuline, la « glucose regulated
protein 78 » et la protéine disulfure isomérase. Cette persistance
traduit la cosédimentation des citernes résiduelles du réticulum
endoplasmique et des fantômes érythrocytaires. Les Western
blots sont devenus un très précieux outil diagnostique.
Les CDA II se caractérisent encore par des anomalies
sérologiques dont la recherche, toutefois, est aujourd'hui moins
pratiquée.
- – Il y a une agglutination accrue des hématies des
patients en présence de sérum anti-i, liée à une augmentation de
l'expression de l'antigène i à la surface des érythrocytes [43].
Cette anomalie est constante, mais non spécifique, et se rencontre
dans d'autres situations.
- – Le test de Ham et Dacie est positif en présence de
sérums hétérologues ABO compatibles : cette particularité
phénotypique des globules rouges explique l'acronyme HEMPAS
(Hereditary Erythroblastic Multinuclearity with a Positive Acid
Serum test) longtemps utilisé, mais maintenant abandonné, pour
décrire les CDA II : les érythrocytes de patients sont lysés en
présence de certains sérums isogroupes en milieu acide.
L'adjonction de sucrose ne corrige pas l'hémolyse et ce phénomène
n'est pas reproduit avec le sérum autologue comme c'est le cas dans
l'hémoglobinurie paroxystique nocturne, ou avec un sérum d'un
hétérozygote obligatoire [43]. Cette caractéristique est liée à la
présence, dans environ 40 à 60 % des sérums testés, d'un
anticorps naturel de type IgM reconnaissant un antigène présent à
la surface des érythrocytes de CDA II [44].
Lors de l'électrophorèse des protéines membranaires (SDS-PAGE),
la bande 3, ou transporteur des anions, apparaît pincée, avec une
migration anodique accélérée, traduisant une anomalie de sa
glycosylation (figure 6). Cette
altération majeure, d'accès facile, fut découverte par Anselstetter
et al. [45] et confirmée par de multiples groupes. Quelques
cas de dysérythropoïèse ressemblant cytologiquement à des CDA II ne
présentent pas d'anomalies de la bande 3, ni de traces
de réticulum endoplasmique et de mutation dans SEC23B (cf.
plus loin). Elles n'entrent pas dans le cadre des CDA II stricto
sensu.
Évolution et complications
La composante hémolytique explique la fréquence des lithiases
biliaires, survenant dans plus de la moitié des cas avant l'âge de
40 ans [34], ce risque étant majoré par la présence
d'un syndrome de Gilbert associé [46]. Une surcharge martiale
s'installe de façon progressive, indépendamment des transfusions,
et évolue vers une hémochromatose [47]. La présence des
mutations dans le gène HFE ne semble pas influencer cette évolution
[48].
Parmi les autres complications possibles, on note un
risque d'érythroblastopénie à parovirus B 19 [49] et le
développement de foyers d'hématopoïèse extramédullaire [50]. Un cas
de leucémie à tricholeucocytes et deux cas de lymphomes ont été
décrits chez des patients atteints de CDA II.
Anomalies associées
De rares cas de retard mentaux ont été décrits, de même que des cas
isolés d'anomalie septale ou d'hémihypertrophie [34]. On a noté un
rapport de synthèse des chaînes de la globine, nonα/α, élevé,
mimant une composante α-thalassémique (d'accompagnement) [12].
Incidemment, une β-thalassémie authentique peut aussi accompagner
une CDA II, agissant comme un facteur aggravant [33].
Formes de gravité prononcée
Un peu moins de 10 % des cas de CDA II sont graves et nécessiteront
des transfusions à intervalles plus ou moins rapprochés, ce qui
majore considérablement le risque de surcharge martiale.
L'évolution est sévère, avec l'installation d'une hémochromatose
et, finalement, d'une défaillance polyviscérale (cardiaque).
Traitement
Moins de 10 % des patients seront transfusés pendant l'enfance et
seulement une minorité d'entre eux le seront de façon régulière à
l'âge adulte (formes graves). Un patient, présentant une forme
sévère, associée à un trait bêta-thalassémique, a bénéficié d'une
transplantation médullaire [51]. La splénectomie, en
supprimant la part hémolytique périphérique, améliore partiellement
l'anémie [34]. Elle ne protège pas contre le risque de surcharge
martiale.
La surveillance de la ferritinémie et la prise en charge
thérapeutique d'une surcharge martiale à titre préventif et curatif
restent donc l'élément fondamental du suivi. La deferriprone, la
desferroxamine, ou bien des saignées chez les patients peu
anémiques, se sont avérées efficaces pour normaliser la
ferritinémie [34].
Hypothèses sur le mécanisme physiopathologique
de la CDA II
Pendant de longues années, les hypothèses sur la physio-pathologie
de la CDA II ont gravité autour d'une anomalie directe de la
glycosylation.
La bande 3 anormalement glycosylée perturbe-t-elle
la cytokinèse ?
La bande 3 anormalement glycosylée ne semble pas perturber la
cytokinèse.
- – Les anomalies dans les CDA II sont qualitatives
(anomalies de glycosylation) et non quantitatives.
- – Le gène responsable de la CDA II, localisé en 20q11.2
dès 1997 [52], ne coïncide pas avec le gène SLC4A1, codant la bande
3, situé en 17q21-22 [53].
