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Journal de Pharmacie Clinique

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Substituts osseux synthétiques : quelles spécificités ? Volume 32, numéro 2, Juin 2013

Auteurs
Service de pharmacie, AP-HP - Hôpital Antoine Béclère, Clamart, France, Service de chirurgie orthopédique, AP-HP - Hôpital Antoine Béclère, Clamart, France

De nombreuses situations chirurgicales, aussi bien en orthopédie qu’en odontologie, nécessitent une greffe osseuse. L’autogreffe constitue le traitement de référence de la reconstruction osseuse car elle seule est capable de fournir à la fois des facteurs de croissance ostéo-inducteurs, des cellules ostéogéniques et un échafaudage ostéoconducteur. Cependant, cette technique présente des limites : le greffon peut s’avérer de quantité ou de qualité insuffisante, une morbidité du site donneur et une augmentation du temps opératoire peuvent survenir. Ceci explique l’utilisation croissante des substituts osseux synthétiques comme alternative. Après avoir rappelé les principales propriétés et caractéristiques des substituts osseux de synthèse, nous aborderons leur classification. Ils se répartissent principalement en trois grandes familles : les céramiques de phosphate de calcium, les ciments phosphocalciques et les bioverres. Comme il s’agit d’une classification chimique, des différences importantes sur le plan de la porosité, de la résistance mécanique ou de la vitesse de résorption sont retrouvées pour des produits appartenant à une même famille. Si les différences de propriétés orientent leur utilisation pour des indications thérapeutiques différentes, à ce jour, il n’existe pas de consensus sur le choix d’un substitut osseux synthétique pour une indication donnée, qui reste chirurgien dépendant. À partir de données issues de la littérature, certains critères apparaissent comme pertinents pour comparer les substituts entre eux et ainsi objectiver les différences au sein d’une même classe. Néanmoins, cette comparaison s’avère souvent délicate compte tenu du manque d’homogénéité des données disponibles. En effet, les études menées sur l’animal retiennent rarement le même modèle animal et les données recueillies ne permettent pas de comparaison puisque leur nature et le rythme de recueil varient. Concernant les études menées en clinique, elles sont peu fréquentes et très rarement randomisées, ainsi le niveau de preuve qui leur est associé est généralement faible.