JLE

Médecine

MENU

Risque cardiovasculaire : le poids au coeur du problème... Volume 10, numéro 6, Juin 2014

Auteur

La méga-méta-analyse américaine (97 études de cohortes prospectives, 1,8 millions de participants) a montré que la pleine efficacité des traitements de l’HTA et du diabète, comme celle des statines, nécessite l’obtention et le maintien d’un IMC (indice de masse corporelle) optimal.

Ces cohortes, suivies entre 1948 et 2005 totalisaient 57 161 maladies coronariennes et 31 093 AVC, après exclusion des participants de moins de 18 ans, ou avec IMC < 20 kg/mÇ, ou ayant des antécédents de maladie cardiaque coronaire ou AVC. Le Hazard Ratio (HR) IMC/maladie coronarienne et AVC a été calculé avec et sans ajustement pour toutes les combinaisons possibles de pression artérielle, de cholestérol et de glucose. Il était de 1,27 (1,23-1,31) pour la maladie coronarienne et de 1,18 (1,14-1,22) pour les AVC pour chaque augmentation d’IMC de 5 après ajustement pour les facteurs confondants. Après ajustement supplémentaire pour les 3 facteurs de risque métabolique, il était respectivement de 1,15 (1,12-1,18) et 1,04 (1,01-1,08), ce qui suggère que près de la moitié de l’excès de risque pour les maladies coronariennes et les 3/4 pour les AVC sont en relation avec ces facteurs, la pression artérielle étant le médiateur le plus important, avec des résultats similaires dans les cohortes asiatiques et occidentales. Le surpoids et l’obésité étaient associés significativement à un risque accru de maladie coronarienne (respectivement 44 et 50 % d’excès de risque par rapport à un poids normal pour les 3 médiateurs choisis) et d’AVC (69 et 98 %).

The Global Burden of Metabolic Risk Factors for Chronic Diseases Collaboration (BMI Mediated Effects). Metabolic mediators of the effects of body-mass index, overweight, and obesity on coronary heart disease and stroke: a pooled analysis of 97 prospective cohorts with 1.8 million participants. Lancet. 2014;383:970-83.

Que retenir pour notre pratique ?
• Conclusion « médico-optimiste » des auteurs : « le contrôle de pression artérielle et du cholestérol peut aider à diminuer les dégâts cardiovasculaires de l’épidémie mondiale d’obésité. Les interventions pour le contrôle glycémique sont moins efficaces »…
• Et conclusion un peu plus réaliste : « le recours au contrôle des médiateurs métaboliques ne peut être qu’une réponse partielle et temporaire à l’épidémie d’obésité. Nous avons au contraire besoin de stratégies créatives et audacieuses pour la freiner et l’inverser ». Il est préférable de le souligner, même si les solutions semblent beaucoup plus complexes à mettre en oeuvre ! La première « conclusion » n’a aucun sens sans la seconde…

Mots clés : Indice de Masse Corporelle ; Maladies cardiovasculaires [Body Mass Index; Cardiovascular Diseases