Accueil > Revues > Médecine > Bulletin du cancer > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Bulletin du Cancer
- Numéro en cours
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Biologie et recherche
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable
  Version PDF

07. Leucémies aiguës : Aspects cliniques


Hématologie. Volume 12, 95-107, Numéro spécial 1 : Congrès de la SFH , Résumés



ARTICLE

Auteur(s) : ARENSEIGNER

07 Leucémies aiguës : Aspects cliniques 07‐01

A Staal‐Viliare * 1 ; V Latger‐Cannard 2 ; JP Rault 3 ; J Didion 1 ; MJ Grégoire 4 ; S Bologna 5 ; B Witz 5 ; P Jonveaux 4 ; T Lecompte 2 ; Y Rio 1

1 Laboratoire d'Hématologie, Groupement des Hôpitaux de Metz, Metz ; 2 Laboratoire d'Hématologie, Centre Hospitalier Universitaire, Nancy ; 3 Laboratoire de Génétique, Groupement des Hôpitaux de Metz, Metz ; 4 Laboratoire de Génétique, Centre Hospitalier Universitaire, Nancy ; 5 Service d'Hématologie, Centre Hospitalier Universitaire, Nancy

Introduction

Nous rapportons l’observation d’un cas de leucémie à basophiles de novo, révélée par une pneumopathie infectieuse chez un homme de 73 ans.

Cas clinique

L’hémogramme initial montre hyperleucocytose, anémie normocytaire, normochrome arégénérative et thrombopénie. L’observation des frottis sanguin et médullaire montre une blastose hétérogène associant basophiloblastes (taille moyenne, cytoplasme basophile caractérisé par des gros grains foncés) et blastes indifférenciés ainsi que la présence de précurseurs basophiles et polynucléaires basophiles. L’ensemble des blastes est myéloperoxydase et estérase négatifs mais sont positifs à la coloration métachromatique du bleu de toluidine (atteste la nature basophile des blastes). L’immunophénotypage montre des cellules CD45faible, de phénotype myéloïde (CD13+, CD33+, CD11c+, CD65‐, CD117‐, MPO‐) sans marqueur d’immaturité. La positivité de l’expression du CD203 cytoplasmique de l’ensemble des blastes, marqueur spécifique de la lignée basophile du stade progéniteur au stade mature, associée à la négativité du CD117 (positif sur les mastocytes), représente un phénotype très évocateur permettant d’affirmer l’origine basophile des blastes granuleux et indifférenciés. L’analyse cytogénétique a révélé le caryotype suivant : 46,XY [2]\46,XY, t(9 ; 22) (q34 ; q11) [4]. La présence du chromosome de Philadelphie a été confirmée par FISH et l’étude moléculaire (RT‐PCR) a révélé un transcrit de fusion BCR‐ABL inhabituel, avec une jonction e6a2.Un traitement par imatinib (dose élevée) associé à une chimiothérapie conventionnelle a permis une rémission médullaire complète.

Conclusion

Cette observation nous est parue intéressante par plusieurs aspects. Il s’agit d’une hémopathie rare qu’il faut savoir reconnaître morphologiquement devant l’aspect des basophiloblastes. A l’immunophénotypage, l’étude combinée du CD117 et du CD203 permet d’affirmer la nature basophile des blastes à la fois indifférenciés et granuleux, tout en éliminant la lignée mastocytaire (CD117+). Cette combinaison innovante permet de conforter le diagnostic sans avoir recours à l’exploration par microscopie électronique et pourrait être proposée quand la cytologie n’est pas évocatrice. En génétique, la jonction e6a2 n’a jamais été décrite à ce jour dans cette hémopathie. La conduite thérapeutique n’est pas codifiée. Dans notre cas, l’introduction de l’imatinib à dose élevée, du fait de la translocation bcr\abl, a permis une stabilisation de la leucocytose.

07‐02

MA Laatiri * 1 ; E Benjazia 2 ; H Ghenaya 1 ; K Zahra 1 ; M Bedoui 1 ; N Braham 3 ; H Sendi 4 ; K Sakly 5 ; A Letaief 2 ; M Kortas 3 ; A Saad 4 ; A Klif 1

1 Service d'Hématologie, CHU Farhat Hached, Sousse, TUNISIE ; 2 Service de Medecine, CHU Farhat Hached, Sousse, TUNISIE ; 3 Laboratoire d'Hématologie, CHU Farhat Hached, Sousse, TUNISIE ; 4 Laboratoire de Cytogénétique, CHU Farhat Hached, Sousse, TUNISIE ; 5 Laboratoire d'Anatomie Pathologique, CHU Farhat Hached, Sousse, TUNISIE

Introduction

Le sarcome granulocytaire peut être isolé ou concomitant à une leucémie aiguë myéloblastique ou monoblastique. Il est encore plus rare au cours de la leucémie aiguë promyélocytaire (LAM3).

Observation

Nous rapportons l'observation d'une fille de 15 ans qui a consulté pour fièvre, asthénie, douleur anale et rectorragie. L'examen rectal a montré la présence d'une tumeur du bas rectum avec une large ulcération et des bourgeons dont la biopsie a conclu à un sarcome granulocytaire. À l'hémogramme il y avait une anémie, une thrombopénie et une blastose circulante. Le myélogramme a permis de conclure à une LAM3. Le caryotype a montré la présence d'une t(15 ; 17) (q22 ; q21). La patiente a été traitée par le protocole AIDA avec ZAVEDOS et Acide Trans rétinoïque avec obtention d'une rémission complète cytologique et cytogénétique et disparition de la tumeur rectale. La patiente a ensuite reçu 3 cures de consolidations et elle est en Rémission complète persistante.

Conclusion

Cette présentation inhabituelle de cette LAM3 incite à insister encore plus sur l'analyse correcte et minutieuse d'un frottis sanguin devant toute tumeur associée à une bi‐ ou une pancytopénie pour faire la diagnostic rapide de la leucémie aiguë et démarrer un traitement adéquat dans les plus brefs délais.

07‐03

MA Laatiri * 1 ; E Gouider 2 ; H Ghenaya 1 ; M Bedoui 1 ; M Zahra 1 ; R Hafsia 2 ; M Kortas 1 ; A Kelif 1

1 Service d'Hématologie, CHU Farhat Hached, Sousse, TUNISIE ; 2 Laboratoire d'Hématologie, Hôpital Aziza Othmana, Tunis, TUNISIE

Introduction

Un tableau osseux fait de douleurs osseuses et\ou de lésions ostéolytiques peut être révélateur d'une leucémie aiguë le plus souvent lymphoblastique plus particulièrement chez l'enfant. Il est plus rarement rapporté au cours des autres types de leucémies aiguës (LA).

Observation

Nous rapportons l'observation d'un enfant de 9 ans qui a consulté pour des sacrocoxalgies bilatérales invalidantes évoluant dans un contexte fébrile et d'altération de l'état général. L'hémogramme fait au début n'a montré qu'une anémie à 9 g\dl normocytaire normochrome. Le bilan radiologique standard a montré des images ostéolytiques multiples au niveau des branches ischiopubiennes prédominantes à gauche. Le bilan étiologique (à la recherche d'une infection ou d'une néoplasie métastatique) était négatif. L'hémogramme a été refait et sur le frottis nous avons pu découvrir des blastes évoquant fortement une LA. Le myélogramme a montré un envahissement massif par des blastes peroxydases négatifs. L'immunophénotypage a conclu à une LA indifférenciée avec négativité des marqueurs lymphoïdes B et T ainsi que myéloïdes. Le caryotype a montré des anomalies complexes touchant les chromosomes 6, 7, 12 et 16. L'enfant a été mis sous corticoïdes (Dexaméthasone 6 mg\m2) avec une amélioration clinique nette et très rapide. Un traitement selon le bras VHR du protocole EORTC 58951 est en cours. L'enfant est en rémission clinique, cytologique et cytogénétique à J36 du protocole.

Conclusion

Les signes osseux, et plus particulièrement les lésions ostéolytiques sont assez évocateurs des leucémies aiguës lymphoblastiques de l'enfant. Toutefois ils peuvent être la circonstance de découverte d'un autre type cytologique d'une leucémie aiguë.

07‐04

MA Laatiri * 1 ; M Bedoui 1 ; E Gouider 2 ; K Zahra 1 ; H Sendi 3 ; R Hafsia 2 ; M Kortas 4 ; A Saad 3 ; A Helif 1

1 Service d'Hématologie, CHU Farhat Hached, Sousse, TUNISIE ; 2 Laboratoire d'Hématologie, Hôpital Aziza Othmana, Tunis, TUNISIE ; 3 Laboratoire de Cytogénétique, CHU Farhat Hached, Sousse, TUNISIE ; 4 Laboratoire d'Hématologie, CHU Farhat Hached, Sousse, TUNISIE

Introduction

La délétion du bras long du chromosome 5 (del 5q) est une anomalie assez fréquente au cours des syndromes myélodysplasiques et récemment individualisée comme entité à part entière. Sa découverte lors d'autres hémopathies est plus rare et moins connue.

Observation

Nous rapportons l'observation d'un enfant de 14 ans qui a consulté pour fièvre, adénopathies de petites tailles et splénomégalie. L'hémogramme a montré des globules blancs à 9700\mm3, hémoglobine à 5 g\dl et plaquettes à 44 000\mm3. Le myélogramme a montré un envahissement par 71 % de blastes d'aspect lymphoïde peroxydase négatifs. L'immunophénotypage fait sur sang périphérique par cytométrie de flux a montré la présence d'une population blastique T avec coexpression des marqueurs myéloïdes CD13 et CD33 et a conclu à une leucémie aiguë biphénotypique. Le caryotype sur cellules médullaires a montré la présence d'un clone majoritaire avec une délétion del (5q). Le patient a été traité par le protocole EORTC 58 951 bras VHR avec obtention d'une rémission complète cytologique et cytogénétique.