- – Plusieurs mutations avec absence totale ou partielle
de bande 3 à l'état homozygote ont été décrites chez l'homme,
le phénotype étant celui d'une sphérocytose héréditaire très sévère
et régénérative [54-56]. Il n'y a pas d'excès de binucléation
dans la moelle de ces patients (données personnelles).
Quelle est la nature structurale de l'anomalie
de glycosylation de la bande 3 ?
La bande 3 contient un glycane majeur, lié au reste
d'asparagine 642 de la quatrième boucle externe de son domaine
transmembranaire. Ce glycane repose sur un socle de restes de
mannose. Il comprend des antennes composées de restes de
N-acétyllactosamine, qui forment, dans leur ensemble, un volumineux
polylactosaminoglycane ramifié. La longueur des antennes est
cependant hétérogène. Ainsi s'explique l'aspect flou du bord
supérieur de la bande 3 à l'électrophorèse (SDS-PAGE). C'est
en revanche une forme « élaguée » que l'on trouve dans la CDA II
(figure 6).
Elle a des similitudes avec la forme fœtale, d'où une réactivité
accrue de l'antigène i, ainsi qu'une moindre fixation de la lectine
de tomate, qui se lie préférentiellement aux lactosaminoglycanes
ramifiés [57]. Des anomalies de glycosylation ont aussi été
rapportées dans d'autres protéines de membrane érythrocytaire
telles que la protéine 4.5 (transporteur du glucose, ou GLUT1) ou
la glycophorine A [58, 59], ainsi que dans des protéines
sériques [60]. Les lipides de la membrane érythrocytaires
apparaissent au contraire hyperglycosylés [61, 62].
Existe-t-il une enzyme, impliquée
dans la glycosylation, qui soit déficiente
dans la CDA II ?
Dans certains cas de CDA II, une réduction d'activité enzymatique a
été montrée, concernant notamment une
N-acétylglucosaminyltransférase microsomale [63], une
galactosyltranférase microsomale [64], et une α-mannosidase II de
l'appareil de Golgi [65]. Cependant, les études plus précises ne
confirmèrent pas ces données. Dans la CDA II, les anomalies
apparurent dès lors comme la conséquence d'un trouble plus vaste,
transcendant en quelque sorte la glycosylation.
Génétique moléculaire
Le gène responsable de la CDA II avait été localisé en 20q11.2 dès
1997 [52]. Le séquençage systématique de différents gènes
choisis, présents dans ce locus, s'avéra infructueux par la suite
[66]. Récemment, l'analyse fine du génome par SNP chez les
homozygotes conduisit à relocaliser le gène, de l'autre côté du
centromère, en 20p11.23-20p12.1. Finalement, des mutations
associées à la CDA II furent découvertes dans le gène SEC23B [67,
68]. Une approche protéomique déboucha sur le même résultat [69].
SEC23B couvrant 53 863 paires de bases est constitué de
20 exons. Il code pour une protéine de 767 acides
aminés, Sec23b. Cette protéine fait partie du complexe COPII (Coat
Protein Complex II) permettant la formation de vésicules
membranaires à partir du réticulum endoplasmique, puis assurant
leur transfert vers le compartiment cis de l'appareil de Golgi [70]
(figure 7).
Le complexe COPII est constitué de plusieurs sous-unités :
Sec23a, Sec23b, Sec13, Sec31 et Sar1. SEC23A et SEC23B sont des
gènes paralogues. Les protéines Sec23a et Sec23b s'associent
en un hétérodimère. Des mutations dans SAR1 sont associées à des
désordres de l'absorption lipidique [71]. Des mutations dans
SEC23A ont été identifiées dans la dysplasie cranio-réticulaire,
associant malformation cranio-faciale et cataracte précoce [72].
Cette affection ne s'accompagne pas d'anomalie de l'érythropoïèse
(et il n'y a pas de malformation cranio-faciale dans les CDA II).
Les études d'expression par RQ-PCR montrent une induction
spécifique de Sec23b au cours de la différenciation érythroïde.
Cette spécificité explique probablement le phénotype
essentiellement érythroïde de cette affection, l'expression de
Sec23a pouvant compenser la perte de Sec23b dans les autres types
cellulaires.
Dans une étude récente sur 42 patients, nous avons trouvé
22 mutations [68]. Quatre patients présentaient un seul allèle
muté. Nous pensons que la deuxième mutation se trouve dans les
régions inexplorées (éléments du promoteur, régions introniques) de
SEC23B. Les mutations faux-sens sont majoritaires (85 %) par
rapport aux mutations non-sens. La mutation Glu109Lys
représente à elle seule plus d'un tiers des mutations trouvées. Une
hétérozygotie composite pour une mutation faux-sens et une mutation
non-sens produit une forme plus sévère qu'une homozygotie ou une
hétérozygotie composite pour une ou deux mutations faux-sens. Une
homozygotie ou une hétérozygotie composite pour une ou deux
mutations non-sens n'a jamais été trouvée.
