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Traitement de l’insuffisance cardiaque diastolique Volume 3, numéro 6, Novembre-Décembre 2007

Auteurs
Service de cardiologie B, Hôpital Sud, Avenue René Laënnec, 80054 Amiens Cedex 1

Au cours de cette dernière décennie, la comprehénsion de la physiopathologie de l’insuffisance cardiaque diastolique a considérablement progressé. L’épidémiologie et le diagnostic de cet autre visage de l’insuffisance cardiaque sont aujourd’hui mieux cernés. Cependant, le traitement de fond de l’insuffisance cardiaque diastolique est empirique car on ne dispose que de très peu d’essais randomisés dédiés à cette entité. Seuls 2 essais thérapeutiques visant à évaluer l’efficacité d’un bloqueur du système rénine-angiotensine-aldostérone (candésartan, périndopril) ont jusqu’à ce jour été publiés. Les résultats de ces essais sont décevants sur le pronostic vital mais n’écartent pas l’éventualité d’un bénéfice tiré de ces molécules dans cette indication. La stratégie thérapeutique actuelle est fondée sur la prévention des récidives des poussées d’insuffisance cardiaque. Il s’agit ainsi de proposer et de renforcer les traitements spécifiques des étiologies (cardiopathies hypertensives et ischémiques, le plus souvent). Le traitement des facteurs déclenchants est tout aussi essentiel dans la prévention des poussées d’insuffisance cardiaque et l’aggravation de la maladie. Les effets reconnus des médicaments utilisés dans l’insuffisance cardiaque à fonction systolique altérée sur le remodelage ventriculaire gauche, sur la fibrose myocardique, sur l’allongement du temps de remplissage ventriculaire gauche, ou sur l’ischémie myocardique, suggèrent un bénéfice potentiel de ces mêmes molécules dans l’insuffisance cardiaque à fonction systolique préservée. Les données actuellement disponibles sur le traitement spécifique de l’insuffisance cardiaque diastolique sont limitées dans l’attente des résultats de grands essais thérapeutiques dans cette indication.