Conclusion

Ainsi, la del 5q, anomalie spécifique d'une entité bien particulière parmi les syndromes myélodysplasiques peut parfaitement être associée d'une façon plus rare à des LAM, LAL ou LA biphénotypique.

07‐05

A Trabzi * 1 ; M Saidi 1 ; F Belhadri 1 ; N Nafaa 1 ; R Sahli 1 ; H Belaidi 1 ; F Harieche 1 ; RM Hamladji 1

1 Service d'Hématologie, Centre Pierre Marie Curie Alger ‐ Hématologie, Alger, ALGÉRIE

Introduction

Les leucémies aiguës (LA) biphénotypiques sont une entité bien définie par l’immunophénotypage. Nous rapportons les résultats de notre série.

Patients et méthodes

Cette étude rétrospective concerne 22 patients (pts) présentant une LA Biphénotypique sur une période de 7 ans, de janvier 1997 à décembre 2004. Le diagnostic de LA est posé sur la morphologie (classification FAB), la cytochimie (Peroxydase ou Noir soudan) ; le diagnostic de LA Biphénotypique est établi selon les scores de l’European Group for Immunological classification of Leukemia (EGIL) ; Ce système de score est basé sur le nombre et le degré des marqueurs spécifiques lymphoïdes et myéloïdes exprimés par les blastes.

Résultats

Il s’agit de 22 pts, 12 de sexe masculin et 10 de sexe féminin dont l’âge varie de 10 à 60 ans. Le nombre de LA Biphénotypique est de 4,8 % parmi les 449 pts hospitalisés dans notre service pour LA. Selon la classification FAB, 6 pts étaient classés LAM et 16 pts comme LAL. Parmi ces pts, 6 exprimaient des marqueurs myéloïdes et lymphoïdes de la lignée T et 16 pts des marqueurs myéloïdes et lymphoïdes de la lignée B. Sur le plan clinique, un syndrome hémorragique sévère est retrouvé dans un seul cas, une fièvre isolée dans 6 cas et documentée dans 3 cas ; le syndrome tumoral est présent dans 8 cas, représenté par des adénopathies périphériques dans 4 cas, une splénomégalie dans 6 cas associée à des adénopathies dans 2 cas ; la présence d’adénopathies médiastinales a été retrouvée dans 3 cas. L’hémogramme est caractérisé par une hyperleucocytose > 30 000\mm3 dans 13 cas et > 100 000\mm3 dans 6 cas ; la thrombopénie sévère n’a été retrouvée que dans un seul cas. Les pts ont reçu une chimiothérapie selon la classification FAB. La rémission complète a été obtenue dans 11 cas (50 %), 4 pts (18 %) sont décédés de complications infectieuses, l’échec thérapeutique a été noté dans 6 cas (27 %).

Conclusion

L’apport de l’immunophénotypage a permis de faire le diagnostic de cette entité ; le taux d’échec pourrait s’expliquer par des facteurs cytogénétiques de mauvais pronostic qui n’ont pas été recherchés chez nos patients.

07‐06

P Chevallier 1 ; A Clavert 1 ; V Rolland 1 ; B Mahé 1 ; P Moreau 1 ; JL Harousseau 1

1 Service d'Hématologie, Centre Hospitalier Universitaire, Nantes

Contexte

Le pronostic des patients atteints de leucémie aiguë myéloblastique (LAM) en rechute ou réfractaire reste péjoratif. Nous avons montré récemment chez 17 patients que l’association d’une chimiothérapie par mitoxantrone et aracytine à dose intermédiaire et d’une immunothérapie par Anticorps antiCD33 (Mylotarg) (protocole MIDAM) permettait un taux de seconde rémission (RC + RCp) de 76 % avec une tolérance correcte (Chevallier et al, Leukemia Research, 2005). Nous présentons ici une mise à jour de notre étude sur une série portant sur 35 malades, traités entre février 2001 et décembre 2005.

Patients et méthodes

Le protocole MIDAM associe : Aracytine 1 g\m²\12h IV sur 2 heures J1 à J5, Mitoxantrone 12 mg\m²\jour IV sur 30 mns J1 à J3 et Mylotarg 9 mg\m² IV sur 2 heures J4. Caractéristiques des patients : hommes n ∓ 20, femmes n ∓ 15 ; Âge médian 55 ans (écart : 20‐68) ; patients en rechute n ∓ 23, réfractaires n ∓ 12 ; classification FAB : LAM0 n ∓ 2, LAM1 n ∓ 11, LAM2 n ∓ 12, LAM3 n ∓ 1, LAM4 n ∓ 4 ; LAM5 n ∓ 2 ; LAM6 n ∓ 1, LAM7 n ∓ 2 ; cytogénétique : groupe de bon pronostic n ∓ 2, intermédiaire n ∓ 24, mauvais n ∓ 8, non renseigné n ∓ 1 ; % médian de blastes CD33 + : 99 % (écart : 54‐100), Ratio d’intensité médian : 15 (écart : 2‐184). Les données ont été analysées au 31 décembre 2005.

Résultats

La réponse globale est de 65,5 % avec 48,5 % de RC (n ∓ 17) et 17 % de RCp (n ∓ 6). Décès toxiques n ∓ 3 ; Échecs n ∓ 9 dont 6 patients réfractaires (66,6 %). 74 % des patients en rechute (RC n ∓ 12, RCp n ∓ 5), 50 % des patients réfractaire (RC n ∓ 5, RCp n ∓ 1) et 50 % des patients avec une cytogénétique de mauvais pronostic ont obtenu une réponse. Une seule MVO a été observée. DFS : 5 mois (écart 1‐52,5), OS : 6.5 mois (12 jours‐54,5 mois). OS pour les patients en réponse : 9 mois (écart : 1‐54.5). 24 patients (68,5 %) sont décédés : 19 de progression, 1 de GVH aiguë, 2 d'infection (choc septique à pyocyanique et a E. Coli), 1 de MVO et 1 de défaillance multiviscérale. 11 patients sont vivants dont 1 en rechute avec une médiane de survie de 10 mois (écart 1‐52,5). Tous ont reçu une consolidation (n ∓ 8 ; maxiallo n ∓ 1 ; miniallo n ∓ 3, chimiothérapie d’entretien n ∓ 4) ou sont en attente de consolidation après MIDAM (n ∓ 3).

Conclusion

Cette actualisation confirme l’intérêt du protocole MIDAM chez les patients présentant une LAM en rechute ou réfractaire avec un taux de seconde rémission complète élevé. De nouvelles approches thérapeutiques doivent être envisagées pour consolider et prolonger la réponse chez ces patients.

07‐07

M Mdhaffar * 1 ; M Elloumi 1 ; H Bouaziz 1 ; S Mseddi 1 ; H Bellaaj 1 ; O Kassar 1 ; T Souissi 1

1 Service d'Hématologie, Hôpital Hédi Chaker, Sfax, TUNISIE

Introduction

La leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) est le cancer le plus fréquent de l’enfant. Nous décrivons dans ce travail les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et biologiques d’une série de LAL de l’enfant de moins de 16 ans.

Patients et méthodes

Notre étude, rétrospective, concerne 135 cas de LAL de l’enfant suivis au service d’hématologie de Sfax entre 1990 et 2005 (les LAL de type Burkitt ont été exclues). Pour chaque patient nous avons étudié l’âge au diagnostic, le sexe, le syndrome tumoral, l’existence d’une atteinte neuroméningée, les données de l’hémogramme, du myélogramme, de la cytogénétique et de l’immunophénotypage.

Résultats

Il s’agit de 78 garçons et 57 filles (sexe ratio : 1.37). La médiane d’âge est de 8 ans. Un syndrome tumoral a été noté dans 86 % des cas : adénopathie dans 62 % des cas, splénomégalie dans 60 % des cas et hépatomégalie dans 42 % des cas. Des douleurs ossues et une atteinte méningée ont été observées dans respectivement 13 et 14 % des cas. Une leucopénie et une hyperleucocytose (GB ≥ 50 G\L) ont été observées respectivement dans 18 et 37 % des cas. Les LAL étaient de type 1, selon la classification F.A.B, dans 85 % des cas. Le phénotype n’était disponible que pour 63 LAL, il était de type B dans 60 % des cas. Un caryotype oncologique conventionnel a été réalisé pour 61 enfants, il était normal dans 52 % des cas, une hyperdiploïdie (> 50 chromosomes) a été observée dans 7 cas (11 %), une t(9,22) et une anomalie 11q23 ont été observées chacune dans 2 cas.

Discussion

Les particularités épidémiologiques de nos malades rejoignent celles de la littérature. Dans notre série nous avons noté un peu plus de syndrome tumoral, une fréquence du phénotype T par rapport à la littérature. Il n’y avait pas de différence concernant les atteintes osseuses et neuroméningées, le taux de GB et le type cytologique (F.A.B). Nous avons noté moins de caryotype favorable (hyperdiploïdie) dans notre série.

Conclusion

L’importance du syndrome tumoral au diagnostic, la fréquence du phénotype T et la précarité du caryotype favorable laissent penser à une leucémogenèse différente sous nos climats, expliquant probablement en partie les moins bons résultats obtenus pour nos malades par rapport aux séries occidentales.