Physiopathologie moléculaire
L'expression de SEC23B est induite au cours de la différenciation
érythroïde in vitro de cellules primaires CD34+ avec une expression
maximale dans les phases tardives après 14 jours de culture en
présence d'érythropoïétine [67]. L'inhibition de l'expression de
SEC23B par RNA interférence dans les cellules érythroleucémiques
K562 augmente le pourcentage de cellules en phase G2+M du cycle
cellulaire et induit l'apparition de cellules binucléées. Enfin,
l'inhibition de SEC23B, à l'aide de morpholinos, dans l'embryon de
poisson zèbre entraîne l'accumulation d'érythroblastes immatures
binucléés, reproduisant ainsi le phénotype cytologique de CDA II.
Cette similitude reste néanmoins partielle, la bande 3 ne
présentant pas d'hypoglycosylation, ni la membrane un aspect
dédoublé en microscopie électronique [67].
L'anémie dysérythropoïétique congénitale, type III
L'anémie dysérythropoïétique congénitale, ou CDA III, est une
affection rarissime, mal définie et sans doute encore hétérogène.
C'est donc assez curieusement que les premiers cas de CDA décrits
semblent avoir été des cas de CDA III (cf. Introduction).
Wolfe et von Hoffe [1] rapportèrent, chez une femme et ses trois
enfants (mode de transmission dominant), la présence de 16 à
23 % des érythroblastes multinucléés, contenant jusqu'à
12 noyaux, avec de grosses ponctuations basophiles. Les
frottis sanguins montraient des érythrocytes géants. Il y
avait une anémie très modérée, voire absente, et le compte des
réticulocytes ne dépassait pas 3 %.
C'est dans une famille nombreuse du Nord de la Suède (Comté de
Västerbotten) qui permit une description détaillée et un suivi de
la CDA III [2]. L'affection, également transmise selon le mode
dominant, découverte pendant l'adolescence ou à l'âge adulte,
comportait une anémie mineure ou modérée, en l'absence de
splénomégalie et de surcharge martiale (signe assez inattendu si
l'on se rappelle les CDA I et II). Les frottis sanguins
montrèrent des macrocytes et des gigantocytes, et les frottis
médullaires une hyperplasie érythroïde, des érythroblastes de
grande taille, voire géants, pouvant comporter jusqu'à
12 noyaux. La microscopie électronique révéla, outre la
multinucléarité, des fentes dans l'hétérochromatine, des vacuoles
autophagiques, des mitochondries chargées de fer et des figures
myéliniques dans le cytoplasme. Des complications graves
marquèrent l'évolution : myélome ou d'autres formes de gammapathies
[73] et des stries angioïdes sur la rétine [74]. Le gène
responsable fut localisé en 15q21-q25 [75]. Il ne semble pas
avoir été cerné de plus près.
D'autres cas, épars et non strictement similaires, on été
rapportés (pour revue, voir [76]). À notre connaissance, aucun cas
de CDA III n'a été identifié en France.
Les autres anémies dysérythropoïétiques congénitales humaines,
associées à des anomalies d'autres lignées
hématopoïétiques, dont la cause génétique est connue
CDA dues à diverses mutations dans le facteur
de transcription GATA1
Certains cas d'anémies dysérythropoïétiques, associées à une
thrombocytopénie, sont dues à des mutations dans le gène GATA1
(Xp11.23), codant la protéine GATA1. GATA1 se lie aux boîtes GATA
du promoteur de gènes impliqués principalement dans l'érythropoïèse
et la mégacaryocytopoïèse. La mutation Val205Met génère un tel
syndrome [77]. Elle affecte une position hautement conservée dans
le doigt de zinc, de type C4, situé dans la région N-terminale de
GATA1. Elle perturbe l'interaction GATA1 avec la protéine FOG1 («
friend of GATA1 »). Une autre mutation, Asp218Gly, dans la boucle
du même doigt de zinc, cause un tableau sensiblement différent,
comprenant une macrothrombocytopénie associée à une
dysérythropoïèse avec une anémie limitée [78]. D'autres mutations
encore de GATA1 génèrent principalement une thrombocytopénie avec
une discrète note dysérythropoïétique seulement (Gly208Ser) [79].
Bien que nous sortions du cadre de cet article, il est intéressant
de souligner la grande diversité des effets associés aux mutations
dans GATA1 : Arg216Gln → β-thalassémie et thrombocytopénie [80] ;
Arg216Gln → syndrome de plaquettes grises liée au chromosome X [81]
; Arg216Trp → porphyrie érythropoïétique congénitale [82]-condition
découlant classiquement de mutations dans le gène UROS, codant
l'uroporphyrinogen III synthase.
CDA due à une mutation dans le facteur
de transcription EKLF
Dans un cas de dysérythropoïèse, longtemps resté inclassé,
l'accumulation méthodique de données a permis d'atteindre le gène
responsable. Le patient présentait une persistance
des hémoglobines embryonnaires et fœtales, des inclusions
susceptibles de représenter des vestiges importants (beaucoup plus
développés que dans la CDA II) de réticulum endoplasmique ou de
l'appareil de Golgi [83]. Plus tard, il fut montré que le patient
était dépourvu :
- – des antigènes de groupe Indian, Ina et Inb (phénotype
[In(a-b-)]) et, de façon concomitante, de la protéine CD44 ;
- – des antigènes du système Colton (phénotype :
[Co(a-b-)] [84]. Bien que l'aquaporine-1, qui s'avéra porter les
antigènes du système Colton, fût très diminuée, on ne trouva aucune
mutation dans son gène, AQP1 [85].
