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Peut-on éviter au jeune sportif une gonarthrose future ? Volume 6, numéro 10, Décembre 2010

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Les auteurs canadiens de cette revue de la littérature se sont intéressés aux risques particuliers des jeunes sportifs.

Les principaux facteurs de risque de gonarthrose sont les traumatismes du genou, l'obésité et l'âge avancé. L’âge n’est pas modifiable et on ne sait pas dans quelle mesure la perte de poids modifie l’évolution d’une gonarthrose précoce. Cependant, les auteurs attirent l’attention sur la croissance « épidémique » de la gonarthrose consécutive aux traumatismes sportifs du genou. L’activité physique dans l'enfance est bénéfique sur la masse osseuse et sur le risque d’obésité. Ce bénéfice persiste à l'âge adulte. Mais l’effet sur les articulations et le cartilage est moins bien connu. Les lésions méniscales, articulaires et ligamentaires (notamment les ruptures du ligament croisé antérieur) sont fréquentes lors des activités de saut, de rotation ou de cisaillement. Elles favorisent à long terme l’apparition d’une gonarthrose. Leur dépistage peut identifier les athlètes à risque futur et définir une stratégie de prévention secondaire : rééducation post-traumatique avec arrêt de l’activité sportive. Les interventions chirurgicales réparatrices, la méniscectomie et le réentraînement musculaire peuvent avoir un impact à court terme sur la fonction, mais ne semblent pas prévenir l’arthrose ultérieure. La prévention des traumatismes du genou, en particulier l’échauffement soigneux avant effort, et la prise en charge précoce après traumatismes pourraient être une avancée significative dans la prévention de la gonarthrose à un stade précoce.

1. Ratzlaff CR, Liang MH. Prevention of injury-related knee osteoarthritis: opportunities for the primary and secondary prevention of knee osteoarthritis. Arthritis Res Ther. 2010;12:215.

Les questions que se pose la rédaction
• Les auteurs pointent une « évidence » : les traumatismes du genou « jeune » trop sollicité sont les gros pourvoyeurs des arthroses futures… Difficile pour autant d’interdire son sport préféré à un jeune enthousiaste…
• Il est non moins difficile de faire prendre conscience que la « réparation » proposée (arthroscopie ou non) n’est pas le simple remplacement d’une pièce défectueuse…
• Retenons que la méniscectomie multiplie le risque de gonarthrose par 6 ; retenons aussi que les interventions précoces ne donnent pas de meilleurs résultats que la rééducation suivie le cas échéant d’une chirurgie réparatrice complémentaire plus tardive.

Mots clés : gonarthrose, douleur, sport