07‐08

H Bouaziz 1 ; M Elloumi * 1 ; M Elloumi 1 ; F Mahjoubi 1 ; S Mseddi 1 ; H Bellaaj 1 ; M Mdhaffar 1 ; A Hammemi 2 ; T Souissi 3

1 Service d'Hématologie, Hôpital Hédi Chaker, Sfax, TUNISIE ; 2 Laboratoire Microbiologie, CHU H. Bourguiba, Sfax, TUNISIE ; 3 Service d'Hématologie, CHU H. Bourguiba, Sfax, TUNISIE

Introduction

L’intensification des protocoles thérapeutiques chez les malades d’hématologie a amélioré les taux de guérison aux prix de nombreuses complications infectieuses chez des patients déjà fragilisés. La septicémie à Klebsiella pneumoniae (K pneumoniae) constitue chez ces patients une complication redoutable.

Patients et méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective portant sur 37 cas de septicémies à K pneumoniae colligés dans le service d’hématologie de Sfax entre 1995 et 2002. La septicémie a été retenue devant au moins une hémoculture positive à ce germe. Aucun malade n’a subi une décontamination digestive par des antibiotiques non absorbables et tous nos patients avaient une voie d’abord périphérique. Nous analysons les caractères épidémiologiques, cliniques, les phénotypes, la sensibilité aux antibiotiques de ces bactéries de même que l’efficacité thérapeutique.

Résultats

Vingt‐deux patients parmi 37 soit(59 %) ont été hospitalisés pour une leucémie aiguë. La fréquence moyenne de septicémie à K pneumoniae\ans est de 4,6. Cette fréquence est plus accentuée les deux dernières années de l’étude en 2001 et 2002 avec des fréquences dans respectivement 22 et 35 cas\ans. Une neutropénie profonde (polynucléaires neutrophiles inférieurs à 500\mm3) a été trouvée dans 95 % des cas. Ces septicémies ont été nosocomiales dans 89 % des cas. Les septicémies ont été déclarées par une fièvre isolée dans 30 % des cas, un foyer digestif était présent dans 49 % des cas et pulmonaire dans 19 % des cas. Les taux de sensibilité des K pneumoniae vis‐à‐vis des principaux antibiotiques sont de 51 % pour les céphalosporines de troisième génération, 59 % pour l’amikacine, 83 % pour l’ofloxacine et 100 % pour l’imipénème. L’évolution a été fatale dans 32 % des cas.

Conclusion

Les septicémies à K pneumoniae restent de pronostic sombre chez les patients neutropéniques. Un diagnostic précoce et une utilisation rapide d’une association d’antibiotiques efficace sur ce germe sont indispensables pour améliorer l’évolution de ce type d’infection. Les faibles taux de sensibilité aux céphalosporines de troisième génération et à l’amikacine pourraient être dus à la circulation d’une souche épidémique.

07‐09

M Mdhaffar * 1 ; M Elloumi 1 ; H Bouaziz 1 ; S Mseddi 1 ; H Bellaaj 1 ; O Kassar 1 ; T Souissi 1

1 Service d'Hématologie, Hôpital Hédi Chaker, Sfax, TUNISIE

Introduction

La E. coli‐Asapraginase (E. coli‐aspa) est un médicament crucial dans le traitement des leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL) de l’enfant, mais beaucoup de débats persistent concernant la formulation et le dosage optimaux. À travers une série de 54 cas de LAL de l’enfant traités selon le protocole EORTC‐58951 nous essayons d’évaluer la toxicité du traitement par E‐coli‐aspa.

Patients et méthodes

Notre étude, rétrospective, concerne 54 cas de LAL de l’enfants de moins de 16 ans traités selon le protocole EORTC et répartis en 4 groupes de risque : Risque faible (RF), Risque moyen 1 (RM1), Risque moyen 2 (RM2) et Risque élevé (RE). La E. coli‐aspa est administrée à la dose de 10 000 U\m2\j tous les 3 jours pour la cure IA (8 injections) et pour la cure IIA (4 injections), tous les jours pour la cure IB’ (15 injections) et tous les 2 jours pour la cure VANDA (4 injections) selon le groupe de risque. La E. coli‐aspa est administrée à la dose de 25 000 U\m2\j lors du traitement d’entretien, tous les mois pour le RE et tous les 2 mois pour le RM2. Le bilan pré‐asparaginase (Glycémie, amylasémie, amylasurie, bilan hépatique, protidémie et fibrinémie) a été réalisé avant chaque nouvelle injection. Une surveillance clinique au moment et après chaque injection de E. coli‐aspa a été assurée.

Résultats

La répartition des groupes de risque était comme suit : RF : 1 cas, RM1 : 20 cas, RM2 : 21 cas et RE : 12 cas. Parmi les 1072 injections de E. coli‐aspa prévues, seules 747 ont pu être effectuées donnant une fréquence globale d’administration de 70 %. Une allergie grave a été noté dans 8 cas (choc anaphylactique : 5 cas, œdème de Quincke : 3 cas) imposant l’arrêt définitif de l’administration. Une cytolyse hépatique supérieure à 10 fois la normale a été notée à 4 reprise, elle était spontanément réversible. Une pancréatite biologique a été notée chez 4 patients. Une hypoprotidémie (< 50 g\l) a été notée à 5 reprises. Un diabète a été observé chez 3 patients nécessitant une insulinothérapie. Une hypofibrinémie (< 1 g\l) a été notée à 43 reprises. Deux cas de thrombophlébite cérébrale ont été enregistrés dont l’un était fatal.

Conclusion

La E. coli‐aspa reste une drogue relativement bien tolérée. Cependant certaines complications sont graves : La survenue d’une allergie grave (œdème de Quincke, choc anaphylactique) impose l’arrêt définitif de la E. coli‐aspa. La survenue d’une thrombophlébite cérébrale, expliquée en partie par la baisse de l’antithrombine, peut compromettre le pronostic vital.

07‐10

E Corre * 1 ; C Marzac 2 ; C Salanoubat 1 ; O Calendini 2 ; Z Marjanovic 1 ; J Perrot 2 ; B Rio 1 ; F Viguié 1 ; JP Marie 1 ; O Legrand 1

1 Service d'Hématologie, Hôtel‐Dieu de Paris, Paris ; 2 Laboratoire d'Hématologie, Hôtel‐Dieu de Paris, Paris

Introduction

Le traitement des LAM chez les sujets âgés reste décevant. Même si l'intérêt d'un traitement d'induction a été prouvé, aucun bénéfice clair n'a été attribué aux traitements de post induction.

Le but de cette étude est de déterminer si un traitement de consolidation ou d'entretien peut améliorer ou non le pronostic.

Résultats

Nous avons étudié 141 patients âgés de 60 ans ou plus présentant une LAM, en RC1 après un traitement d'induction. L'âge, la leucocytose, le statut de la Pgp et la cytogénétique ont été évalués pour chaque patient. Nous avons réparti les patients en quatre groupes selon leur âge (70 ans ou plus, moins de 70 ans) et leur leucocytose (supérieure ou égale à 30 × 10 9\l, inférieure à 30 × 10 9\l). Le traitement de consolidation améliore le pronostic chez les patients de moins de 70 ans et avec une leucocytose inférieure à 30 × 10 9\l, et dans une moindre mesure dans le groupe de patients de moins de 70 ans avec une leucocytose supérieure ou égale à 30x10 9\l. Au contraire, le traitement de consolidation est associé à un plus mauvais pronostic chez les patients de 70 ans ou plus avec une leucocytose inférieure ou égale à 30 × 10 9\l. Le traitement d'entretien améliore le pronostic uniquement chez les patients de 70 ans ou plus avec une leucocytose inférieure à 30 × 10 9\l. Le pronostic globalement sombre pour les patients présentant une Pgp fonctionnelle, un caryotype de mauvais pronostic ou chez les patients avec à la fois un âge de 70 ans ou plus et une leucocytose supérieure ou égale à 30 × 10 9\l souligne l'importance de nouveaux traitements.

Conclusion

En conclusion, nous recommandons un traitement d'entretien sans consolidation pour les patients de 70 ans ou plus avec une leucocytose inférieure à 30 × 10 9\l. Pour les patients de moins de 70 ans, nous préconisons une consolidation avec un traitement d'entretien seulement pour les patients présentant une leucocytose supérieure ou égale à 30 × 10 9\l.

07‐11

F Isnard * 1 ; JP Laporte 1 ; A Pigneux 2 ; P Chevallier 3 ; P Tilleul 4 ; A Lafuma 5 ; A Duvivier 6 ; L Mahi 7 ; G Guillerm 8 ; A Vekhoff 9 ; M Alexis 10 ; G Deray 11

1 Service d'Hématologie, Hôpital Saint‐Antoine, Paris ; 2 Service d'Hématologie, Centre Hospitalier Universitaire, Bordeaux ; 3 Service d'Hématologie, Hôtel‐Dieu, Nantes ; 4 Pharmacie, Hôpital Saint‐Antoine, Paris ; 5 Cemka Eval, Bourg la Reine ; 6 Gilead Sciences, Paris ; 7 Gilead Sciences, Paris ; 8 Service d'Hématologie, Hôpital Morvan, Brest ; 9 Service d'Hématologie, Hôtel‐Dieu, Paris ; 10 Service d'Hémato‐Oncologie, Hôpital de la Source, Orléans ; 11 Néphrologie, Hôpital Pitié‐Salpêtrière, Paris

Objectif

La néphrotoxicité de l'amphotéricine B (ampho B) désoxycholate a une incidence documentée sur la morbimortalité des patients. Pourtant son utilisation reste d'actualité pour des raisons économiques. Aucun consensus n'est défini sur un seuil optimal de relais vers l'ampho. B liposomale en vue d'éviter l'aggravation de l'atteinte rénale ; l'objectif de cet essai est d'évaluer le bénéfice d'un relais précoce

Patients et méthodes

Dans cet essai multicentrique randomisé, un traitement empirique par ampho. B désoxycholate 1 mg\kg\j est initié (V0) chez des patients en phase d'induction ou de consolidation d'une leucémie aiguë en cas de neutropénie fébrile sous antibiotiques. Dès l'apparition d'une néphrotoxicité modérée définie par une élévation de la créatinine de 30 %, ces patients sont randomisés (V1) entre relais par ampho. B liposomale (bras ABL) à 3 mg\kg\j ou poursuite du traitement initial (bras ABd). En cas d'aggravation de la néphrotoxicité avec doublement du taux de créatinine ou pic à 170 μmol\l, les patients reçoivent systématiquement l' ampho. B liposomale jusqu'à la fin du traitement (V2).