Une mutation : Glu325Lys, fut trouvée dans le second doigt de
zinc du facteur de transcription EKLF, codé par le gène EKLF
(19p13.2) [86]. Il s'agit d'une mutation de novo, indiquant
que l'affection se manifeste, de façon sévère, dès l'état
hétérozygote. Incidemment, ce sont d'autres mutations dans EKLF qui
rendent compte du phénotype [InLu], variété du phénotype [Lu(a-b-)]
dans lequel l'expression des antigènes Lutheran (Lu) est inhibée
[87]. Ces mutations sont asymptomatiques à l'état
hétérozygote. Comme pour GATA1, les mutations dans EKLF ont des
effets très variés.
Les CDA orphelines de gènes
Contrairement aux cas exposés ci-dessus, une multitude de CDA
restent, à ce jour, classée sur des bases largement morphologiques
[88]. Il s'agit souvent de cas sporadiques [89-92]. Seule la
connaissance de la cause génétique viendra mettre fin aux
incertitudes de toute classification fondée sur les éléments du
phénotype.
Modèles animaux
Le gène MAN2A1 (α-mannosidase II, dans l'appareil de Golgi) a été
invalidé chez la souris [93]. Les souris homozygotes
présentent une dysérythropoïèse modérée, sans érythroblastes bi- ou
multinucléés, sans ‘double membrane’, et sans anomalie du profil
électrophorétique des protéines de la membrane érythrocytaire. Un
déficit en α-mannosidase II, associée à une réduction du mRNA
correspondant, avait été observé chez un patient atteint de CDA II
(65). Il est difficile de relier ce déficit au défaut de
trafic des vésicules dont on sait maintenant qu'elles sont
associées à la CDA II.
Quelques modèles animaux reproduisant cette binucléation
érythroblastique ont été décrits.
Le poisson-zèbre, qui porte la mutation retsina dans le gène
slc4a1, orthologue de SLC4A1 chez l'homme, présente une anémie
dysérythropoïétique [94]. Il existe des érythroblastes
binucléés, des érythroblastes porteurs d'une double membrane.
La bande 3 a cependant un aspect normal à
l'électrophorèse (SDS-PAGE). La présente dysérythropoïèse
n'est pas la réplique de la CDA II humaine.
De telles anomalies sont aussi décrites chez la souris.
L'analyse des érythroblastes d'embryons de souris
scl4a1-/- [95] ou porteuses d'une mutation nulle
spontanée ‘wan’ [96], montre également un excès d'érythroblastes
binucléés (4 et 11 % respectivement) par rapport aux hétérozygotes
ou aux souris sauvages. Mais, dans les deux cas, le tableau réalisé
est celui d'une sphérocytose très sévère.
Conclusion
Les anémies dysérythropïétiques congénitales sont en principe
reconnues dans la première décennie. Définir le type de la
dysérythropoïèse relève du laboratoire spécialisé, en s'appuyant
sur les anomalies morphologiques et biochimiques. L'identification
de la (des) mutation(s) responsable(s) est réalisable en France
pour les CDA I et II. Mais il reste beaucoup à faire pour
individualiser les gènes impliqués dans les nombreuses
variétés de CDA sporadiques. On doit s'attendre à ce que les
mutations en cause révèlent dans toute leur complexité les rouages
de la phase terminale de l'érythropoïèse.Conflit d'intérêts
: aucun.
Références
1 Wolff JA, von Hofe FH. Familial erythroid
multinuclearity. Blood 1951 ; 6 : 1274-83.
2 Bergström I, Jacobsson L. Hereditary benign
erythroreticulosis. Blood 1962 ; 19 : 296-303.
3 Wendt F, Heimpel H. Kongenitale dyserythropoietische
Anämie bei einem zweieiigen Zwillingspaar. Med Klin 1967 ;
62 : 172-7.
4 Heimpel H, Wendt F. Congenital dyserythropoietic
anemia with karyorrhexis and multinuclearity of erythroblasts. Helv
Med Acta 1968 ; 34 : 103-15.
5 Iolascon A, Delaunay J. Close to unraveling the
secrets of congenital dyserythropoietic anemia types I and II.
Haematologica 2009 ; 94 : 599-602.
6 Denecke J, Marquardt T. Congenital dyserythropoietic anemia
type II (CDAII/HEMPAS) : Where are we now ? Biochim Biophys Acta
2009 ; 1792 : 915-20.
7 Delaunay J. The congenital dyserythropoietic anemias. In:
Kaushanski K, Lichtman MA, Beutler E, Kipps TJ, Seligsohn U, Prchal
JT, eds. Williams Manual of Hematology. 8th Edition, New
York: McGraw Hill, Chapter 39, 2010 (sous presse).
8 Heimpel H, Matuschek A, Ahmed M, et al.
Prevalence of congenital dyserythropoietic anemia in Europe. Eur J
Haematol 2010 ; (sous presse).
9 Roda L, Pasché J, Fournier A, et al.
Congenital dyserythropoietic anemia, type 1, in a polynesian
patient : response to interferon alpha2b. J Pediatr Hematol Oncol
2002 ; 24 : 503-6.
