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Quel est le risque de surdiagnostic de cancer du sein associé au dépistage systématique ? Volume 2, numéro 8, Octobre 2006

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L'essai randomisé suédois de Malmö a été effectué entre 1976 et 1986. Il a inclus 42 283 femmes âgées de 45 à 69 ans au moment de la randomisation ; 21 088 étaient invitées à passer une mammographie tous les 18 à 24 mois, 21 195 formaient le groupe contrôle. Les auteurs ont suivi la cohorte jusqu'au 31 décembre 2001, analysant séparément la période de l'essai (période 1) et la période suivante (période 2) où les femmes des deux groupes étaient invitées régulièrement à la mammographie. Ils évaluent le risque relatif de surdiagnostic de cancer du sein (cancers in situ et invasifs qui n'auraient jamais eu d'expression clinique sans le dépistage) à 1,32 (IC 95 % 1,14-1,53) pour la période 1, 0,92 (0,79-1,06) pour la période 2 et 1,10 (0,99-1,22) pour l'ensemble du suivi. Ils estiment à 10 % le taux de surdiagnostic de cancer du sein associé au dépistage 15 ans après la fin de l'essai, dans le groupe d'âge considéré.

Dans le commentaire qui accompagne l'article, Möller et Davies mettent en perspective ce chiffre. Dans une population où le risque de cancer du sein durant la vie entière est estimé à 8 %, et le risque d'en mourir à partir de l'âge de 50 ans à 2,5 %, il faut dépister 250 femmes pour éviter 1 décès par cancer, les 2 cas de surdiagnostic dus au dépistage étant le « prix à payer» pour éviter cette mort, sans que nous puissions savoir qui sont les 3 femmes concernées... La question se pose quel que soit le dépistage envisagé.

 


1. Zackrisson S, Andersson I, Janzon L, Manjer J, Garne JP. Rate of over-diagnosis of breast cancer 15 years after end of Malmö mammographic screening trial. BMJ. 2006;332:689-91.

2. Möller H, Davies E. Commentary: over-diagnosis in breast cancer screening. BMJ. 2006;332:691-2.

Les questions que se pose la rédaction

- Ces deux articles posent des questions essentielles sur le dépistage du cancer du sein. La «balance bénéfice/risque » est bien la question centrale : quel est le « prix » qu'il est acceptable de payer, et pour qui, pour éviter une mort par cancer ?

- Nous apportons notre contribution à cette réflexion dans ce numéro de Médecine.