Résultats

De septembre 2003 à juillet 2005 31 patients d'âge médian 53 ans ont été inclus : 16 dans le bras ABL et 15 dans le bras ABd. La durée moyenne du traitement empirique initial par ampho. B désoxycholate est de 4,9 J au cours duquel l'élévation moyenne de la créatinine est de 64 %. Après randomisation, la durée moyenne du traitement empirique est de 10 jours ; 9 des 15 patients du bras ampho. B désoxycholate ont doublé leur créatinine et ont reçu secondairement l'ampho. B liposomale. L'évolution de la néphrotoxicité est significativement meilleure dans le bras traité par ampho. B liposomale avec une diminution significative de la créatinine (% moyen) dans le bras ABL (‐2.3 %) versus le bras ABd (+ 16.2 %)

(p ∓ 0.05) ; de même l'évolution de la clairance de la créatinine (% moyen) est significativement meilleure dans le bras L‐AmB (+ 3.7 %) versus AmBd (‐10.3 %) (p ∓ 0.03).

Conclusion

Cette étude démontre qu'en cas d'apparition d'une néphrotoxicité modérée sous traitement empirique par ampho. B désoxycholate la poursuite du traitement aggrave dans plus de la moitié des cas l'atteinte rénale alors qu'un relais précoce par la forme liposomale l'améliore de façon significative, préservant ainsi le capital rénal de ces patients.

07‐12

M Zarrouk * 1 ; M Zarrouk 2 ; R.Jeddi, L.Aissaoui, RBen Lakhal, H. Ben Abid, Z. Belhadj ALI, B. Meddeb

1 Service d'Hépatologie, Hôpital Aziza Othmana Tunis ‐ Hématologie, Tunis, TUNISIE ; 2 Service d'Hématologie, Hôpital Aziza Othmana Tunis ‐ Hématologie, Tunis, TUNISIE

Introduction

L’infection du périnée fait partie des localisations infectieuses les plus redoutables survenant au cours des neutropénies fébriles (NF). Son évolution est le plus souvent fatale par la survenue d’un choc septique.

Patients et méthodes

Nous rapportons huit épisodes d’infection du périnée survenus chez 7 malades suivis et traités pour leucémie aiguë myéloblastique 3 et lymphoblastique 4 entre juillet 2003 et novembre 2005 au service d’hématologie de l’hôpital AZIZA OTHMANA de TUNIS. Nous avons essayé de dégager le profil clinique, bactériologique et évolutif de cette infection.

Résultats

Il s’agit de 7 patients ; 5 femmes et 2 hommes avec un âge moyen de 44 ans. L’infection périnéale est survenue entre J11 et J20 de la chimiothérapie (PNN < 500\mm3). Chez tous les patients la lésion cutanée était initialement érythémateuse et a évolué rapidement vers une cellulite du siège. Une patiente a présenté deux épisodes de cellulite, un premier épisode lors du traitement d’induction, un deuxième lors du traitement de consolidation. Une ATB à large spectre a été administrée chez tous les patients dès l’apparition des lésions cutanées avec ou sans fièvre et avant le résultat des prélèvements microbiologiques.

Discussion

La documentation microbiologique a montré 3 particularités : une prédominance des BGN, un prélèvement polymicrobien dans 3 épisodes et un profil particulier de résistance (une résistance accrue aux antibiotiques). L’évolution était fatale chez 3 patients par la survenue d’un choc septique irrécupérable (2 patients avaient un pseudomonas multirésistant au prélèvement cutané).

Conclusion

L’infection du périnée est rare chez le neutropénique. Elle est très grave du fait de l’extension rapide vers la cellulite du siège, de la nature des germes isolés et de leur profil de résistance accrue aux antibiotiques. L’évolution rapide vers un choc septique avec un risque de décès impose un examen quotidien du périnée et l’utilisation précoce d’une antibiothérapie à large spectre visant les BGN.

07‐13

D Bouscary * 1 ; V Bardet 2 ; L Da Costa 3 ; C Elie 4 ; C Demur 5 ; N Ifrah 6 ; F Dreyfus 1 ; P Mayeux 7 ; C Lacombe 2 ; AL Bennaceur 3 ; O Bernard 8 ; C Récher 9

1 Service d'Hématologie, Groupe Hospitalier Cochin ‐ St Vincent de Paul ‐ La Roche Guyon, Paris ; 2 Laboratoire d'Hématologie, Groupe Hospitalier Cochin ‐ St Vincent de Paul ‐ La Roche Guyon, Paris ; 3 Laboratoire d'Hématologie, Institut Gustave Roussy, Villejuif ; 4 Service d'Informatique Médicale et de Biostatistique, Groupe Hospitalier Cochin ‐ St Vincent de Paul ‐ La Roche Guyon, Paris ; 5 Laboratoire d'Hématologie, Hôpital de Purpan, Toulouse ; 6 Service d'Hématologie, Centre Hospitalier Universitaire, Angers ; 7 Département d'Hématologie, Unité Inserm U567, Paris ; 8 Irnem, E0210 ‐ Inserm, Paris ; 9 Service d'Hématologie, Hôpital de Purpan, Toulouse

Rationnel

Des mutations hétérozygotes du gène codant pour la protéine NPM, localisées dans l’exon 12, ont été récemment décrites dans les LAM à cytogénétique normale (LAM‐CN), conduisant à une délocalisation cytoplasmique de la protéine. La détermination du rôle pronostique de ces mutations dans ce groupe cytogénétique est essentielle.

Patients et méthodes

Les mutations de NPM ont été étudiées par la technique de Genescan chez 110 patients avec LAM‐CN. Chez 27 patients, la localisation subcellulaire de la protéine NPM a été étudiée en immunofluorescence sur des frottis médullaires. Parmi les 110 patients, 41 ont été traités dans le LAM2001 du GOELAMS, 34 dans l’essai BGMT95 SJ, 35 dans l’essai BGMT95 SA.

Résultats

Des mutations de NPM sont observées dans 46 % des cas, plus fréquemment chez les femmes (p ∓ 0.002). Chez les 27 patients testés en IF, une corrélation parfaite avec l’analyse en GS est retrouvée. Aucune différence entre le groupe de patients mutés (NPM‐mut) et non‐mutés (NPM‐nonmut) n’est identifiée pour la leucocytose ou le groupe FAB. L’expression de l’antigène CD34 est plus faible chez les patients NPM‐mut(p < 0.001). L’incidence de FLT3‐ITD est identique pour les deux groupes (p ∓ 0.34). Aucune différence statistique n’est observée pour la RC (p ∓ 0.93), la survie globale (p ∓ 0.29), l’EFS (p ∓ 0.23) or la RFS (p ∓ 0.17). Cependant, le statut mutationnel de NPM a un effet pronostique chez les patients non‐allogreffés (médiane non obtenue pour les NPM‐mut versus 24.4 mois pour les NPM‐nonmut) (p ∓ 0.04). L’allogreffe améliore significativement la survie des patients NPM‐nonmut. Les patients NPM‐nonmut et non‐allogreffés ont une survie mauvaise, comparée à celle des autres patients (p ∓ 0.02). À l’inverse, l’allogreffe ne semble pas apporter de bénéfice aux patients NPM‐mut.

Conclusion

a\Les mutations de NPM sont fréquentes dans les LAM‐CN, b\La détection de la localisation cytoplasmique de NPM en IF est une méthode diagnostique rapide, corrélée à l’analyse mutationnelle en GS, c\L’allogreffe en 1re RC pourrait ne bénéficier qu’aux patients NPM‐nonmut.

07‐14

F Huguet * 1 ; A Pigneux 2 ; X Thomas 3 ; K Beldjord 4 ; A Buzyn 5 ; F Garban 6 ; JP Vernant 7 ; V Lheritier 3 ; MC Bene 8 ; N Ifrah 9 ; E Macintyre 4 ; H Dombret 10 ; GRAALL

1 Service d'Hématologie, Centre Hospitalier régional et Universitaire, Toulouse ; 2 Service d'Hématologie, Hôpital Haut‐Lévêque, Bordeaux ; 3 Service d'Hématologie, Groupement Hospitalier Édouard Herriot, Lyon ; 4 Laboratoire d'Hématologie, Groupe Hospitalier Necker ‐ Enfants malades, Paris ; 5 Service d'Hématologie, Groupe Hospitalier Necker ‐ Enfants malades, Paris ; 6 Service d'Hématologie, Centre Hospitalier Universitaire, Grenoble ; 7 Service d'Hématologie, Groupe Hospitalier Pitié‐Salpétrière, Paris ; 8 Laboratoire d'Hématologie, Centre Hospitalier Universitaire, Nancy ; 9 Service d'Hématologie, Centre Hospitalier Universitaire, Angers ; 10 Service d'Hématologie, Hôpital Saint‐Louis, Paris

Objectif

Les objectifs du protocole GRAALL 03 des LAL PH‐nég de l'Adulte (15‐59 ans) sont : évaluer la faisabilité en temps réel et en situation multicentrique du recueil de différents facteurs de risque (FDR) stratifiant les options thérapeutiques ; préciser l'intérêt respectif des FDR classiques et de l'évaluation moléculaire de la maladie résiduelle (MDR) validée chez l'enfant ; apprécier la tolérance et l'efficacité d'un schéma thérapeutique d'inspiration pédiatrique.