10 Ru YX, Zhu XF, Yan WW, et al. Congenital
dyserythropoietic anemia in a Chinese family with a mutation of the
CDAN1-gene. Ann Hematol 2008 ; 87 : 751-4.
11 Tamary H, Shalev H, Luria D, et al.
Clinical features and studies of erythropoiesis in Israeli Bedouins
with congenital dyserythropoietic anemia type I. Blood 1996 ;
87 : 1763-70.
12 Alloisio N, Jaccoud P, Dorléac E, et al.
Alterations of globin chain synthesis and of red cell membrane
protein in congenital dyserythropoietic anemia I and II. Pediatr
Res 1982 ; 16 : 1016-21.
13 Bader-Meunier B, Leverger G, Tchernia G,
et al. Clinical and laboratory manifestations of congenital
dyserythropoietic anemia type I in a cohort of French children. J
Pediatr Hematol Oncol 2005 ; 27 : 416-9.
14 Shalev H, Moser A, Kapelushnik J, et al.
Congenital dyserythropoietic anemia type 1 presenting as
persistent pulmonary of the newborn. J Pediat 2000 ;
136 : 553-5.
15 Roberts E, Madhusudhana KC, Newsome R,
Cullis JO. Blindness due to angioid streaks in congenital
dyserythropoietic anemia type I. Br J Haematol 2006 ;
133 : 456 ; (Letter).
16 Tamary H, Offret H, Dgany O, et al.
Congenital dyserythropoietic anaemia, type I, in a Caucasian
patient with retinal angioid streaks (homozygous arg1042trp
mutation in codanin-1). Eur J Haematol 2008 ; 80 :
271-4.
17 Avidan N, Tamary H, Dgany O, et al.
CatSper2, a human autosomal non-syndromic male infertility gene.
Eur J Hum Genet 2003 ; 11 : 497-502.
18 Shalev H, Tamary H, Shaft D, Reznitsky P,
Zaizov R. Neonatal manifestations of congenital
dyserythropoietic anemia type 1. J Pediat 1997 ; 131 :
95-7.
19 Parez N, Dommergues M, Zupan V, et al.
Severe congenital dyserythropoietic anaemia type 1: prenatal
management, transfusion support and alpha-interferon therapy. Br J
Haematol 2000 ; 110 : 420-3.
20 Tekinalp G, Sarici SÜ, Erdinç AS, et al.
Lethal hydrops fetalis due to congenital dyserythropoietic anemia
in a newborn: association of a new skeletal abnormality. Pediatr
Hematol Oncol 2001 ; 18 : 537-42.
21 Heimpel H, Schwarz K, Ebnöther M, et al.
Congenital dyserythropoietic anemia type I (CDA I): molecular
genetics, clinical appearance, and prognosis based on long-term
observation. Blood 2006 ; 107 : 334-40.
22 Wickramasinghe SN. Congenital dyserythropoietic
anaemias: clinical features, haematological morphology and new
biochemical data. Blood Reviews 1998 ; 12 : 178-200.
23 Le Merrer M, Girot R, Parent P,
Cormier-Dairre V, Maroteaux P. Acral dysostosis
dyserythropoiesis syndrome. Eur J Pediatr 1995 ; 154 :
384-8.
24 Ayas M, al-Jefri A, Baothman A, et al.
Transfusion-dependent congenital dyserythropoietic anemia type I
successfully treated with allogeneic stem cell transplantation.
Bone Marrow Transplant 2002 ; 29 : 681-2.
25 Lavabre-Bertrand T, Blanc P, Navarro R,
et al. Alpha-interferon therapy for congenital
dyserythropoiesis type I. Br J Haematol 1995 ; 89 :
929-32.
26 Lavabre-Bertrand T, Ramos J, Delfour C,
et al. Long-term alpha interferon treatment is effective on
anaemia and significantly reduces iron overload in congenital
dyserythropoiesis type I. Eur J Haematol 2004 ; 73 :
380-3.
27 Tamary H, Shalmon L, Shalev H, et al.
Localisation of the gene for congenital dyserythropietic anemia
type I to a <1-cM interval on chromosome 15q15.1-15.3. Am J Hum
Genet 1998 ; 62 : 1062-9.
28 Dgany O, Avidan N, Delaunay J, et al.
Congenital dyserythropoietic anemia type I is caused by mutations
in codanin-1. Am J Hum Genet 2002 ; 71 : 1467-74.
29 Hodges VV, Molloy GY, Wickramasinghe SN.
Genetic heterogeneity of congenital dyserythropoietic anemia. Blood
1999 ; 94 : 1139-40.
30 Ahmed MR, Zaki M, Sabry MA, et al.
Evidence of genetic heterogeneity in congenital dyserythropoietic
anaemia type I. Br J Haematol 2006 ; 133 : 444-5 ;
(Letter).
31 Tamary H, Shalev H, Perez-Avraham G,
et al. Elevated growth differentiation factor
15 expression in patients with congenital dyserythropoietic
anemia type I. Blood 2008 ; 112 : 5241-4.
32 Noy-Lotan S, Dgany O, Lahmi R, et al.
Codanin-1, the protein encoded by the gene mutated in congenital
dyserythropoietic anemia type I (CDAN1), is cell cycle regulated.
