John Libbey Eurotext

MT Cardio

MENU

Défibrillateurs automatiques implantables : quelle efficacité dans les cardiopathies non ischémiques ? Volume 2, numéro 6, Novembre-Décembre 2006

Auteurs
Unité de rythmologie, Institut de cardiologie, groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, 47 boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris

Bien que les cardiomyopathies dilatées non ischémiques (CMDNI) ne représentent qu’une minorité de patients inclus dans les études concernant le défibrillateur automatique implantable (DAI), le bénéfice relatif semble comparable à celui observé chez les ischémiques. La réduction du risque est de 20 à 35 % en prévention primaire ou secondaire comparée au traitement médical parfois associé à un antiarythmique. Toutefois, les arythmies ventriculaires et la mortalité sont plus faibles chez les patients non ischémiques, raison pour laquelle le bénéfice absolu du DAI est moins significatif. En prévention primaire, la sélection des patients s’effectue sur la classe NYHA et la fraction d’éjection, aucun autre critère n’ayant permis de mieux évaluer le risque rythmique. Cependant, le bénéfice du DAI semble plus net en classe II de la NYHA qu’en classe III, le pronostic hémodynamique étant prépondérant à ce stade. Le DAI prophylactique ne devient une thérapie acceptable au plan économique que sur le long terme, ce qui justifie de récuser les implantations au stade ultime de l’insuffisance cardiaque et de recourir à des DAI disposant d’une longévité étendue. Les recommandations publiées en 2006 ont validé les résultats des grandes études, avec des indications larges, l’implantation d’un DAI devenant possible en classes II et III sous réserve d’une fraction d’éjection (FE) inférieure à 35 %. Cependant, la pose d’un DAI doit toujours faire l’objet d’une discussion au cas par cas avec le patient, la décision étant basée sur l’appréciation du pronostic rythmique et hémodynamique, ainsi que sur les complications potentielles de ce dispositif.