JLE

Médecine

MENU

Mieux informer sur le risque de la coqueluche ? Volume 4, numéro 10, Décembre 2008

Auteur

L'enquête auprès de professionnels de santé et de jeunes mères de Haute-Savoie évalue leur connaissance des recommandations actuelles et leurs difficultés à les suivre.

Le Conseil supérieur d'hygiène publique de France (CSHP) a recommandé en 2004 une stratégie (re)vaccinale ciblée chez les adultes en contact (familial ou professionnel) avec des nourrissons trop jeunes pour avoir reçu les trois 1res doses de vaccin coquelucheux. L'enquête transversale descriptive a été faite par questionnaire adressé à tous les généralistes, pédiatres, médecins de PMI, obstétriciens et sages-femmes du département et proposé à 100 jeunes mères présentes dans les maternités de 2 hôpitaux généraux le jour de l'enquête (taux de réponse global de 53 %). Seules 1 % des mères et 55 % des professionnels (8,3% des obstétriciens et 4,8 % des sagesfemmes...) connaissaient les recommandations du CHSP. Parmi les professionnels, 92,6 % les considéraient comme justifiées, 21,3 % inapplicables ; 75 % déclaraient informer les parturientes sur ce point en se renseignant sur leur statut vaccinal anticoquelucheux ; mais si le taux de couverture vaccinale diphtérietétanos- polio dépassait 80 %, il n'atteignait que 35 % pour la coqueluche chez ceux qui connaissaient les recommandations et 3 % chez les autres. Parmi les mères, la moitié étaient prêtes à se faire vacciner une fois correctement informées des risques pour leur bébé, les autres étant plus ou moins d'accord ou indécises, quelques unes opposées.

Rioja S, Jund J, Gaillat J. La vaccination anticoquelucheuse de l'adulte et des professionnels de santé est-elle connue et appliquée ? Med Mal Infect. 2008;38:372-7.

Commentaires de la rédaction

* Il est impressionnant de constater le faible nombre de professionnels de santé informés. Les auteurs suggèrent que c'est probablement en raison du caractère récent de la recommandation, l'étude ayant été faite fin 2005. À refaire donc ?

* On est donc passé d'une stratégie d'éradication de la maladie à une stratégie de protection des jeunes nourrissons, d'autant plus justifiée que la maladie reste grave, parfois mortelle, dans ce cas. Il apparaît que l'infection chez l'adulte est souvent mésestimée (les « toux chroniques » des adultes seraient des coqueluches dans un tiers des cas ?) et que les parents à l'origine de la transmission pourraient être totalement asymptomatiques.