John Libbey Eurotext

Innovations & Thérapeutiques en Oncologie

Les cancers du sein « triple-négatifs » : une pseudo-entité en cours de démembrement Volume 3, numéro 5-6, Septembre-Décembre 2017

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4
  • Figure 5
  • Figure 6

Tableaux

Auteurs
1 CHU Bretonneau
Centre Henry Kaplan
Service d’oncologie médicale
2, boulevard Tonnellé
37044 Tours cedex 9
France
2 CHU Bretonneau
Laboratoire d’anatomopathologie
2, boulevard Tonnellé
37044 Tours cedex 9
France
3 CHU Bretonneau
Centre Olympe de Gouges
Service de gynécologie
2, boulevard Tonnellé
37044 Tours cedex 9
France
* Tirés à part
  • Mots-clés : cancer du sein triple-négatif, génomique, types moléculaires, cancer basal-like
  • DOI : 10.1684/ito.2017.0097
  • Page(s) : 243-56
  • Année de parution : 2017

Les cancers du sein qui n’expriment ni le récepteur des œstrogènes, ni le récepteur de la progestérone et qui sont dépourvus d’amplification de HER2/neu (gène ERBB2), ont été regroupés sous le nom de « cancers du sein triple-négatifs » (CSTN), principalement en raison de leur mauvais pronostic et de l’impossibilité d’utiliser des traitements ciblés. Ils ne représentent que 10 à 20 % des cancers du sein, mais leur mauvais pronostic a mobilisé d’importantes recherches centrées sur la nosologie, la physiopathologie et le traitement. Même à un stade localisé, ils métastasent précocement avec une grande fréquence. Les formes avancées ou métastatiques échappent rapidement à la chimiothérapie et la survie globale est courte, en dépit d’une forte chimiosensibilité initiale. Cette pseudo-entité est hétérogène à un double titre, anatomopathologique et moléculaire. Les carcinomes de type non spécifique (CTNS) de haut grade représentent 85 % des cas, mais d’autres formes histologiques plus rares et d’agressivité variable sont également possibles : carcinome avec aspects médullaires, carcinome métaplasique, carcinome adénoïde kystique, carcinome secrétant juvénile ou carcinome apocrine. Plusieurs profils d’expression génique ont été décrits. Les CSTN ont d’abord été assimilés aux cancers ayant un profil d’expression génique « basal-like » (BL). Pourtant, seulement 80 % des CSTN sont des cancers basal-like (CBL), d’autres profils moléculaires étant observés dans 20 % des cas. Par ailleurs, 20 % des CBL ne sont pas triple-négatifs. Cette hétérogénéité nosologique complique la recherche de cibles thérapeutiques. Malgré un arsenal thérapeutique encore restreint, les études moléculaires ouvrent des pistes intéressantes pour le développement de traitements ciblés.