Patients et méthodes

FDR : 1) au diagnostic (DG)  : GB > 30 g\l si LAL B ; atteinte du SNC ; fusions MLL‐AF4 ou E2A‐PBX ; haplo\paratriploïdie ; 2) réponse précoce (RP) : corticorésistance (CsR) après la préphase (blastes sanguins > 1G\l) ; chimiorésistance (CR) à J8 de l'induction (blastes médullaires > 5 %) ; les patients (pts) CsR et\ou CR reçoivent à J15 un renforcement de l'induction par Cyclophosphamide à forte dose (hyperC) ; 3) réponse à l'induction (RI) : absence de RC ou persistance d'une MRD > 10‐2 à J28. Les pts ayant au moins un FDR DG, RP ou RI, sont si possible allogreffés ; les autres reçoivent consolidation, intensification précoce, entretien.

Résultats

Cette analyse intermédiaire porte sur 144 pts (m âge 31 ans ; T 48\B 96 ; SNC + 8 ; MLL‐AF4 12 ; E2A‐PBX 5 ; m suivi 12 mois). 127 pts (88 %) sont en RC à l'issue de l'induction, 130 (91 %) après rattrapage (T 98 % versus B 83 %, p ∓ 0.01 ; induction standard 95 % versus renforcée 87 %, p 0.15). On dénombre 11 décès précoces (8 %), associés à l'âge > 40 ans, mais pas à l'intensité de l'induction ; 13 rechutes ; 6 décès en RC. La DFS à 18 mois est estimée à 65 %, la survie à 74 % (T 93 %, B 66 %, p 0.04). Pour les FDR : 1) DG : 41\144 pts (28 %) : âge plus élevé ; DFS plus courte (p 0.04) malgré un taux de RC analogue ; 2) RP : 74\143 pts évaluables (52 %) sont CsR (T42 % versus B 19 %, p 0.005) et\ou CR, sans corrélation avec l'âge, ni les facteurs DG. Avec cette induction renforcée, une mauvaise RP ne prédit pas un moindre taux de RC (93 % versus 90 %) ni une moindre DFS (p 0.59) ; 3) RI : 10\70 pts testés ont une MRD +, dont 2 avaient des FDR DG, 8 une mauvaise RP. Au total, 97\144 pts (67 %) ont au moins 1 FDR.

Conclusion

1)les critères de RP n'étant pas corrélés aux FDR DG, leur impact mérite d'être évalué dans de futurs protocoles ; 2) l'évaluation morphologique de la RP (CsR\CR) est corrélée à l'évaluation moléculaire de la MRD, qui n'a donc pas contribué aux options thérapeutiques dans ce schéma ; 3) le renforcement de l'induction par hyperC est prometteur et sera testé de manière randomisée dans le protocole GRAALL 06.

07‐15

N Bensalah 1 ; E Gouider 1 ; R Benlakhal 2 ; S Hdiji 3 ; A Laatiri 4 ; B Meddeb 2 ; T Souissi 3 ; A Khelif 4 ; R Hafsia 1

1 Service d'Hématologie Biologique, Aziza Othmana, Tunis, TUNISIE ; 2 Service d'Hématologie, Aziza Othmana, Tunis, TUNISIE ; 3 Service d'Hématologie, Hôpital Hédi Chaker, Sfax, TUNISIE ; 4 Service d'Hématologie, CHU Farhat Hached, Sousse, TUNISIE

Contexte

La leucémie aiguë biphénotypique (LAB) est une forme rare de leucémie aiguë (2 % des LA). Son diagnostic repose sur l’immunophénotypage des blastes. On se propose dans ce travail de rapporter les particularités cytologiques et immunophénotypiques de trois cas de LAB diagnostiqués au laboratoire d’hématologie de l’Hôpital Aziza Othmana de Tunis avec une revue de la littérature.

Patients et méthodes

Les trois patients sont de sexe masculin, âgés respectivement de 13, 22 et 24 ans. L’examen cytologique des blastes est réalisé après une coloration au MGG. Le typage des blastes est effectué après incubation avec des anticorps monoclonaux marqués avec des fluorochromes différents, puis lyse des globules rouges et lecture en cytométrie de flux (XL MCL COULTER®).

Résultats

Dans les trois cas, l’examen cytologique de la moelle osseuse a objectivé une blastose d’aspect lymphoblastique. L’immunophénotypage des blastes a révélé la positivité des marqueurs lymphoïdes T (ly T) avec un score ly T > 2, et des marqueurs myéloïdes (my) avec un score my > 2 permettant de retenir le diagnostic de LAB selon les critères de l’EGIL.

Conclusion

Ces observations illustrent l’apport de la cytométrie de flux dans le diagnostic précis des leucémies aiguës.

07‐16

M Saïdi 1 ; A Trabzi 1 ; F Belhadri 1 ; F Harieche 1 ; S Gouda 1 ; R Bekri 1 ; K Kouidri 1 ; RM Hamladji 1

1 Service d'Hématologie et Greffe de Moelle, Centre Pierre et Marie Curie, Alger, ALGÉRIE

Introduction

La leucémie aiguë promyélocytaire (LAP) est une forme rare de leucémie aiguë myéloblastique (5 à 10 %). Nous rapportons ses caractères singuliers cliniques, biologiques ainsi que son pronostic favorablement bouleversé par l’ATRA.

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude retroprospective qui concerne 36 patients (pts) présentant une LAP diagnostiquée sur une période de 10 ans (1995 à 2004).

Parmis eux 23 sont de sexe féminin et 13 masculin (H\F : 0,56), leur âge varie de 11 à 73 ans (7 ont moins de 20 ans).

Le diagnostic fut posé dans la majorité des cas par l’étude morphologique des frottis sanguins et médullaires (classification du FAB).

En plus du traitement symptomatique dont tous les pts ont bénéficié, le traitement spécifique a comporté une induction par chimiothérapie (CT) seule (DNR + ARA C) à doses progressives a concerné 16pts ; CT + ATRA pour 13 patients.

Le pt âgé de 73 ans a reçu ATRA seule sans CT en consolidation.

Résultats

Une patiente avait été traitée pour cancer du sein 5 ans auparavant(LAP secondaire).

Sur le plan clinique : un syndrome hémorragique est retrouvé chez 31 pts dont 6 présentaient d’emblée un tableau grave : hémorragies cérébroméningées. Le syndrome tumoral est absent dans tous les cas.

L’hémogramme objectiva une leucopénie dans 16 cas (47 %), une hyperleucocytose (supérieure à 10 000\mm3) dans 13 cas (36 %). Une thrombopénie inférieure à 50 000\mm3 dans 31 cas (88 %).

La recherche d’une CIVD a été positive chez 14 pts (41 %).

Sur le plan évolutif, 5 pts sont décédés avant traitement d’hémorragies cérébrales et 6 en induction et ce avant l’introduction de l’ATRA dans nos protocoles. C’est ainsi que 25 pts ont pu être évalué.

Une rémission complète (RC) est obtenue chez 9 pts ayant reçu CT, et 2 échecs. Trois des pts en RC ont rechuté.

Des 13 pts traités par CT + ATRA, 1 est décédé d’infection, une RC est obtenue chez tous les autres : taux de RC : 92 %.

Conclusion

Notre série de LAP reflète encore une fois le caractère favorable de cette entité. Ceci est bien représenté par les différences en terme de RC, échecs et rechutes avant et après ATRA.

07‐17

L Aissaoui * 1 ; R Jeddi 1 ; R B Lakhal 1 ; K Kacem 1 ; Z Bel Hadj Ali 1 ; H B Abid 1 ; B Meddeb 1

1 Service d'Hématologie, Aziza Othmana, Tunis, TUNISIE

Introduction

La survenue d’une hémorragie itnra‐alvéolaire par fuite capillaire liée à l’ATRA est rare. Son diagnostic est suspecté devant des signes cliniques et morphologiques de présomption, et confirmé par l’histologie.

Observation

Mme AR, 27 ans, hospitalisée au service d’hématologie de l’hôpital Aziza Othmana pour une LAM3 hyperleucotcytaire et tumorale avec CIVD, traitée selon le protocole APL 93 groupe C.

– 

— à J7de chimio, normalisation du bilan d’hémostase et stabilité du syndrome hémorragique.

– 

— à J15 installation brutale d’une détresse respiratoire avec hémoptysie, RxThorax : infiltrats alvéolaires bilatéraux, TDM thoracique : hémorragie intra‐alvéolaire bilatérale. Bilan d’hémostase correct. La malade a reçu un bolus de Solumédrol puis transférée en réanimation où elle a été intubée et ventilée. Malade décédée à J20 CT.



Discussion

Les complications pulmonaires entrant dans le cadre de l’ATRA syndrome peuvent être de 4 types :

– 

— Un épanchement pleural ou une hémorragie intra‐alvéolaire diffuse (rare)

– 

— Une infiltration pulmonaire par des neutrophiles (Sd de Sweet)

– 

— Une leucostase pulmonaire

– 

— Un pneumothorax

Dans cette observation, en l’absence d’une preuve histologique, l’hémorragie intra‐alvéolaire secondaire à un ATRA syndrome est retenue devant : ‐ Le moment de la survenue de cette hémorragie (J15 ATRA)

– 

— Le caractère isolé de cette hémorragie apparue après la correction de la CIVD

– 

— L’absence d’ATCD personnels (vascularite systémique, collagénose)

L’évolution a été fatale malgré l’instauration rapide d’une corticothérapie à forte dose qui n’a malheureusement, pas été maintenue au service de réanimation.

