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Les psychotropes après 80 ans Volume 4, numéro 10, Décembre 2008

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Revue didactique et commentaire d'« expérience » de gérontologues genevois à propos de ces traitements fréquemment utilisés mais de manière empirique faute d'essais cliniques à cet âge :

­ des antidépresseurs: « le citalopram et la sertraline figurent parmi les ISRS de choix pour le sujet âgé au vu de leur demi-vie courte, de leur faible potentiel d'interactions médicamenteuses ainsi que de l'existence de préparations génériques moins onéreuses [...]. Il s'avère particulièrement bénéfique d'associer au traitement médicamenteux de la dépression des approches complémentaires ».

­ des neuroleptiques utilisés dans les états confusionnels (jamais pour anxiété), soit l'halopéridol à la dose la plus basse et pour la durée la plus brève possibles, soit des neuroleptiques atypiques, mais certains ont été associés à une surmortalité. L'indication doit donc toujours être réfléchie.

­ des anxiolytiques, pour une durée limitée, dont la prescription doit toujours être réévaluée et surtout accompagnée d'autres mesures, non médicamenteuses, tout aussi importantes. Les risques de sédation excessive, de chutes, d'états confusionnels, sont à prendre en compte. La prise de tous ces médicaments ne se conçoit qu'avec le développement d'alternatives comportementales et le respect des règles d'hygiène de vie élémentaires. L'objectif est de conserver le plus longtemps possible l'autonomie du patient, si possible le maintenir dans son cadre de vie habituel.

Hilleret H, Falconnet C, Le Saint L, Perrenoud JJ, Michel JP, Vogt- Ferrier N. Réflexions sur l'usage des psychotropes chez la personne très âgée. Rev Méd Suisse. 2008;178:33544.

Commentaires de la rédaction

* Cette brève note de lecture ne peut rendre compte de l'argument de « prudence » présent tout au long de l'article. Il apparaît surtout à l'expérience de nos confrères suisses que la médication des personnes âgées fragiles est rarement nécessaire et doit toujours être pesée au regard des risques encourus.

* Retenons surtout que toute « tristesse » ne signifie pas nécessairement antidépresseur, que le respect et l'attention à la personne âgée, même démente, évite souvent le recours au neuroleptique ou au tranquillisant...