John Libbey Eurotext

L'Information Psychiatrique

Réduire disent-ils Volume 93, numéro 7, Août-Septembre 2017

Auteur
Association santé mentale du XIIIe, 11 rue Albert Bayet, 75013 Paris, France
Président de la Fédération française de psychiatrie 2015-2017
* Correspondance
  • Mots-clés : psychiatrie, soin sous contrainte, observation, hospitalisation sous contrainte, évolution, Irdes, Inserm, ATIH, commission départementale des soins psychiatriques, commission départementale de l’hospitalisation psychiatrique
  • DOI : 10.1684/ipe.2017.1677
  • Page(s) : 593-6
  • Année de parution : 2017

Un projet d’observatoire de la contrainte en psychiatrie est l’occasion d’interroger la façon dont le projecteur médiatique illumine périodiquement les pratiques psychiatriques. Montrer la psychiatrie n’est pas chose facile parce qu’observer la psychiatrie telle qu’elle se fait demande beaucoup de méthode et de précaution.

Décrire les gestes des soignants et les décisions des médecins n’épuise pas le sens de ce qu’ils font, et appréhender les intentions, finalités, et buts poursuivis oblige à prendre connaissance des contextes (cliniques, professionnels, institutionnels, légaux…) de ces actes.

Le dénombrement de telle ou telle pratique, sauf jugement à l’emporte-pièce (du genre : « c’est mal d’attacher » ou « c’est mal d’enfermer ») exige un lent et long travail d’interprétation dont on observe qu’il est négligé la plupart du temps et par la grande majorité des « observateurs ».

Dans le contexte d’une campagne officielle pour « réduire » les pratiques de contention et d’isolement, il est à craindre que le suivi de l’évolution attendue se résume comme jusque-là au comptage. Pourtant les commissions départementales de soins psychiatriques qui réunissent déjà psychiatres, magistrats et représentant des patients et des familles seraient bien placés pour observer et surtout commenter et expliquer les évolutions actuelles et les freins à l’évolution attendue.