Conclusion

L’hémorragie intra‐alvéolaire diffuse au cours d’un ATRA syndrome est grave. Son diagnostic est facile à faire devant des signes de présomption. Le traitement repose sur une corticothérapie à forte dose les 1res heures associée à une ventilation assistée, cependant l’évolution peut être fatale.

07‐18

A de Labarthe* 1 ; P Rousselot* 2 ; F Huguet‐Rigal 3 ; E Delabesse 4 ; F Witz 5 ; A Delannoy 6 ; A Pigneux 7 ; Y  Chalandon 8 ; E Macintyre 4 ; X Thomas 9 ; N Ifrah 10 ; H Dombret * 1 ; pour le GRAALL (intergroupe LALA‐GOELAMS‐SAKK) ; *contribution équivalente des 2 auteurs.

1 Service d'Hématologie, Hôpital Saint‐Louis, Paris ; 2 Service d'Hématologie, Centre Hospitalier, Versailles ; 3 Service d'Hématologie, Hôpital de Purpan, Toulouse ; 4 Laboratoire d'Hématologie, Groupe Hospitalier Necker ‐ Enfants malades, Paris ; 5 Service d'Hématologie, Hôpitaux de Brabois, Nancy ; 6 Service d'Hématologie, Cliniques Universitaires St Luc, Bruxelles, BELGIQUE ; 7 Service d'Hématologie, Hôpital Haut‐Lévêque, Bordeaux ; 8 Service d'Hématologie, Hôpital Cantonal Universitaire de Genève, Genève, SUISSE ; 9 Service d'Hématologie, Hôpital Édouard Herriot, Lyon ; 10 Service d'Hématologie, Centre Hospitalier Universitaire, Angers

Contexte

L’adjonction d’imatinib au traitement conventionnel des LAL Ph + semble devoir améliorer considérablement les taux de réponse et le suivi à court terme.

Patients et méthodes

Entre janvier 2004 et octobre 2005, le GRAALL a conduit une étude de Phase 2 originale : tous les patients atteint de LAL Ph + inclus dans l’étude GRAALL‐2003 (âge, 15‐59 ans) se voyaient proposer une combinaison d’imatinib et de chimiothérapie, mais de composition et date de début différentes selon leur corticosensibilité (CsS) et chimiosensibilité (ChS). Chez les bons répondeurs précoces (CsS et ChS), l’induction standard était menée à son terme (sans imatinib) et les patients recevaient une consolidation de type HAM combinée à l’imatinib 600 mg\j. Chez les mauvais répondeurs (CsR et\ou ChR), l’induction standard était arrêtée à J15 pour switcher vers une combinaison de type DIV comprenant vincristine et dexaméthasone combinée à l’imatinib 800 mg\j. Dans les deux cas, l’imatinib était poursuivie jusqu’à la greffe (allogénique si donneur MFD\MUD et âge ≤55 ans ; autologue sinon, uniquement en cas d’obtention d’une RC moléculaire). La réponse moléculaire était évaluée par RQ‐PCR BCR‐ABL après chaque cycle et la RC moléculaire définie par un seuil < 10‐4 par rapport aux lignées contrôles.

Résultats

Cette étude GRAAPH‐2003 a recruté 45 patients (âge médian, 45 ans ; 14 bons et 31 mauvais répondeurs ; suivi médian, 11 mois). Par rapport à l’étude LALA‐94 (198 LAL Ph + traitées avant l’ère de l’imatinib), les principaux résultats sont les suivant : 1) amélioration très nette des taux de RC hématologique (96 % versus 71 % ; P < 0.001), de RC moléculaire (64 % versus 27 % ; P ∓ 0.005), et de patients greffés (65 % versus 44 % ; P ∓ 0.01) ; 2) amélioration très significative de la DFS (51 % versus 31 % à 18 mois ; P ∓ 0.03) et de la survie (65 % versus 39 % à 18 mois ; P ∓ 0.05). D’une manière intéressante, les valeurs pronostiques négatives d’une mauvaise réponse précoce, de l’absence de donneur allogénique (MFD\MUD ou MFD seulement), et de la non‐obtention d’une RC moléculaire mises en évidence dans l’étude LALA‐94 ne sont plus retrouvées dans l’étude GRAAPH‐2003.

Conclusion

Cette étude confirme l’apport majeur de l’imatinib dans le traitement des LAL Ph + et peut servir de base à l’élaboration d’études futures plus larges (GRAAPH‐2005) dont l’un des objectifs doit être la réévaluation de la place de la greffe allogénique en première RC dans le contexte actuel.

07‐19

A Tanguy‐Schmidt 1 ; A Turcant 2 ; F Turcant 1 ; MP Moles 1 ; P Abgueguen 3 ; JM Chennebault 4 ; L de Gentile 5 ; L Laccourreye 6 ; F Boyer 1 ; N Ifrah 1 ; M Hunault‐Berger 1

1 Service d'Hématologie, Centre Hospitalier Universitaire, Angers ; 2 Service de Pharmocologie, Centre Hospitalier Universitaire, Angers ; 3 Service de Maladies Infectieuses, Centre Hospitalier Universitaire, Angers ; 4 Service de Maladies Infectieuses, Centre Hospitalier Universitaire, Angers ; 5 Laboratoire de Parasitologie, Centre Hospitalier Universitaire, Angers ; 6 Service d'Orl, Centre Hospitalier Universitaire, Angers

Contexte

Le voriconazole, antifongique triazolé de seconde génération, a transformé le pronostic des infections fongiques notamment aspergillaires. Il est utilisé à posologie fixe sans surveillance de la voriconazolémie, après dose de charge tenant compte de la masse corporelle durant les 3 premiers jours de traitement. La constatation de concentrations plasmatiques (dosage par chromatographie HPLC) en dehors de la zone thérapeutique recommandée (0,5‐2,5 mg\l) nous a incités à développer un suivi thérapeutique de nos patients.

Matériels et méthodes

Nous rapportons l’étude de 55 dosages réalisés chez 14 patients incluant 10 LAM, 1 LLC, 1 MM, 1 LNH stade IV, 1 patient sans hémopathie ni facteur de risque, traités pour endocardite à Candida Guillermondii 1, aspergillose possible 11, probable 1 ou certaine 1.

Résultats

31 dosages sont effectués à l'état d'équilibre à la posologie recommandée de 200 mg x 2\j. La voriconazolémie est dans les valeurs normales pour seulement la moitié des dosages (15), 8 dosages étant supérieurs et 8 inférieurs. L'interruption du voriconazole, mais aussi d'une quinolone et de l’imipénème, permet la régression d'une encéphalopathie sévère chez un patient présentant une voriconazolémie élevée (4,8 mg\l). Les 7 autres dosages élevés ne conduisent pas à de modification thérapeutique. Des voriconazolémies basses chez 2 patients n'entrainent pas d'adaptation de posologie, le diagnostic d'aspergillose étant récusé pour l'un et l'évolution satisfaisante pour l'autre. L'augmentation de posologie à 200 mg x 3\j chez 3 patients entraîne des fluctuations hors normes des concentrations dans le nycthémère, nous faisant proposer d’évaluer l’augmentation en 2 prises de 250 mg ou 300 mg espacées de 12 heures. L'adjonction de caspofungine est secondairement nécessaire chez ces 3 patients en l’absence de régression de lésions d'aspergillose possible 2 ou probable 1. En revanche, la posologie standard de 200 mg x 2\j après dose de charge permettent d'obtenir des voriconazolémies satisfaisantes chez un patient en grande surcharge pondérale (130 kg, 170 cm) confirmant que le volume de distribution de voriconazole n'est pas influencé par la masse adipeuse.

Conclusion

Cette étude montre que la voriconazolémie est nécessaire en cas d’infection résistante ou de survenue d’effets secondaires afin de modifier la posologie. L'implication de polymorphismes génétiques, notamment du cytochrome P450 impliqué dans le métabolisme hépatique du voriconazole, mériterait d'être évalué.

07‐20

M Brousseau * 1 ; J Geffrelot 2 ; A Tanguy‐Schmidt 3 ; MC Rousselet 1 ; L de Gentile 4 ; C Duhamel 5 ; B Dupont 6 ; N Ifrah 3 ; O Reman 2 ; M Hunault‐Berger 3

1 Laboratoire d'Anatomie Pathologique, Centre Hospitalier Universitaire, Angers ; 2 Service d'Hématologie, Centre Hospitalier Universitaire, Caen ; 3 Service d'Hématologie, Centre Hospitalier Universitaire, Angers ; 4 Laboratoire de Parasitologie, Centre Hospitalier Universitaire, Angers ; 5 Laboratoire de Parasitologie, Centre Hospitalier Universitaire, Caen ; 6 Maladies Infectieuses et Tropicales, Groupe Hospitalier Necker ‐ Enfants malades, Paris

Introduction

Les mucormycoses sont des infections fongiques rares, de localisations multiples, favorisées par les neutropénies et corticothérapies prolongées et le diabète. Elles sont 50 fois plus rares que les candidoses et aspergilloses, mais leur incidence augmente au cours des hémopathies.

Patients et méthodes

Nous rapportons 2 observations de mucormycoses compliquant l'évolution de LAL, inclues dans le bras VAD du protocole GRAALL‐SA1 des sujets > 60 ans sans Ph1. Il comporte 2 VAD intensifiés successifs avec 12 mg\m² d'anthracycline de J1 à J4 en perfusion continue et 1 g\m² de cyclophosphamide lors du second cycle.