Haematologica 2009 ; 94 : 629-37.
33 Iolascon A, Delaunay J, Wickramasinghe SN,
et al. Natural history of congenital dyserythropoietic anemia
(CDA II). Blood 2001 ; 98 : 1258-60.
34 Heimpel H, Anselstetter V, Chrobak L,
et al. Congenital dyserythropoietic anemia type II :
epidemiology, clinical appearance, and prognosis based on long-term
observation. Blood 2003 ; 102 : 4576-81.
35 Iolascon A, Servedio V, Carbone R, et al.
Geographic distribution of CDA II: did a founder effect operate in
Southern Italy? Haematologica 2000 ; 85 : 470-4.
36 King MJ, Smythe JS, Mushens R.
Eosin-5-maleimide binding to band 3 and Rh-related proteins
forms the basis of a screening test for hereditary spherocytosis.
Br J Haematol 2004 ; 124 : 106-13.
37 Girodon F, Garçon L, Bergoin E, et al.
Usefulness of the eosin-5’-maleimide cytometric method as a
first-line screening test for the diagnosis of hereditary
spherocytosis: comparison with ektacytometry and protein
electrophoresis. Br J Haematol 2008 ; 140 : 468-70.
38 Heimpel H, Kellermann K, Neuschwander N,
Högel J, Schwarz K. The morphological diagnosis of
congenital dyserythropoietic anemia: Results of a quantitative
analysis of peripheral blood and bone marrow cells. Haematologica
2010 ; (sous presse).
39 Van Dorpe A. Broeckaert-van Orshoven, Desmet V,
Verwilghen RL. Gaucher-like cells and congenital dyserythropoietic
anaemia, type II (HEMPAS). Br J Haematol 1973 ; 25 :
165-70.
40 Wong KY, Hug G, Lampkin BC. Congenital
dyserythropoietic anemia type II: ultrastructural and
radioautographic studies of blood and bone marrow. Blood
1972 ; 39 : 23-30.
41 Breton-Gorius J, Daniel MT, Clauvel JP,
Dreyfus B. Anomalies ultrastructurales des érythroblastes et
des érythrocytes dans six cas de dysérythropoïèse congénitale. Nouv
Rev Fr Hématol 1973 ; 13 : 23-49.
42 Alloisio N, Texier P, Denoroy L, et al.
The cisternae decorating the red blood cell membrane in congenital
dyserythropoieitic anemia (type II) originate from the endoplasmic
reticulum. Blood 1996 ; 87 : 4433-9.
43 Crookston JH, Crookston MC, Burnie KL,
et al. Hereditary erythroblastic multinuclearity associated
with a positive acidified-serum test: a type of congenital
dyserythropoietic anaemia. Br J Haematol 1969 ; 17 :
11-26.
44 Wickramasinghe SN, Wood WG. Advances in the
understanding of the congenital dyserythropoietic anaemias. Br J
Haematol 2005 ; 131 : 431-6.
45 Anselstetter V, Horstmann HJ, Heimpel H.
Congenital dyserythropoietic anaemia, types I and II : aberrant
pattern of erythrocyte membrane proteins in CDAII, as revealed by
two-dimensional polyacrylamide gel electrophoresis. Br J Haematol
1977 ; 35 : 209-15.
46 Perrotta S, del Giudice EM, Carbone R,
et al. Gilbert's syndrome accounts for the phenotypic
variability of congenital dyserythropoietic anemia type II
(CDA-II). J Pediatr 2000 ; 136 : 556-9.
47 Kremer Hovinga JA, Solenthaler M, Dufour JF.
Congenital dyserythropoietic anaemia type II (HEMPAS) and
haemochromatosis: a report of two cases. Eur J Gastroenterol
Hepatol 2003 ; 15 : 1141-7.
48 Van Steenbergen W, Matthijs G, Roskams T,
Fevery J. Noniatrogenic haemochromatosis in congenital
dyserythropoietic anaemia type II is not related to C282Y and H63D
mutations in the HFE gene: report on two brothers. Acta Clin Belg
2002 ; 57 : 79-84.
49 West NC, Meigh RE, Mackie M, Anderson MJ.
Parvovirus infection associated with aplastic crisis in a patient
with HEMPAS. J Clin Pathol 1986 ; 39 : 1019-20.
50 Lugassy G, Michaeli J, Haratz N,
Libson E, Rachmilewitz EA. Paravertebral extramedullary
hematopoiesis associated with improvement of anemia in congenital
dyserythropoietic anemia. Am J Hematol 1986 ; 22 :
295-300.
51 Iolascon A, Sabato V, de Mattia D,
Locatelli F. Bone marrow transplantation in a case of severe,
type II congenital dyserythropoietic anaemia (CDA II). Bone Marrow
Transplant 2001 ; 27 : 213-5.
52 Gasparini P, Miraglia del Giudice E,
Delaunay J, et al. Localization of congenital
dyserythropoietic anemia II (CDA II) locus to chromosome 20
(20q11.2) by genomewide search. Am J Hum Genet 1997 ;
61 : 1112-6.
53 Perrotta S, Luzzatto L, Carella M, and Iolascon A. Congenital
dyserythropoietic anemia type II in human patients is not due to
mutations in the erythroid anion exchanger. Blood 2003; 102 :
2704-5.
