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Graisses alimentaires et risque cardiovasculaire Volume 10, numéro 6, Juin 2014

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  • Page(s) : 247
  • Année de parution : 2014

Les données disponibles soulignent 3 points clés : ratio alimentaire quotidien de lipides entre 20 et 35 %, dont 10 % maximum en graisses saturées, sans limite pour le cholestérol alimentaire.

Les auteurs résument les récentes recommandations suisses, basées sur différents rapports européens et des nouvelles études randomisées évaluant le bénéfice d’une alimentation riche en graisses polyinsaturées. L’apport énergétique quotidien en lipides (20 à 35 % de l’apport total) devrait être réparti en un maximum de 10 % pour les graisses saturées (graisses animales, surtout viandes rouges et produits laitiers, huile de palme ou de coco), 10 à 15 % pour les acides gras mono-insaturés (huile d’olive essentiellement, élément central du régime méditerranéen), le reste en acides gras poly-insaturés (2,5 à 9 % d’oméga-6 et 0,5 à 2 % d’oméga-3 : poissons, huiles de colza, maïs, tournesol ou soja, fruits à coques tels noix et amandes). La recommandation de limiter l’apport en cholestérol alimentaire (jaune d’oeuf, foie gras, rognons, crevettes...) est définitivement écartée, par manque de preuves quant à la diminution du risque cardiovasculaire. Passer des graisses saturées à des graisses mono- et poly-insaturées semble plus efficace que la diminution des graisses totales : donc limiter la consommation de viande rouge au profit de la viande blanche, en choisissant des aliments sources de protéines pauvres en graisses (au maximum un quart de l’assiette), favoriser les produits laitiers allégés, utiliser le beurre, la margarine et la mayonnaise avec modération, au maximum une cuillère à soupe par jour (10 g). Le poisson est recommandé au moins 2 fois par semaine, en favorisant les poissons gras, peu chers (rascasse, sardine, thon, truite…). La supplémentation en acides gras poly-insaturés est inutile. Le « régime méditerranéen » reste le régime cardioprotecteur le plus efficace en prévention primaire ou secondaire, privilégiant les graisses insaturées, avec une proportion d’oméga-6/oméga- 3 inférieure à 5.

Le Boudec J, Pedrazzini B, Andrey M, Ruiz J, Cornuz J, Nanchen D. Comment diminuer son risque cardiovasculaire avec l’alimentation ? Rôle des graisses consommées. Rev Med Suisse. 2014;10:532-8.

Que retenir pour notre pratique ?
• Rien de bien nouveau dans ces recommandations, mais elles ont l’intérêt de traduire en conseils pratiques simples les données les plus récentes, qui confortent d’ailleurs ce que l’on savait, en particulier du régime méditerranéen.
• Le meilleur « régime » est bien sûr celui auquel on prend plaisir, bien au-delà des premiers moments de bonne volonté : le but est donc d’adapter à chaque patient les conseils diététiques permettant un mode d’alimentation plaisant…

Mots clés : Maladies cardiovasculaires ; Matières grasses alimentaires ; Régime alimentaire [Cardiovascular Diseases; Diet; Dietary Fats]