Résultats

Mr Dou, 60 ans, diabétique, présente une fièvre à J15 de l’induction, résistante à l'antibiothérapie large. Une aspergillose est évoquée devant de multiples images nodulaires sur le TDM thoracique, initialement régressives sous voriconazole. Mais leur majoration après relais par itraconazole, durant la consolidation, fait réaliser une biopsie pulmonaire, qui montre une inflammation non spécifique. La culture de la biopsie permet le diagnostic de mucormycose à Rhizomucor pusillus (Zygomycète, mucorale). Malgré l’efficacité clinicoradiologique, l'amphotéricine B liposomale (5 mg\kg\j) est réduit à J30, et remplacé à J40, par du posaconazole (800 mg\j) du fait d’une insuffisance rénale. Afin de ne pas majorer le risque infectieux, un traitement d'entretien par 6MP‐MTX remplace la 2e consolidation. A 6 semaines de traitement par posaconazole, le TDM thoracique montre 2 nouvelles lésions nodulaires justifiant l'adjonction d'ampho B liposomale. L’intérêt de cette bithérapie ne peut être évalué car le patient décède le lendemain de sa mise en place, à 6 mois du diagnostic, d’un choc septique sur infection à pyocyanique. Le 2nd patient, 64 ans, inclus dans le même bras du protocole, présente une mucormycose pulmonaire à J15 de l'induction, diagnostiquée histologiquement sur une pièce de lobectomie, non argumentée par les cultures. L’infection est contrôlée après 4 mois de posaconazole‐ampho B liposomale, autorisant la reprise du traitement de la LAL par 6MP‐MTX. Il souffre par ailleurs d’infections à BGN à répétition.

Conclusion

Les mucormycoses ont un potentiel nécrosant, angioinvasif et thrombosant bien visible histologiquement, contribuant à leur pronostic redoutable avec une mortalité > à 70 %. Le traitement comporte l'éradication des facteurs favorisants, une exérèse chirurgicale et l'association d'antifongiques. L'efficacité des polyènes est limitée par la toxicité rénale alors que celle des azolés, dont le posaconazole, est en cours d'évaluation.

07‐21

C Aguilar 1 ; T Leblanc 2 ; A de Labarthe 1 ; B Brethon 2 ; E Raffoux 1 ; MT Daniel 3 ; J Soulier 3 ; H Dombret 1 ; A Baruchel 2 ; C Blanchet‐Bardon 4

1 Service d'Hématologie, Hôpital Saint‐Louis, Paris ; 2 Service de Pédiatrie, Hôpital Saint‐Louis, Paris ; 3 Laboratoire d'Hématologie, Hôpital Saint‐Louis, Paris ; 4 Service de Medecine, Hôpital Saint‐Louis, Paris

Introduction

Le xeroderma pigmentosum (XP) est une maladie héréditaire, transmise sur le mode autosomique recessif, caractérisée par des mutations des gènes codant pour les protéines du système NER (Nucleotide Excision Reparation). Cette anomalie entraîne une incapacité à réparer les lésions de l'ADN, notamment celles induites par les UV. Les sujets atteints développent une hypersensibilité au soleil, rapidement accompagnée de lésions cutanées pré‐cancéreuses, puis cancéreuses.

Cas clinique

Nous rapportons les cas de deux patients atteints de XP, et ayant développé une leucémie aiguë myéloblastique (LAM). Le premier patient (16 ans ; avec un frère ayant présenté un mélanome), présentait une LAM‐6 dont le caryotype présentait une monosomie 7, une délétion 5q, ainsi qu’un réarrangement impliquant les chromosomes 9 et 20. Une chimiothérapie d'induction, comprenant au total 160 mg\m2 de daunorubicine et 2 100 mg\m2 d'aracytine, a permis d'obtenir la rémission complète sans toxicité majeure hormis une aplasie prolongée. Il a ensuite reçu deux chimiothérapies de consolidation par aracytine (400 mg\m2\cure) et anthracyclines (90 mg\m2 de daunorubicine à la première cure et 90 mg\m2 d'amsacrine à la seconde), puis une cure d'aracytine à faibles doses. Une allogreffe a ensuite été réalisée, mais le patient a rechuté moins d'un mois après la greffe et est rapidement décédé. Le deuxième patient(27 ans ; ayant un ascendant commun avec le premier patient) était atteint d’une LAM‐4 à caryotype normal et sans anomalies des gènes MLL et FLT3 en biologie moléculaire. Une chimiothérapie comprenant 135 mg\m2 de daunorubicine et 700 mg\m2 d'aracytine a été réalisée, mais s'est compliquée de toxicités majeures, notamment cardiaque (choc cardiogénique, alors que la fonction cardiaque préthérapeutique était normale), hépatique et muqueuse, et n'a pas permis d'obtenir une rémission complète.

Conclusion

La survenue d’une LAM chez ces patients soulève la question d'un lien physiopathologique entre l'anomalie de réparation de l'ADN et la survenue de l'hémopathie maligne. D'autre part, le choix du traitement est difficile, compte tenu de ses risques de toxicité, qui semblent être difficiles à évaluer sur le plan individuel.

07‐22

AL Taksin 1 ; E Raffoux 2 ; T de Revel 3 ; X Thomas 4 ; N Contentin 5 ; R Bouabdallah 6 ; C Pautas 7 ; O Legrand 8 ; H Dombret 2 ; F Pousset 1 ; S Chevret 2 ; S Castaigne 1

1 Service d'Hématologie, Centre Hospitalier, Versailles ; 2 Service d'Hématologie, Hôpital Saint‐Louis, Paris ; 3 Service d'Hématologie, Hôpital d'Instruction des Armées Percy, Clamart ; 4 Service d'Hématologie, E Herriot, Lyon ; 5 Service d'Hématologie, Centre Henri Becquerel, Rouen ; 6 Service d'Hématologie, Institut Paoli‐Calmettes, Marseille ; 7 Service d'Hématologie, Hôpital Henri Mondor, Creteil ; 8 Laboratoire d'Hématologie, Hôpital Hôtel‐Dieu, Paris

Contexte

Le Gemtuzumab ozogamicin (GO, Mylotarg), est un anticorps monoclonal humanisé conjugué à la calicheamicine et dirigé contre l’antigène CD33 présent sur les myéloblastes. L’étude pilote de phase 2 en monothérapie a montré 26 % de réponse dans les leucémies aiguës myéloblastiques (LAM) en première rechute. Dans cette étude le GO était utilisé à la dose de 9 mg\m² à J1 répétée à J14. Les toxicités principales ont été hématologique et hépatique. Le GO agit en se liant à l’Ag CD33 avec internalisation du complexe. Il a été décrit une réexpression de l’Ag CD33 à la surface cellulaire après exposition au GO. L’hypothèse avancée est donc qu'un traitement séquentiel pourrait avoir une efficacité supérieure, la diminution de la dose totale pouvant alors réduire la toxicité.

Patients et méthodes

Étude de phase 2 multicentrique non randomisée, Mylotarg est administré en IV à la dose de 3 mg\m² à J1, 4 et 7. Critères d’inclusion : LAM de novo, CD33 +, en 1re rechute précoce, durée de RC1 de 6 à 18 mois. 57 patients (pts) inclus entre le 11 décembre 2003 et le 15 août 2005, âge médian de 64 ans (22 à 80 ans), durée médiane de RC1 de 10 mois, caryotype de risque intermédiaire : 40 pts, risque défavorable : 13 pts et 4 échecs.

Résultats

Le taux de réponse global à J42 selon les critères révisés du NCI est de 20\57 soit 35 % (15 RC et 5 RCp (plaquettes < 100 × 109\L) avec 4 décès précoces. La tolérance a été excellente avec, pour les répondeurs, une durée médiane de neutropénie < 0.5 × 109\L de 23 jours (10 à 38 j), de thrombopénie < 50 × 109\L de 20 jours (0 à 43 j). 5 pts n’ont pas été transfusés. Une toxicité hépatique grade 2 a été observée chez 8 pts, sans aucune toxicité grade 3‐4 ni MVO. 30 % des pts ont présenté une infection grade 3‐4. Tous les pts en RC ont été consolidés par de fortes doses d’AraC. 7 pts ont bénéficié d’une intensification thérapeutique (4 autogreffes et 3 allogreffes) sans MVO. La durée médiane de RC est de 12.8 mois et de survie de 7.7 mois.

Conclusion

Cette étude montre que le taux de réponse avec les doses fractionnées de GO, selon un schéma de 3 mg\m² à J1, 4 et 7, est de 35 %, supérieur aux résultats de la phase 2 pivotale avec 9 mg\m² à J1 et J14, avec une récupération hématologique précoce, un bon profil de tolérance, permettant la réalisation des traitements de consolidation.

07‐23

E de Berranger 1 ; G Vaksmann 2 ; E Thébaud‐Léculée 1 ; I Wyckaert 1 ; F Mazingue 1 ; C Francart 2 ; JH Dalle 1 ; B Nelken 1

1 Hématologie et Oncologie Pédiatrique, Hôpital Jeanne de Flandre, Lille ; 2 Service de Cardiologie, Hôpital cardiologique, Lille

Rationnel

Les anthracyclines et anthracènediones sont des drogues majeures dans le traitement des LAL et LAM. Ces drogues produisent des radicaux libres responsables de la cardiotoxicité dont les conséquences en pédiatrie sont préoccupantes. Le rôle cardioprotecteur du dexrazoxane (DZ) a été démontré chez les adultes. Le but de notre étude était de déterminer si le DZ possède une action cardioprotectrice chez les enfants.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude unicentrique, prospective et randomisée de Déc00 à Sep03, les pts recevant ou non du DZ au cours de la chimiothérapie des protocoles EORTC 58951 (bras VHR) et LAME01. La fonction cardiaque a été évaluée par échographie au diagnostic, après chaque cure puis un an après. L’échographiste ne savait pas si l’enfant recevait ou non du DZ. La dose équivalente cumulative de doxorubicine était respectivement de 310 et 450 mg\m² pour les protocoles EORTC 58951 et LAME01. La question principale était l’évaluation de la fonction cardiaque. Les questions secondaires étaient : OS, EFS, toxicité et respect du schéma des cures.