54 Ribeiro L, Alloisio N, Almeida H, et al.
Near lethal hereditary spherocytosis and distal tubular acidosis
associated with the total absence of band 3. Blood 2000 ;
96 : 1602-4.
55 Perrotta S, Borriello A, Scaloni A, et al. The
N-terminal 11 amino acids of human erythrocyte band 3 are
critical for aldolase binding and protein phosphorylation:
implications for band 3 function. Blood 2005; 106 :
4359-66.
56 Toye AM, Williamson RC, Khanfar M, et al.
Band 3 Courcouronnes (Ser667Phe) : a trafficking mutant
differentially rescued by wild type band 3 and glycophorin A.
Blood 2008 ; 111 : 5380-9.
57 Denecke J, Kranz C, Nimtz M, et al.
Characterization of the N-glycosylation phenotype of erythrocyte
membrane proteins in congenital dyserythropoietic anemia type II
(CDA II/HEMPAS). Glyconj J 2007 ; 25 : 375-82.
58 Scartezzini P, Forni GL, Baldi M, Izzo C,
Sansone G. Decreased glycosylation of band 3 and band 4.5
glycoproteins of erythrocyte membrane in congenital
dyserythropoietic anaemia type II. Br J Haematol 1982 ;
51 : 569-76.
59 Tomita A, Porter CJ. Aberrant regulation of
complement by the erythrocytes of hereditary erythroblastic
multinuclearity with a positive acidified serum lysis test
(HEMPAS). Blood 1994 ; 83 : 250-9.
60 Fukuda MN, Gaetani GF, Izzo P,
Scartezzini P, Dell A. Incompletely processed N-glycans
of serum glycoproteins in congenital dyserythropeitic anaemia type
II (HEMPAS). Br J Haematol 1992 ; 82 : 745-52.
61 Bouhours JF, Bouhours D, Delaunay J. Abnormal
fatty acid composition of erythrocyte glycosphingolipids in
congenital dyserythropoietic anemia type II. J Lipid Res
1985 ; 26 : 435-41.
62 Zdebska E, Anselstetter V, Pacuszka T,
et al. Glycolipids and glycopeptides of red cell membranes in
congenital dyserythropoietic anaemia type II (CDAII). Br J Haematol
1987 ; 66 : 385-91.
63 Fukuda MN, Dell A, Scartezzini P. Primary
defect of congenital dyserythropoietic anemia type II. Failure in
glycosylation of erythrocyte lactosaminoglycan proteins caused by
lowered N-acetylglucosaminyltransferase II. J Biol Chem 1987 ;
262 : 7195-206.
64 Fukuda MN, Masri KA, Dell A, Thonar EJM,
Klier G, Lowenthal RM. Defective glycosylation of
erythrocyte membrane glycoconjugates in a variant of congenital
dyserythropoietic anemia type II: association of low level of
membrane-bound form of galactosyltransferase. Blood 1989 ;
73 : 1331-9.
65 Fukuda MN, Masri KA, Dell A, Luzzatto L,
Moremen KW. Incomplete synthesis of N-glycans in congenital
dyserythropoietic anemia type II caused by a defect in the gene
encoding α-mannosidase II. Proc Natl Acad Sci USA 1990 ;
87 : 7443-7.
66 Lanzara C, Ficarella R, Totaro A, et al.
Congenital dyserythropoietic anemia type II: exclusion of seven
candidate genes. Blood Cells, Molecules, and Diseases 2003 ;
30 : 22-9.
67 Schwarz K, Iolascon A, Verissimo F,
et al. Mutations affecting the secretory COPII coat component
SEC23B cause congenital dyserythropoietic anemia type II. Nat Genet
2009 ; 41 : 936-40.
68 Iolascon A, Russo R, Esposito MR, et al.
Genotype-phenotype relationship in forty two CDA II patients
carrying mutations in the SEC23B gene. Haematologica 2010 ;
(sous presse).
69 Bianchi P, Fermo E, Vercellati C, et al.
Congenital dyserythropoietic anemia type II (CDA II) is caused by
mutations in the SEC23B gene. Hum Mut 2009 ; 30 :
1292-8.
70 Fromme JC, Orci L, Schekman R. Coordination of
COPII vesicle trafficking by Sec23. Trends Cell Biol 2008 ;
18 : 330-6.
71 Jones B, Jones EL, Bonney SA, et al.
Mutations in a Sar1 GTPase of COPII vesicles are associated with
lipid absorption disorders. Nat Genet 2003 ; 34 :
29-31.
72 Boyadjiev SA, Fromme JC, Ben J, et al.
Cranio-lenticulo-sutural dysplasia is caused by a SEC23A mutation
leading to abnormal endoplasmic-reticulum-to-Golgi trafficking. Nat
Genet 2006 ; 38 : 1192-7.
73 Sandström H, Wahlin A, Eriksson M,
Bergström I, Wickramasinghe SN. Intravascular haemolysis
and increased prevalence of myeloma and monoclonal gammapathy in
congenital dyserythropoietic anemia, type III. Eur J Haematol
1994 ; 52 : 42-6.
