John Libbey Eurotext

L'Information Psychiatrique

Retrait et vieillissement Volume 93, numéro 4, Avril 2017

Auteurs
1 Hôpital Broca-APHP, Réseau Mémorys, Paris Centre et Sud. Medforma,
108 bis boulevard A. Blanqui 75013 Paris, France
2 Unité de Liaison Psychiatrique, Centre d’Action Sociale de la ville de Paris, EHPAD Alquier Debrousse
1, allée Alquier Debrousse
75020 Paris, France
3 17 rue Saint Aloïse,
67100 Strasbourg, France
4 Centre Ressource régional de psychiatrie du sujet âgé,
Hôpital Corentin-Celton, APHP,
4 parvis Corentin-Celton,
92130 Issy-les-Moulineaux, France
* Correspondance
  • Mots-clés : retrait relationnel, solitude, vieillissement, personne âgée, syndrome de Diogène, trouble de l’humeur, trouble sensoriel, syndrome de glissement, démence frontotemporale
  • DOI : 10.1684/ipe.2017.1630
  • Page(s) : 302-9
  • Année de parution : 2017

La notion de retrait et de vieillissement se conjuguent de plusieurs manières et sont alors éclairés par différents aspects sémiologiques. La vieillesse est une période de la vie favorable au retrait. Après avoir donné les différentes définitions et temporalités de la vieillesse, nous aborderons les différentes étapes et possibilités de retrait. Dans nos sociétés occidentales, où la représentation de la vieillesse frise l’âgisme béat, il ne fait pas bon « mal vieillir ». Or le retrait est intimement lié au vieillissement et au vécu social de celui-ci. Le vieillissement sensoriel peut entraîner un isolement social et il est important de pallier ces défaillances sensorielles pour rester connecté. Le goût, l’odorat, le toucher, la vision et l’audition ne sont plus aussi efficaces pour maintenir le lien relationnel et les pathologies de désafférentation concourent à renforcer le retrait social. Les approches neuro-développementales soulignent que des hypofonctionnements des lobes frontaux avec anomalies dysexécutives, comme ceux rencontrés dans les démences frontotemporales, conduisent à des retraits pathologiques comme le syndrome de Diogène. Retrait et refus consistent en la clé de voûte de ce comportement troublé. La dégradation du corps fait partie intégrante du processus de vieillissement. Au fil des années, cette involution est biologiquement prédéterminée. Le corps vieillissant, fragilisé peut conduire à un surinvestissement hypocondriaque au dépend du monde extérieur et peut conduire au retrait. Enfin, la dépression et le suicide sont des pathologies fréquentes du sujet âgé et dessinent les contours d’une forme de retrait extrême.