Résultats

16 pts (9M\7\F, 5 LAL\11LAM), âge médian 8,5 ans (2,4‐16,1) étaient inclus. 5 pts‐LAM et 3 pts‐LAL ont reçu du DZ. La médiane de suivi était de 28,5 mois (10‐47). La valeur moyenne de la fraction de raccourcissement était de 39 et 35 % chez les pts sans DZ et 40 et 39 % chez les pts recevant du DZ, avant chimiothérapie et un an après le diagnostic, respectivement. La valeur moyenne du wall stress était de 50 et 50 g\cm² pour les pts sans DZ et de 39 et 38 g\cm² pour les pts avec DZ, au diagnostic et 1 an après la dernière cure d’anthracyclines, respectivement. Toutes ces valeurs sont comparables. 12 patients sont en vie, 6 dans chaque bras. Un pt a rechuté dans le bras avec DZ et 3 dans l’autre bras. Deux pts sont décédés de leur maladie et deux d’une infection, répartis identiquement dans chaque bras. Le délai moyen entre chaque cure était la même dans les deux groupes. 2 pts recevant du DZ ont présenté une toxicité hépatique ∓ grade 3 de la classification de l’OMS, suivie d’une récupération rapide et complète. Aucune autre toxicité n’a été observée.

Conclusion

Le DZ peut être utilisé chez l’enfant recevant des anthracyclines sans induire de toxicité particulière ou de retard thérapeutique. Il n’existe pas de différence sur la survie globale et la survie sans événement dans notre étude. Le suivi des patients est possiblement encore trop court pour pouvoir mettre en évidence une éventuelle efficacité sur la cardiotoxicité et le nombre de patients est faible.

07‐24

E Raffoux * 1 ; A de Labarthe 1 ; C Gardin 2 ; P Rousselot 3 ; N Boissel 1 ; MT Daniel 4 ; P Fenaux 2 ; L Degos 1 ; H Dombret 1

1 Service d'Hématologie, Hôpital Saint‐Louis, Paris ; 2 Service d'Hématologie, Assistance Publique ‐ Hôpitaux de Paris‐, Avicenne ; 3 Service d'Hématologie, Centre Hospitalier, Versailles ; 4 Laboratoire d'Hématologie, Hôpital Saint‐Louis, Paris

Introduction

La combinaison de 5‐aza (agent déméthylant), VPA (inhibiteur d’histone déacétylase) et ATRA ici utilisée a été établie dans le but de cibler les mécanismes transcriptionnels responsable de la répression des gènes de différenciation dans les LAM. L’objectif de cette association est l’obtention de réponse clinique chez des patients atteints de LAM.

Patients et méthodes

9 patients (4 LAM de novo et 5 LAM secondaires post myélodysplasies) ont été traités dont 2 encore en cours de traitement. Ces patients étaient pour la plupart des sujets âgés (> 65 ans) non éligibles pour recevoir des traitements intensifs ou des sujets plus jeunes en rechute après des schémas de chimiothérapie intensive. Le traitement est composé de 6 cycles répétitifs comprenant 5 aza (75 mg\m2\j SC J1 à J7), VPA (20 mg\kg\j per os J1 à J28) et ATRA (45 mg\m2\j J7 à J28).

Les critères analysés sont la réponse hématologique (RC, RCp, stabilité, amélioration des paramètres hématologiques ou progression) et la toxicité.

Résultats

Les réponses hématologiques se résument à 1 RC, deux RCp, une amélioration hématologique, trois patients stables et deux patients en progression. Les réponses hématologiques ne s’observent qu’après plusieurs cycles successifs (≥ 4 cycles). La toxicité du traitement reste très modérée avec pour principaux effets secondaires des douleurs aux sites d’injection SC dans 50 %, des troubles digestifs de type nausées‐vomissements (grade OMS 1‐2) dans 20 % et de type constipation (grade OMS 1‐2) dans 15 %. Cette combinaison ne s’accompagne pas d’une toxicité hématologique importante et permet à la majorité des patients d’être ambulatoire.

Conclusion

L’association 5‐aza, VPA et ATRA, dans cette étude pilote, apparaît être une association peu toxique et son efficacité est prometteuse. Pour confirmer ces premiers résultats, une étude de Phase 2 multicentrique (12 centres français) doit démarrer au cours du premier trimestre 2006. Les résultats présentés seront actualisés avec des données de patients supplémentaires récemment traités selon le même schéma.

Références

Göttlicher M et al. EMBO J 2001 ; 20 : 6969‐78.

Raffoux E et al. Hematologica 2005 ; 90 : 86‐88.

07‐25

H Elomri 1 ; Y Benyoussef 1 ; Z Bouabid 2 ; A Khelif 1

1 Service d'Hématologie, CHU Farhat Hached, Sousse, TUNISIE ; 2 Service de Radiologie Cardio‐Vasculaire, Hôpital Régional, Moknine, TUNISIE

Introduction

L’objectif de ce travail est d’évaluer l’apport des examens mycologiques et de la recherche des anticorps spécifiques dans le diagnostic des septicémies à Candida.

Matériels et méthodes

L’étude a porté sur 2 groupes de patients : le premier est constitué de 16 patients atteints d’hémopathies malignes et traités par chimiothérapie (11 cas de leucémie et 2 cas de lymphomes non hodgkiniens) ou d’aplasie médullaire (3 cas) ; le second, de 5 patients hospitalisés en réanimation pour traumatisme crânien (2 cas), accident vasculaire cérébral (1cas), perforation oesophagienne (1 cas) et hystérectomie compliquée (1 cas).

Les levures ont été recherchées par les techniques mycologiques classiques, dans le sang et divers autres prélèvements (bouche, gorge prélèvement distal protégé, lavage broncho‐alvéolaire, selles, urines, liquides de drainage, cathéters, sondes vésicales, drains etc…)

La recherche d’anticorps anti‐candida a été réalisée par ELISA et hémagglutination. La plupart des patients ont bénéficié de prélèvements sérologiques répétés.

Résultats

Les hémocultures sont le plus souvent positives (C. Tropicalis comme espèce prédominante) en réanimation et en hématologie.

Les prélèvements au niveau des autres sites contribuent à l’identification de la porte d’entrée et à l’évaluation du degré de dissémination, en association avec les arguments cliniques, iconographiques et les tests biologiques fonctionnels.

La séroconversion est franche dans la plupart des cas, mais retardée par rapport à la fièvre et à l’hémoculture.

Conclusion

Les infections fongiques représentent une cause fréquente de morbidité et de mortalité chez l’immunodéprimé et en particulier chez le neutropénique.

07‐26

B Rio * 1 ; L Heuberger 2 ; F de Vathaire 3 ; JP Marie 1

1 Service d'Hématologie, Hôpital Hôtel‐Dieu, Paris ; 2 Service d'Hémato‐Oncologie, Centre Hospitalier de Polynésie Française, Papeete, POLYNÉSIE FRANÇAISE ; 3 Service d'Épidémiologie, Inserm U 351, Villejuif

Introduction

Un suivi de longue durée de l'épidémiologie des hémopathies en Polynésie Française nous permet de tirer quelques conclusions préliminaires.

Patients et méthodes

L'analyse porte sur la période 1986‐2001 et se concentre sur les leucémies (LAM, LAL, LMC, LLC). Le recensement est fait à partir de l'enregistrement des patients du service, du laboratoire de biologie du CHPF, des laboratoires des cliniques Cardella et Paofai, des données d'hospitalisation du CHPF, de la révision des cas dans les hôpitaux des archipels (Nuku‐Hiva, Tubuai, Raiatea), des données de la Caisse de Prévoyance Sociale et du Registre des Cancers de Polynésie Française. La population analysée repose sur les recensements d'Octobre 83, de septembre 1988 et de septembre 1996. Chaque mort et chaque naissance entre 1986 et 2001 ont été pris en compte, avec indication du sexe, de la date de naissance de la commune de naissance et de résidence. Seules les leucémies des natifs de Polynésie Française ont été retenues. Le taux d'incidence a été établi pour 10e5 personnes\an, standardisé sur la population mondiale pour les adultes de plus de 15 ans et comparé à celui des Hawaiiens d'Hawaï.

Résultats

Le taux standardisé de leucémie est de 6.2\10e5\an (6, 9 chez l'homme ; 5,6 chez la femme) avec une répartition inhabituelle du fait d'une incidence très faible de LLC. Le taux de LAM est de 4,3 chez l'homme, 4,2 chez la femme. Surtout le long recul permet d'identifier un défaut de données dans la période 1986‐93, avec une absence de leucémie au‐dessus de 65 ans. L'incidence sur la période 1994‐2001 est proche de 6\10e5\an. Les natifs des Marquises ont un risque relatif de LAM significativement plus élevé que celui des habitants de Polynésie occidentale (p ∓ 0,049), différence non significative pour les résidents, suggérant une susceptibilité génétique. Aucune différence n'apparaît entre natifs de Polynésie Française et Hawaiiens sauf pour la plus faible incidence de LLC, ce qui suggère une différence de demande de soins entre les deux populations.

Conclusion

De cette analyse découlent trois directions de travail : 1) un approfondissement des facteurs révélateurs de la susceptibilité génétique et en particulier le rôle des essais nucléaires ; 2) une étude des gènes de susceptibilité aux hémopathies en Polynésie orientale et occidentale ; 3) la nécessité de développer une banque de cellules souches qui réponde aux besoins d'une minorité ethnique peu représentée dans les fichiers de donneurs volontaires.


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]