74 Sandström H, Wahlin A, Eriksson M,
Holmgren G, Lind L, Sandgren O. Angioid streaks are
part of a familial syndrome in dyserythropoietic anemia (CDA III).
Br J Haematol 1997 ; 98 : 845-9.
75 Lind L, Sandström H, Wahlin A, et al.
Localization of the gene for congenital dyserythropoietic anemia
type III, CDAN3, to chromosome 15q21-q25. Hum Molec Genet
1995 ; 4 : 109-12.
76 Sandström H, Wahlin A. Congenital dyserythropoietic
anemia type III. Haematologica 2000 ; 85 : 753-7.
77 Nichols KE, Crispino JD, Poncz M, et al.
Familial dyserythropoietic anaemia and thrombocytopenia due to an
inherited mutation in GATA1. Nat Genet 2000 ; 24 :
266-70.
78 Freson K, Devriendt K, Matthijs G, et al.
Platelet characteristics in patients with X-linked
macrothrombocytopenia because of a novel GATA1 mutation. Blood
2001 ; 98 : 85-92.
79 Mehaffey MG, Newton AL, Gandhi MJ,
Crossley M, Drachman JG. X-linked thrombocytopenia caused
by a novel mutation of GATA-1. Blood 2001 ; 98 :
2681-8.
80 Yu C, Niakan KK, Matsushita M, et al.
X-linked thrombocytopenia with thalassemia from a mutation in the
amino finger of GATA-1 affecting DNA binding rather than FOG-1
interaction. Blood 2002 ; 100 : 2040-5.
81 Tubman VN, Levine JE, Campagna DR, et al.
X-linked gray platelet syndrome due to a GATA1 Arg216Gln mutation.
Blood 2007 ; 109 : 3297-9.
82 Phillips JD, Steensma DP, Pulsipher MA,
Spangrude GJ, Kushner JP. Congenital erythropoietic
porphyria due to a mutation in GATA1: the first trans-acting
mutation causative for a human porphyria. Blood 2007 ;
109 : 2618-21.
83 Wickramasinghe SN, Illum N, Wimberley PD.
Congenital dyserythropoietic anaemia with novel
intra-erythroblastic and intra-erythrocytic inclusions. Br J
Haematol 1991 ; 79 : 322-30.
84 Parsons SF, Jones J, Anstee DJ, et al. A
novel form of congenital dyserythropoietic anemia associated with
deficiency of erythroid CD44 and a unique blood group phenotype in
(a-b-), Co (a-b-). Blood 1994 ; 83 : 860-8.
85 Agre P, Smith BL, Baumgarten R, et al.
Human red cell aquaporin CHIP. II. Expression during normal fetal
development and in a novel form of congenital dyserythropoietic
anemia. J Clin Invest 1994 ; 94 : 1050-8.
86 Singleton BK, Fairweather VSS, Lau W,
et al. A novel EKLF mutation in a patient with
dyserythropoietic anemia: The first association of EKLF with
disease in man. Blood 2009 ; 114 : 162 ;
(Abstr).
87 Singleton BK, Burton NM, Green C,
Brady RL, Anstee DJ. Mutations in EKLF/KLF1 form the
molecular basis of the rare blood group In(Lu) phenotype. Blood
2008 ; 112 : 2081-8.
88 Wickramasinghe SN. Congenital Dyserythropoietic Anemia.
In : Wickramasinghe SN, McCullough J, eds. Blood and
Bone Marrow Pathology. Churchill Livingstone, 2003 :
273-82.
89 Brien WF, Mant MJ, Etches WS. Variant
congenital dyserythropoietic anaemia with ringed sideroblasts. Clin
Lab Haematol 1985 ; 7 : 231-7.
90 Pothier B, Morlé L, Alloisio N, et al.
Aberrant pattern of red cell membrane and cytosolic proteins in a
case of congenital dyserythropoietic anaemia. Br J Haematol
1987 ; 66 : 393-400.
91 Ohisalo JJ, Viitala J, Lintula R,
Ruutu T. A new congenital dyserythropoietic anaemia. Br J
Haematol 1988 ; 68 : 111-4.
92 Woessner S, Trujillo M, Florensa L,
Mesa MC, Wickramasinghe SN. Congenital dyserthropoietic
anaemia other than type I to III with a peculiar erythroblastic
morphology. Eur J Haematol 2003 ; 71 : 211-4.
93 Chui D, Oh-Eda M, Liao YF, et al.
Alpha-mannosidase-II deficiency results in dyserythropoiesis and
unveils an alternate pathway in oligosaccharide biosynthesis. Cell
1997 ; 90 : 157-67.
94 Paw BH, Davidson AJ, Zhou Y, et al.
Cell-specific mitotic defect and dyserythropoiesis associated with
erythroid band 3 deficiency. Nat Genet 2003 ; 34 :
59-64.
95 Peters LL, Shivdasani RA, Liu SC, et al.
Anion exchanger 1 (Band 3) is required to prevent erythrocyte
surface loss but not to form the membrane skeleton. Cell
1996 ; 86 : 917-27.
96 Peters LL, Swearingen RA, Andersen SG,
et al. Identification of quantitative trait loci that modify
the severity of hereditary spherocytosis in wan, a new mouse model
of band-3 deficiency. Blood 2004 ; 103 : 3233-40.
|